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Coronavirus: au Paris FC, une reprise sans embrassades ni panique

Les joueurs du Paris FC à l'entraînement, à Orly, le 30 juin 2020
Les joueurs du Paris FC à l'entraînement, à Orly, le 30 juin 2020
afp.com - FRANCK FIFE
Les joueurs du Paris FC à l'entraînement, à Orly, le 30 juin 2020
Les joueurs du Paris FC à l'entraînement, à Orly, le 30 juin 2020
afp.com - FRANCK FIFE
L'entraîneur du Paris FC, René Girard, surveille l'entraînement de ses joueurs, à Orly, le 30 juin 2020
L'entraîneur du Paris FC, René Girard, surveille l'entraînement de ses joueurs, à Orly, le 30 juin 2020
afp.com - FRANCK FIFE

Des éclats de rires, des tapes dans la main et un ballon qui roule, enfin. Au Paris FC (Ligue 2), les entraînements post-confinement ont repris presque comme avant, même si on essaye de "ne pas trop se toucher", car "la maladie est toujours là".

Sous les nuages d'Orly, une dizaine de joueurs s'activent dans une scène terriblement banale entre exercices, accolades et chambrage: "Si on comprend bien, vous êtes du matin!", les félicite Gérard Bernardet, l'entraîneur adjoint.

Si les seuls masques portés sont ceux des journalistes venus au centre d'entraînement val-de-marnais, la séance de mardi reste néanmoins marquée par le coronavirus.

"On a travaillé avec des groupes de trois au départ, puis de six, et aujourd'hui on a la moitié de l'effectif d'un côté, la moitié de l'autre", explique l'entraîneur René Girard qui, comme ses joueurs, devait de nouveau subir un dépistage l'après-midi.

Si le quotidien reprend peu à peu ses droits, il convient encore de "ne pas trop se toucher", dit-il. "Vous savez que les footballeurs sont affectueux, donc ne pas trop s'embrasser. Moi je suis du Sud, je suis quelqu'un de très tactile donc il faut faire attention".

"Ça modifie nos comportements mais on s'est facilement adapté, c'est devenu quelque chose qu'on fait sans le savoir. On s'habitue aux mesures mises en place et on essaye de les respecter parce que la maladie est toujours là", embraye le milieu offensif Jonathan Pitroipa.

Pour l'ex-joueur de Rennes, la peur du virus s'estompe une fois à l'entraînement: "Sur le terrain, tu oublies que tu peux te blesser. Là en s'entraînant, on ne pense pas trop à ça."

- La blessure, ennemi N.1 -

Le risque de blessure, hantise des footballeurs en temps normal, prend d'ailleurs plus de place actuellement dans l'esprit des joueurs du club parisien, dont les corps doivent encaisser le poids de la reprise après une longue coupure forcée.

"Avec trois mois d'arrêt, musculairement on fond. Un mois on perd beaucoup alors trois mois on perd énormément, c'est là où est le danger: repartir trop vite et risquer la blessure rapidement", relève René Girard, en constatant qu'il y a eu "beaucoup de casse dans les championnats qui ont repris".

De retour à l'entraînement le 22 juin, après une batterie de tests physiques, le PFC va effectuer un stage en Bretagne du 2 au 11 juillet, avec en conclusion un match amical à Caen. Une semaine de repos sera ensuite octroyée aux joueurs pour ménager les corps.

"Physiquement c'est un peu difficile de repasser à deux entraînements par jour. Par contre, mentalement c'est une bouffée d'oxygène de retoucher le ballon, d'être dans un groupe", souffle Gaëtan Belaud, défenseur récemment recruté en provenance de Brest (L1).

Les jambes ne sont pas trop lourdes car "on s'entretenait à la maison. Après, le rythme des entraînements en groupe a manqué mais on va reprendre petit à petit", enchaîne Marvin Gakpa, autre recrue venue de Metz (L1).

- "Une liberté qui revient" -

Entouré de "garçons joyeux, heureux de reprendre leur métier", Girard a mis le ballon au coeur de ses entraînements pour allier intensité et bonheur retrouvé.

"On peut arriver à travailler physiquement avec le ballon", affirme le technicien de 66 ans, champion de France avec Montpellier en 2012. "Là ils bossent sans s'en rendre compte avec beaucoup de plaisir."

Mais avant de se soucier du jeu, Girard reste davantage attentif à l'état psychologique des joueurs à la sortie d'un confinement inédit et potentiellement source d'angoisses.

"Des garçons ont besoin de parler, discuter, ce que l'on a vécu n'est pas quelque chose de simple", confie-t-il. Après avoir été "cloîtré" chez lui aussi longtemps, le Gardois apprécie le quasi retour à la normale. "Il y a quand même une liberté qui revient petit à petit, tout en restant vigilant."