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Coronavirus aux Etats-Unis : "un problème grave" selon l'épidémiologiste Anthony Fauci

Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses, lors d'une audition au Congrès, le 23 juin 2020. 
Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses, lors d'une audition au Congrès, le 23 juin 2020. 
©Kevin Dietsch/Pool via AP

La hausse rapide du rythme des contaminations au Covid-19 dans le sud des Etats-Unis est un "problème grave", avertit Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses. Les cas se sont multipliés ces derniers jours, à tel point que de nouvelles restrictions ont été prises en Floride ou au Texas.

"Nous avons un problème grave dans certaines zones". Anthony Fauci n'y va pas par quatre chemins. Pour l'expert le plus écouté du gouvernement américain sur la pandémie, l'heure est grave. Un peu aupravant le vice-président, Mike Pence, avait tenté de rassurer les Américains sur la situation actuelle.
 

Situation critique dans le sud

Records de cas, hausse des hospitalisations, malades plus jeunes, le Sud des Etats-Unis, de la Floride à la Californie, est devenu le point chaud de l'épidémie de coronavirus aux Etats-Unis, entraînant le retour des restrictions.

Signe de cette recrudescence, le nombre de nouvelles infections quotidiennes s'est rapproché mercredi de ses niveaux record, avec près de 36.000 cas en 24 heures.

Avec près de 330 millions d'habitants, les Etats-Unis affichent le pire bilan du monde en valeur absolue: plus de 120.000 morts et près de 2,4 millions de cas détectés. 

Près de la moitié des 50 Etats américains ont connu une augmentation du nombre de cas au cours des deux dernières semaines, et certains, comme le Texas, la Floride et la Californie, affichent désormais des records quotidiens dans le nombre de cas recensés.

Très durement frappés par le Covid-19 au début de l'épidémie aux Etats-Unis, New York et le New Jersey ainsi que le Connecticut voisin ont décrété mercredi une quarantaine pour les personnes venant de certains Etats où la pandémie accélère. 

Le Texas, qui avait très vite entamé son déconfinement début mai, a ainsi enregistré mercredi 5.551 nouvelles infections. Le nombre d'hospitalisations a doublé au cours du dernier mois et les hôpitaux craignent d'être submergés.

"Si nous sommes incapables de ralentir la progression dans les prochaines semaines, nous devrons revoir dans quelle mesure les commerces peuvent rester ouverts", a averti le gouverneur du Texas, Greg Abbott.

"Car si elle n'est pas contenue dans les deux semaines à venir, elle échappera à tout contrôle", a insisté l'élu républicain, incitant tous ceux qui doivent sortir à porter un masque, sans pour autant l'avoir rendu obligatoire dans son Etat.

Symptôme du regain de l'épidémie, l'enseigne Apple a décidé de fermer temporairement sept magasins de la région de Houston où le nombre de cas de Covid-19 s'envole. La marque à la pomme avait déjà fermé une douzaine d’autres boutiques en Floride, Caroline du Nord et du Sud et en Arizona la semaine dernière.
 

Explosion de cas chez les jeunes 

Anthony Fauci a appelé les jeunes en particulier à la responsabilité individuelle, soulignant qu'ils vivaient dans une société "interconnectée": "Si vous êtes infectés, vous infecterez quelqu'un d'autre, qui infectera quelqu'un d'autre".

"Et à la fin, vous contaminerez quelqu'un de vulnérable, cela peut être une grand-mère, un grand-père, un oncle en chimiothérapie ou en radiothérapie, ou un enfant atteint de leucémie", a-t-il prévenu.

En Floride, les images de baigneurs retournant sur les vastes plages de Miami, fermées pendant près de trois mois à cause de la pandémie, avaient fait le tour du monde à leur réouverture le 10 juin, marquant l'espoir d'un retour à la "normalité". 

Mais mercredi 24 juin, cet Etat touristique a également enregistré un nouveau record de nouvelles infections (5.508) alors qu'il avait passé, deux jours plus tôt, la barre des 100.000 cas détectés de coronavirus. 

Depuis mardi, le port du masque a été rendu obligatoire dans la grande ville balnéaire de Miami et une dizaine de villes de la région. C'était déjà le cas depuis la semaine dernière à Orlando, Tampa, ou les célèbres îles des Keys. 

 
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Le gouverneur Ron DeSantis a déploré la "véritable explosion de nouveaux cas chez les plus jeunes". Et d'ajouter une sérieuse mise en garde dans ce haut lieu de la fête : les bars et restaurants ne suivant pas les règles de distance physique risquent de perdre leur licence de vente d'alcool.

La situation a même poussé ce farouche partisan de Donald Trump à prendre le contrepied du président américain, en déclarant pour la première fois samedi que l'augmentation du volume de dépistage ne pouvait pas expliquer à elle seule le pic d'infections. 

La Californie aussi a battu un nouveau record pour le troisième jour consécutif mercredi, avec plus de 7.100 nouveaux cas recensés sur près de 200.000 au total. Le port du masque est désormais devenu obligatoire en public dans tout l'Etat, où Disneyland a dû repousser sine die la réouverture de son célèbre parc d'attractions près de Los Angeles. La date du 17 juillet avait initialement été envisagée.

L'Arizona voisin a également franchi un nouveau sommet mardi. Plus de huit lits sur dix en soins intensifs étaient occupés en début de semaine (84%) et le nombre de cas a été multiplié par quatre depuis la levée du confinement le 15 mai.
 

Mike Pence tente de rassurer

Vendredi, peu auparavant Anthony Fauci, le vice-président Mike Pence a tenté de rassurer les Américains sur la situation actuelle, assurant qu'elle n'avait rien à voir avec le début de la pandémie dans le Nord-Est du pays en mars et avril.

"Environ la moitié des nouveaux cas sont des Américains de moins de 35 ans, ce qui est une information encourageante", a déclaré Mike Pence. "Nous sommes dans une bien meilleure position. La vérité est que nous avons ralenti les transmissions, nous avons aplati la courbe", estime le vice-président.

Il a appelé les jeunes Américains à suivre les consignes de distanciation physique et d'hygiène, mais il n'a pas cité le port du masque. Avant de défendre l'organisation de meetings de campagne par le président Donald Trump, au nom de la "liberté d'expression".