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Chine : objectif Lune, le retour

© NASA/ Bill Ingalls

Ce lundi 21 mai, la Chine a lancé, depuis sa base spatiale Xinchang, une fusée Longue Marche 4C pour propulser son satellite Queqiao. L'orbiteur lunaire aura pour mission de relayer les communications de la sonde Chang'e 4, qui devra se poser sur la face cachée de la Lune.

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Tous les ingrédients d'un film à grand budget sont réunis : un satellite lancé au point de Lagrange entre la Terre et la Lune (point d'équilibre entre la gravité de la Terre et de la Lune qui permettra au satellite de rester en orbite entre les deux corps célestes) et une sonde envoyée sur la face cachée du satellite naturel de la Terre. Et pourtant, tout cela est bien réel : quatre ans et demi après l'envoi de sa dernière sonde et de son rover, respectivement Chang'e 3 et le "Lapin de jade", sur la Lune, la Chine remet le couvert.

Posté à 65 000 km de la surface lunaire, l'orbiteur Queqiao aura plusieurs missions. La première sera de relayer les communications de la sonde Chang'e 4, qui sera envoyée sur la face cachée de la Lune en novembre ou en décembre 2018. En plus de ce rôle capital, Queqiao tentera de capter des signaux radio à basse fréquence, dernier témoin de l'âge sombre de l'Univers, cette période post-Big Bang durant laquelle aucune étoile n'était encore formée.

Si ce premier lancement n'a rien de particulièrement impressionnant, il est le symbole de deux choses : d'abord, il confirme les ambitions spatiales, annoncées, de la Chine pour la période 2017-2022. Ensuite, il est annonciateur d'une première : la sonde Chang'e 4 sera le premier engin terrestre à toucher la surface cachée de la Lune depuis le crash, involontaire, de la sonde américaine Ranger 4 en... 1962 ! Une surface qui a fait fantasmer de nombreux créateurs, de livres comme de films, et qui continue de fasciner l'imaginaire collectif. En espérant que les découvertes chinoises soient aussi fascinantes que les fantasmes sur la face cachée de l'"astre mort".