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COP27 : les pays du Sud auraient besoin de 2000 milliards de dollars pour financer leur action climatique

Des écoliers traversent un canal du bidonville de Makoko à Lagos, Nigeria, pour aller à l'école, le 8 novembre 2022. 
Des écoliers traversent un canal du bidonville de Makoko à Lagos, Nigeria, pour aller à l'école, le 8 novembre 2022. 
© AP Photo/Sunday Alamba
Des écoliers traversent un canal du bidonville de Makoko à Lagos, Nigeria, pour aller à l'école, le 8 novembre 2022. 
Le parc éolien de Gouda à 115 km au nord-est du Cap en Afrique du Sud, le 7 novembre 2022.

Un rapport de la COP27, publié ce 8 novembre, évalue à 2000 milliards de dollars par an d'ici 2030 les fonds nécessaires pour que les pays du Sud puissent financer leur action climatique. La moitié doivent être fournis par des investisseurs extérieurs.

Ce rapport d'experts, commandé par la présidence égyptienne de la COP actuelle et par la présidence britannique de la COP précédente explique que ces investissements dans les marchés émergents et les pays en développement - hors Chine - doivent servir à "réduire les émissions, renforcer la résilience, faire face aux pertes et dommages causés par le changement climatique et restaurer les terres et la nature".

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La somme totale nécessaire pour ces objectifs doit atteindre quelque 2.400 milliards de dollars annuels d'ici 2030.  Sur ce total, 1.000 milliards doivent provenir de financements extérieurs grâce à des investisseurs, aux pays développés et aux institutions multilatérales. Le reste viendrait de financements intérieurs à ces pays, privés ou publics. 
 

Pour obtenir les financements extérieurs, "le monde a besoin d'une avancée et d'une nouvelle feuille de route pour la finance climatique", écrivent les auteurs, les économistes Vera Songwe, Nicholas Stern et Amar Bhattacharya.

"Des effets multiplicateurs puissants peuvent émerger des forces complémentaires de toutes les sources de financement", soulignent-ils.

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Le rapport avance des pistes concrètes comme un remaniement des banques multilatérales de développement ou une augmentation des prêts à taux faible ou nul des pays développés. 

"Les pays riches devraient reconnaître que c'est dans leur propre intérêt vital, ainsi qu'une question de justice compte-tenu des graves effets causés par leurs émissions élevées hier et aujourd'hui, d'investir dans l'action climatique" dans ces pays, a souligné Nicholas Stern.

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La question financière tient une place centrale à la COP27. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait appelé lundi à "revoir" le fonctionnement du système financier international afin de pouvoir mieux aider certains pays victimes de catastrophes comme le Pakistan, touché par des inondations historiques.

Le président français Emmanuel Macron est allé dans le même sens en proposant, avec la Première ministre de la Barbade Mia Mottley, qu'un "groupe de sages de haut niveau" fasse des recommandations en la matière d'ici le printemps prochain.

 

Emmanuel Macron avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa le 7 novembre, à Charm-El Cheik, Égypte.
Emmanuel Macron avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa le 7 novembre, à Charm-El Cheik, Égypte.
© Ludovic Marin, Pool via AP