Info

Contestation en Iran : la répression aurait causé au moins 304 morts selon Amnesty International

Ispahan, le 16 novembre 2019 : des manifestants bloquent une rue pour protester contre la hausse des prix de l’essence.
Ispahan, le 16 novembre 2019 : des manifestants bloquent une rue pour protester contre la hausse des prix de l’essence.
Associated Press

Dans un nouveau rapport publié, ce lundi 16 décembre, Amnesty International affirme que les autorités iraniennes ont tué au moins 304 personnes lors des manifestations qui se sont déroulées à travers le pays entre le 15 et le 18 novembre 2019. Un bilan alourdit par rapport à celui publié par l'ONG au début du mois de décembre. 

La contestation avait éclaté le 15 novembre dès l'annonce, en pleine crise économique, d'une forte hausse du prix de l'essence. Elle avait touché une centaine de villes.

Les autorités ont dit avoir ramené l'ordre en quelques jours. Ceci au prix d'une "horrible tuerie", avait dénoncé Amnesty International. Dans un premier rapport publié le 2 décembre, elle faisait état de 208 morts, dont au moins deux adolescents âgés de 15 et 17 ans.

Jusqu'à présent, les autorités n'ont confirmé que cinq décès : quatre membres des forces de l'ordre tués par des "émeutiers" et un civil.

Annoncée début décembre par le gouvernement, la publication d'un bilan officiel sur la base des chiffres de l'institut médico-légal national se fait toujours attendre.

Au moins 304 morts

Mais le bilan se serait alourdi. Amnesty International affirme de son côté qu'« au moins 304 personnes (ont été) tuées » par « le recours à la force meurtrière ». 

L’ONG dit avoir des informations de plusieurs sources indépendantes selon lesquelles, un mois après le déclenchement du mécontentement populaire, "les forces de sécurité continuent de mener des rafles à travers le pays pour arrêter des personnes à leur domicile ou sur leur lieu de travail".

Son communiqué évoque le sort d'adolescents de 15 ans "détenus avec des adultes" et des centres de détention "gravement surpeuplés", des "disparitions forcées" et des dizaines de "détentions au secret".

L'ONG appelle Téhéran "à relâcher immédiatement et sans condition tous ceux qui sont détenus arbitrairement" et exhorte la communauté internationale à faire pression "sans tarder" sur l'Iran, faute de quoi "des milliers (de détenus) resteront menacés de torture ou de mauvais traitements"