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Convention internationale des droits de l'enfant : 30 ans après, quels résultats ?

La pauvreté, la discrimination et la marginalisation continuent de menacer des millions d’enfants parmi les plus défavorisés : les conflits armés, la montée de la xénophobie, les migrations mondiales et la crise des réfugiés ont tous eu des effets dévastateurs sur les progrès réalisés à l’échelle mondiale. 
La pauvreté, la discrimination et la marginalisation continuent de menacer des millions d’enfants parmi les plus défavorisés : les conflits armés, la montée de la xénophobie, les migrations mondiales et la crise des réfugiés ont tous eu des effets dévastateurs sur les progrès réalisés à l’échelle mondiale. 
©AP Photo/Hani Mohammed

Signée le 20 novembre 1989, la Convention internationale des droits de l'enfant marque un tournant historique pour la protection des mineurs du monde entier. Quel bilan, 30 ans après cette signature ? Un rapport publié par l'UNICEF alerte sur la situation des enfants dans certaines régions du monde et appellent les États à réagir.

"Nous avons réalisé des progrès impressionnants en faveur des enfants au cours des trois dernières décennies – ces derniers sont de plus en plus nombreux à vivre plus longtemps, à vivre mieux et à vivre en meilleure santé", c'est ce que stipule le rapport publié par l'UNICEF à l'occasion du 30ème anniversaire de la Convention internation des droits de l'enfant. Pourtant, "les enfants les plus pauvres et les plus vulnérables continuent d’être désavantagés", nuance Henrietta Fore, directrice générale de l’UNICEF.

"Outre les défis persistants auxquels ils se heurtent dans les domaines de la santé, de la nutrition et de l’éducation, les enfants d’aujourd’hui doivent composer avec de nouvelles menaces, telles que les changements climatiques, les abus en ligne et la cyberintimidation. Seules l’innovation, les nouvelles technologies, une volonté politique et une augmentation des ressources nous permettront de faire de la vision de la Convention relative aux droits de l’enfant une réalité pour chaque enfant dans le monde", a ajouté Henrietta Fore.
 

Un engagement historique

Le 20 novembre 1989, plusieurs responsables politiques signaient la Convention internationale aux droits des enfants adoptée à l'unanimité à l'Assemblée générale des Nations unies. C'est la première fois qu'un texte international s'engage en faveur des enfants et qu'il les reconnait "comme des êtres à part entière, porteurs de droits sociaux, économiques, civils, culturels et politiques – des droits fondamentaux, obligatoires et non négociables", précise l'UNICEF. Aujourd'hui, cette Convention est ratifiée par 195 États. Seuls les États-Unis et la Somalie n'en font pas partie.

30 ans plus tard, où en est-on ?


Dans un rapport -intitulé "La Convention relative aux droits de l'enfant à la croisés des chemins" - publié à l'occasion de cette célébration l'UNICEF fait état d'un bilan contrasté.

L'UNICEF salue quelques avancées majeures. Le taux mondial de mortalité des enfants de moins de 5 ans a baissé de près de 60 % et la proportion d’enfants en âge d’aller à l’école primaire qui ne sont pas scolarisés est passée de 18 % à 8 %.

 

Selon des données récentes en revanche, seule la moitié des enfants des foyers les plus pauvres en Afrique subsaharienne sont vaccinés contre la rougeole, contre 85 % des enfants des foyers les plus riches.

Et malgré une diminution des taux de mariages d’enfants dans le monde, dans certains pays, les filles les plus pauvres sont davantage exposées à cette pratique qu’elles ne l’étaient en 1989.

Encore aujourd'hui, la pauvreté, la discrimination et la marginalisation continuent de menacer des millions d’enfants parmi les plus défavorisés : les conflits armés, la montée de la xénophobie, les migrations mondiales et la crise des réfugiés ont tous eu des effets dévastateurs sur les progrès réalisés à l’échelle mondiale. 

De nombreux progrès sont encore à faire. Plusieurs millions d'enfants sont détenus dans 80 pays d'après l'ONU, l'agence de l'ONU pour la protection des enfants.
 

En France, le président Emmanuel Macron s'est saisi de cet anniversaire pour annoncer le durcissement des sanctions contre la pédopornographie.

Des sanctions contre la pédopornographie

Il s'est exprimé à l'Unesco à Paris, ce mercredi 20 novembre, pour annoncer des sanctions plus dures contre la consultation d'images pédopornographiques et instaurer un contrôle parental par défaut sur internet pour l'accès aux sites pornographiques.

Les peines pour l'utilisation d'images pédopornographiques vont être portées à 5 ans et leurs auteurs automatiquement fichés pour leur interdire de travailler auprès d'enfants

"Jusqu'à aujourd'hui, on pouvait avoir été condamné pour consultation et détention d'images pédopornographiques mais exercer une profession en contact avec les enfants, parce que cette information pourtant capitale n'était pas accessible à tous les employeurs", a-t-il dit.

Désormais les personnes condamnées pour ce délit -400 par an environ - seront inscrites au fichier Figes. De plus, "toutes les personnes qui dirigent des crèches, des écoles, des clubs de sport, des associations agréées, non seulement pourront mais devront consulter ce fichier quand elles embauchent quelqu'un".

Emmanuel Macron a souhaité que ce combat devienne européen, voire international, pour faire appliquer ces obligations aussi aux sites basés hors de France. Aussi, il a demandé au secrétaire d'État chargé de l'enfance "de lancer des travaux en ce sens avec ses homologues pour aboutir en 2020 à une nouvelle déclaration de politique internationale sur la protection des enfants dans le monde numérique", a-t-il conclu.