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Chine : les manifestations se multiplient pour dénoncer les restrictions sanitaires

Une femme se soumet au test quotidien de dépistage Covid-19. Instauré par les autorités chinoises, il fait partie des mesures en vigueur dans le pays dans le cadre de la stratégie dite du "Zéro Covid". Pékin, Chine - 24 novembre 2022.
Une femme se soumet au test quotidien de dépistage Covid-19. Instauré par les autorités chinoises, il fait partie des mesures en vigueur dans le pays dans le cadre de la stratégie dite du "Zéro Covid". Pékin, Chine - 24 novembre 2022.
AP/Andy Wong

Des protestations contre les confinements successifs ont éclaté dimanche à Shanghai, dans plusieurs universités de Pékin et dans d'autres villes de Chine. Sur place, la colère monte contre la draconienne politique de "zéro Covid" pratiquée par les autorités chinoises. Certaines mesures sanitaires restrictives sont en vigueur depuis près de trois ans.

Une vidéo largement diffusée sur internet et que l'AFP a géolocalisée à Shanghai montre certains protestataires crier "Xi Jinping, démission !". Certains manifestants s’en prennent aussi au Parti communiste chinois. 

En Chine, à fortiori à Shanghai,  la capitale économique du pays, c’est une très rare démonstration d'hostilité contre le président et le régime. Comme dans d’autres villes du pays, la mégalopole est soumise au début de l'année à un épuisant confinement de deux mois.
 
Un homme montre son QR code de bilan de santé alors que lui et d'autres font la queue pour obtenir leurs prélèvements de routine de COVID-19 sur un site de test de coronavirus à Pékin, le jeudi 24 novembre 2022.
Un homme montre son QR code de bilan de santé alors que lui et d'autres font la queue pour obtenir leurs prélèvements de routine de COVID-19 sur un site de test de coronavirus à Pékin, le jeudi 24 novembre 2022.
AP Photo/Andy Wong
 

La colère monte dans les universités

Plusieurs centaines d'étudiants de la prestigieuse Université Tsinghua à Pékin ont pris part dimanche à une manifestation contre la politique de lutte contre le Covid-19 menée par le gouvernement chinois, selon un témoin oculaire interrogé par l'AFP et des images publiées sur les réseaux sociaux.

"À 11H30 (03H30 GMT), des étudiants ont commencé à brandir des pancartes à l'entrée de la cantine. Puis de plus en plus de gens les ont rejoints. Maintenant il y a entre 200 et 300 personnes", a raconté à l'AFP une personne présente à la manifestation à l'Université Tsinghua.

Elle a rapporté qu'une étudiante avait commencé par brandir une feuille de papier blanc - un acte devenu une protestation symbolique contre la censure en Chine - et a été rejointe par d'autres femmes. "On a chanté l'hymne national et l'Internationale, et scandé : "la liberté triomphera" , "pas de tests PCR, on veut de la nourriture", "non aux confinements, nous voulons la liberté", a encore dit ce témoin.
 
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Un dirigeant du Parti communiste s’adresse aux étudiants

Sur internet, des vidéos montraient une foule devant la cantine de l'université, réunie autour d'un orateur qui criait: "Ce n'est pas une vie normale, nous en avons assez. Nos vies n'étaient pas comme ça avant !" Une autre vidéo apparemment prise au même endroit montrait des étudiants criant "Démocratie et État de droit, liberté d'expression", mais elle a été rapidement retirée d'internet.

Le témoin a déclaré à l'AFP que le vice-secrétaire du Parti communiste de l'université parlait aux étudiants, et que beaucoup avaient commencé à partir. Il a ajouté que la police n'était pas encore présente sur les lieux.
Les restrictions sanitaires en Chine parmi les plus dures au monde 

La Chine est la dernière grande économie à appliquer une stricte politique "zéro Covid". Depuis près de trois ans, le pays poursuit inlassablement une politique sanitaire très restrictives. 

Les mesures anti Covi-19 mises en place par Pékin impliquent de stricts confinements, des quarantaines pour les personnes testées positives et des tests PCR quasi-quotidiens, suscitant un grogne croissante au sein de la population.

Certaines catégories de personnes, notamment les étudiants et les ouvriers, sont parfois confinées de nombreuses semaines de suite dans les campus ou les sites de production. Lorsque de telles mesures sont prises, elles n’ont plus la possibilité de se déplacer librement.

Malgré cela, les cas augmentent ces dernières semaines. Vendredi 25 novembre, le nombre de contaminations en Chine a atteint 33.000, un record depuis le début de la pandémie. Mais le chiffre reste très modeste dans ce pays d'1,4 milliard d'habitants. Selon les autorités chinoises, l'immense majorité des cas sont asymptomatiques.

L’étincelle de Zhengzhou se répand-t-elle à tout le pays ? 


Zhengzhou, capitale de la province du Henan, dans le centre du pays, est surtout un immense site industriel. La municipalité est même surnommée "iPhone city". Sur ce seul site, sont employées quelque 200.000 personnes, dont la plupart résident sur place dans des dortoirs.

Début novembre, un employé a été testé positif au Covid-19. S'en sont suivies des semaines de chaos sur l'immense site.  Alors que des centaines d'employés ont pris la fuite, sautant par-dessus les grillages pour rentrer chez eux, les autorités ont confiné l'ensemble de la zone entourant l'usine. Des millions de personnes sont concernées. 
 
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À Urumqi dans le Xinjiang (ouest), dix personnes ont péri dans un incendie jeudi 24 novembre. De nombreux posts circulant sur les réseaux sociaux en Chine accusent les mesures anti-Covid d'avoir aggravé ce drame en ralentissant l'arrivée des secours.