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"On commence mal l'année !": dépistage massif à Bagneux après la détection du variant britannique

Des patients attendent pour se faire tester au Covid-19 le 9 janvier 2021 à Bagneux, au sud de Paris
Des patients attendent pour se faire tester au Covid-19 le 9 janvier 2021 à Bagneux, au sud de Paris
afp.com - GEOFFROY VAN DER HASSELT
Du personnel médical attend des patients qui veulent se faire tester pour le Covid-19 à Bagneux, le 9 janvier 2021
Du personnel médical attend des patients qui veulent se faire tester pour le Covid-19 à Bagneux, le 9 janvier 2021
afp.com - GEOFFROY VAN DER HASSELT

"On commence mal l'année !" Au milieu de quelques centaines d'autres volontaires, Maria, 64 ans, est venue se faire tester samedi dans la salle des fêtes de Bagneux, cette petite ville de la banlieue sud de Paris où le variant britannique du coronavirus vient d'être détecté.

"J'étais déjà inquiète, mais là je le suis encore plus. Ils disent qu'il y a plus de jeunes qui sont contaminés avec +la variante+, et j'ai vu un reportage sur l'Angleterre (reconfinée), ça fait mal au cœur", poursuit la sexagénaire, masque sur le nez. "C'est dans la continuité de 2020, mais encore pire".

Pour l'heure, une seule personne a été testée positive à Bagneux au variant britannique du Covid-19, réputé plus contagieux que la version originale du virus, notamment chez les plus jeunes.

Il s'agit d'une animatrice scolaire municipale, qui a travaillé dans deux établissements de la commune avant Noël puis pendant les vacances scolaires, plus précisément dans les groupes scolaires Maurice Thorez et Henri Barbusse, a fait savoir le ministère de l'Education. Ce n'est que dans un second temps que la souche du variant britannique a été identifiée.

Pour l'instant, 19 cas de contamination par ce variant ont été confirmés dans toute la France, auxquels il faut ajouter trois autres cas par un variant repéré en Afrique du Sud, selon le ministère de la Santé.

La patiente de Bagneux a été immédiatement isolée mais, ainsi que l'a révélé le ministère de la Santé, elle n'a ni voyagé au Royaume-Uni ni été en contact avec quelqu'un qui y était allé. De quoi préoccuper la population.

"On sait pas comment elle l'a attrapé. Est-ce que la variant est dans l'air maintenant ?", s'interroge Maria. "S'il est dans l'air on est tous foutus !"

Dès vendredi, une première série de tests a été menée auprès des personnels scolaires de la ville de 40.000 habitants, avec 167 tests réalisés, indique Stéphane Delaunay, coordinateur pour l'Assistance publique hôpitaux de Paris (APHP). Ce samedi, l'objectif est d'en dépister "600 à 650" autres.

- "Pas de psychose" -

Cette campagne, qui se poursuivra également lundi et mardi, s'effectue via des tests PCR. En cas de résultat positif, ils seront l'objet d'un séquençage permettant d'identifier le variant britannique.

En début d'après-midi, les équipes de dépistage ont déjà réalisés 340 tests dans les quatre stands installés dans la salle des fêtes de Bagneux, à une moyenne de 60 par heure, selon les chiffres de la mairie.

"Je ne suis pas inquiète", assure devant la presse la maire, Marie-Hélène Amiable. "Ce qui m'aurait inquiétée, c'est qu'on ne prenne pas toutes les mesures. Là, elles ont été prises", ajoute-t-elle. "C'est en testant massivement les habitants qu'on pourra mesurer si la variante du virus s'est propagée dans la ville ou pas".

Dans la file d'attente, Balnéonais et Balnéonaises, souvent en famille, oscillent entre inquiétude et volonté de ne pas céder "à la psychose".

"Quand on entend que l'épidémie est hors contrôle au Royaume-Uni, ça nous inquiète", confie Djemel Morel, 60 ans, accompagné de ses deux filles, collégiennes. "Je pense que c'est mieux que tout le monde se fasse tester, comme ça on sera plus serein après", abonde son épouse, Laurence.

"Faut pas que les gens paniquent, mais il ne faut pas minimiser non plus", renchérit Maria, une gardienne d'immeuble de 47 ans, dont le fils étudie au collège Henri Barbusse. "On sait bien que c'est quelque chose de grave, c'est pour ça qu'on est là aujourd'hui".

"On aurait peut-être pu fermer l'établissement, car c'est quand même une nouvelle variante", ajoute-t-elle toutefois, "on essaie de faire confiance, mais jusqu'où peut-on le faire ?"

"Si on commence à rentrer dans la psychose, on s'en sortira pas", assure pour sa part Cyril Blain, 46 ans, dont la fille est scolarisée à l'école Maurice Thorez. "Mais si on apprend qu'à Maurice Thorez, il y a un max de cas, la petite n'ira plus à l'école".