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COP26 : un discours les pieds dans l'eau pour alerter sur la montée des océans

Simon Kofe, ministre des Affaires étrangères de Tuvalu, adresse un message à la COP26, les pieds dans l'eau, afin d'alerter le monde sur la montée des océans qui menace son archipel.
Simon Kofe, ministre des Affaires étrangères de Tuvalu, adresse un message à la COP26, les pieds dans l'eau, afin d'alerter le monde sur la montée des océans qui menace son archipel.
(capture d'écran de vidéo AFP)

Le ministre des Affaires étrangères de l’archipel des Tuvalu, Simon Kofé a tenu un discours les pieds dans l’eau. Il cherche ainsi à interpeller les dirigeants du monde entier sur les conséquences du réchauffement climatique. Ce petit pays des îles Pacifique est en effet menacé par la montée des océans. 

L'image a fait le tour du monde. C'est bien les pieds dans l'eau, depuis son archipel des îles Pacifique, que le ministre des Affaires étrangères des Tuvalu, Simon Kofe, a tenu à s'adresser aux dirigeants de la COP26. Si l'initiative est amusante, le message l'est beaucoup moins. "On ne peut plus attendre des discours quand nous voyons la mer monter jour après jour" a déclaré le ministre depuis une plage des Tuvalu, pointant du doigt l’inaction des dirigeants présents à la COP26.

COP26 : Le discours du ministre de Tuvalu les pieds dans l'eau
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Une opération de communication efficace en pleine COP26

Le début du discours ne laissait pourtant rien présager de particulier. Le plan caméra serré affiche un fond bleu, un drapeau de l’ONU et un drapeau des Tuvalu à la droite du ministre. La caméra recule à mesure que Simon Kofe déroule son texte. C’est seulement à la fin qu’on découvre le ministre plein pied, à son pupitre, immergé jusqu’aux genoux au milieu de l’océan. 

La symbolique est forte. Si les actes ne suivent pas les discours de la conférence Climat, les habitants des Tuvalu pourraient bientôt se retrouver eux aussi les pieds dans l’eau, selon le minstre des Affaires étrangères de l'archipel. Il indique même qu’à l’endroit précis où il prononce son allocution, se trouvait il y a plusieurs années la terre ferme.

À Tuvalu, nous vivons la réalité du changement climatique et de la montée des eaux pendant que vous nous regardez depuis la COP26.

Simon Kofe, ministre des Affaires étrangères du Tuvalu

L’annonce a fait son effet d’autant plus que beaucoup d’États des îles Pacifique n’ont pas pu envoyer leurs représentants officiels à la COP26, la faute aux restrictions de voyage liées à la pandémie. Tempêtes, hausse du niveau des mers... Ce territoire insulaire est en première ligne des effets du réchauffement climatique.

À (re)lire : COP 26 : l'absence d'un tiers des îles du Pacifique à Glasgow est un mauvais signal

Un avenir "désastreux" pour les territoires insulaires des îles Pacifiques

Le problème, c’est que dans certains de ces États insulaires, dont fait partie l'archipel des Tuvalu, le niveau des mer et la terre ferme sont séparés de seulement quelques mètres.

On ne peut plus attendre des discours quand nous voyons la mer monter jour après jour.
 

Simon Kofe, ministre des Affaires étrangères du Tuvalu

C’est d’ailleurs ce que confirme la nouvelle Première ministre des Samoa, Fiame Naomi Mata'afa, dans une interview accordée à l’AFP, quelques semaines avant le début la 26e conférence pour le climat.

La Première ministre de Samoa, Fiame Naomi Mata'afa, s'adresse à distance à la 76e session de l'Assemblée générale des Nations Unies au siège des Nations Unies à New York, le samedi 25 septembre 2021.
La Première ministre de Samoa, Fiame Naomi Mata'afa, s'adresse à distance à la 76e session de l'Assemblée générale des Nations Unies au siège des Nations Unies à New York, le samedi 25 septembre 2021.
Eduardo Munoz /Pool Photo via AP

Les tempêtes majeures se produisaient tous les 50 à 60 ans. Maintenant, c'est tous les deux à trois ans.

Fiame Naomi Mata'afa, la Première ministre de Samoa

Elle mentionne l’avenir "désastreux" auquel se préparent les États insulaires de faible altitude, dont fait partie Tulavu. "Les tempêtes majeures se produisaient tous les 50 à 60 ans. Maintenant, c'est tous les deux à trois ans (…). Le Pacifique a longtemps été une voix isolée dans le débat, mais je pense que les conseillers scientifiques ont orienté la réflexion mondiale dans notre sens."

Des "alternatives audiaceuses" face à la montée des eaux 

Dans un rapport communiqué via leur page Facebook, le ministère des Affaires étrangères de l'archipel des Tuvalu s'est félicité des dernières actions  menées au sein de la région Pacifique.

"Le ministère est fier de prendre part au Programme Pacifique sur le changement climatique (...) et de coprésider avec les Fidji un groupe de travail conjoint sur la mobilité liée au climat."

La Première ministre des Samoa s'est dite déçue du manque de soutien de la part de l'Australie, pourtant allié économique de taille dans la région du Pacifique. Pour financer la transition climatique, les îles pourraient se tourner vers un autre acteur économique de poids, la Chine.