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Chine : face à la contestation, le pouvoir assouplit sa stratégie "zéro Covid"

Des habitants vont se faire tester pour le Covid à Pékin, le 6 décembre 2022.
Des habitants vont se faire tester pour le Covid à Pékin, le 6 décembre 2022.
AP/Andy Wong

La Chine annonce un allègement général des règles sanitaires contre le Covid, pour apaiser la colère populaire et redresser son économie chancelante.

Ce revirement semble mettre fin à l'essentiel de la politique "zéro Covid" en vigueur depuis bientôt trois ans et que la Chine était l'un des derniers pays au monde à appliquer.

Cette stratégie implique confinements à répétition, tests PCR à grande échelle de la population et longues quarantaines pour toute arrivée de l'étranger, de quoi chambouler le quotidien des Chinois et pénaliser fortement l'économie.

Son allègement survient dix jours après une vague de manifestations d'une ampleur inédite depuis les mobilisations pro-démocratie de Tiananmen en 1989.

Un manifestant tient une pancarte "<em>24 novembre : commémoration des nos compatriotes qui sont morts à Urumq</em>." à Beijing, le 27 novembre 2022. Dix personnes ont été tuées dans un incendie d'un immeuble résidentiel à Urumqi, la capitale régionale du Xinjiang, ne pouvant s'échapper car confinées de force chez elles.
Un manifestant tient une pancarte "24 novembre : commémoration des nos compatriotes qui sont morts à Urumq." à Beijing, le 27 novembre 2022. Dix personnes ont été tuées dans un incendie d'un immeuble résidentiel à Urumqi, la capitale régionale du Xinjiang, ne pouvant s'échapper car confinées de force chez elles.
AP/Ng Han Guan

Dans une dizaine de villes du pays, les manifestants, jeunes pour la plupart, avaient crié leur lassitude de la stricte politique sanitaire, certains exigeant le départ du président Xi Jinping.

Ce dernier, qui avait fait du "zéro Covid" sa marque de fabrique, a désormais infléchi son discours, reconnaissant que le variant Omicron, moins mortel, "ouvre la voie à plus de souplesse dans les restrictions".

"Il est temps d'ouvrir" 

Selon les nouvelles consignes dévoilées par la Commission nationale de santé (NHC) - qui a valeur de ministère -, "les personnes infectées asymptomatiques et les cas légers qui peuvent être isolés à domicile le seront de manière générale".

C'est un changement radical par rapport à la norme auparavant qui exigeait que tout cas positif soit emmené dans un centre de quarantaine. Il ne sera plus nécessaire d'afficher un code de santé vert sur son téléphone pour accéder à la majorité des bâtiments publics.

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Par ailleurs, le pays va "réduire davantage la portée des tests à l'acide nucléique et en réduire la fréquence", alors qu'il demandait jusque-là aux habitants de se faire tester plusieurs fois par semaine pour pouvoir accéder à tout lieu public.

Les tests à grande échelle ne seront plus menés que dans "les écoles, les hôpitaux, les maisons de retraite et les centres de travail à haut risque".

Le recours aux confinements, parfois appliqués sur des quartiers voire des villes entières, sera également réduit, les zones à risque n'ayant enregistré aucun cas pendant cinq jours devant être rouvertes.

La Chine va aussi accélérer la vaccination des personnes âgées, son point faible qui l'empêchait jusque-là d'assouplir ses règles sanitaires.

Autre nouveauté annoncée: il sera désormais possible de voyager d'une province chinoise à l'autre sans avoir à présenter un test PCR négatif de moins de 48 heures ni effectuer un test à l'arrivée.

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Immédiatement après l'annonce de ces nouvelles mesures, les recherches de voyages sur l'application Ctrip pour la période du Nouvel an chinois ont bondi, atteignant un record en trois ans, selon le média d'État The Paper.

"Il est temps d'ouvrir (le pays), ça fait trois ans déjà", déclare un habitant de Pékin. "Les gens ont besoin de travailler et de manger, on ne peut pas juste leur dire de rester chez eux".

Opération délicate 

"Les écoles sans foyers de cas doivent continuer les cours normalement", selon les nouvelles règles, alors que nombre d'établissements scolaires à Pékin ont été fermés ces dernières semaines à titre de précaution.

L'annonce de cette nouvelle politique intervient quelques heures après la publication de nouveaux chiffres inquiétants pour la deuxième économie mondiale. En novembre, les exportations et importations chinoises ont connu leur plus forte chute depuis début 2020.

Le problème, c'est que la mise en œuvre n'est pas cohérente et suivant les quartiers ou les endroits, la politique est différente. Une pékinoise

Alors que l'économie chinoise devrait avoir enregistré cette année l'une de ses pires performances en matière de croissance en quatre décennies, sortir du "zéro Covid" est une opération délicate.

"J'espère que ces mesures seront vraiment appliquées au niveau local", confie une Pékinoise d'une quarantaine d'années. "Le problème, c'est que la mise en œuvre n'est pas cohérente et suivant les quartiers ou les endroits, la politique est différente".

"Nous pensons que de nombreuses restrictions resteront en place", indiquent les économistes de l'agence de notation Fitch dans une note. Citant aussi "le ralentissement de la croissance mondiale" et les sombres perspectives dans l'immobilier, ils estiment que "ces facteurs combinés (...) limiteront la trajectoire de la reprise économique en Chine".