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Coronavirus : ces mots que l’on entend partout

Passagère portant un masque de protection dans le métro parisien, le 6 mars 2020.
Passagère portant un masque de protection dans le métro parisien, le 6 mars 2020.
©AP Photo/Michel Euler

« Covid-19 », « cluster », « agrégat », « pandémie » ou encore « quatorzaine », depuis l’apparition du plus communément appelé, "nouveau coronavirus", des termes ont surgi dans notre vocabulaire quotidien. Des mots parfois énigmatiques voire incompréhensibles qui participent, souvent, à la psychose internationale. Quatre d’entre eux ont attiré notre attention.

« Coronavirus : 423 cas en France, 7 morts », « 85 pays touchés à travers le monde ». Depuis son apparition à Wuhan en Chine, en décembre 2019, le coronavirus est sur toutes les lèvres. A la télévision, dans les journaux mais aussi dans les magasins et les terrasses de café, il s’est littéralement infiltré dans notre langage quotidien.
  Pourtant le terme « coronavirus » ne date pas de 2019. Bien avant lui, le MERS-CoV ou encore le SRARS ont déjà éveillé l’attention des autorités sanitaires. Si le MERS-CoV (alias coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient) n’a pas généré la bourrasque médiatique de son successeur le COVID-19, il a néanmoins intéressé les revues spécialisées et les services d’épidémiologie. Évoluant depuis 2012 au Moyen-Orient, de l’Algérie aux Philippines, de l’Autriche à la Chines en passant par Oman et le Koweït, cette maladie qui aurait trouvé racine dans un dromadaire saoudien, a contaminé plus de 2000 personnes. Le nouveau coronavirus lui, en touche 100 000 à travers le monde. Parmi elles, près de 3 500 en sont mortes.

Dix ans auparavant, au début des années 2000, nettement plus médiatisé, le SRAS avait fait près de 800  morts à travers le monde (Institut pasteur), essentiellement en Chine (où il était apparu) et à Hong Kong. L’acronyme SRAS signifiait « syndrome respiratoire aigu sévère ». Mais son nom complet était « syndrome respiratoire aigu sévère lié au coronavirus ».

Être provoqués par un « coronavirus », voilà le point commun entre les trois maladies. Mais pourquoi « coronavirus » ? Pour le savoir, il suffit de voir à quoi ressemble le virus en question : il a tout simplement la forme d’une couronne.
 
Pourquoi  parle-t-on de <em>« coronavirus »</em> ? Tout simplement parce qu'il a la forme d’une couronne.
Pourquoi  parle-t-on de « coronavirus » ? Tout simplement parce qu'il a la forme d’une couronne.
©source internet
Le mot « coronavirus »  ne date donc pas de 2019. Sa seule nouveauté résidant seulement dans sa nouvelle appellation « COVIDd-19 », au lieu de « nouveau coronavirus 2019 » , révélée en février 2020 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Encore un nouveau terme à ajouter à notre répertoire, mais pas de panique, on vous explique. 

COVID-19, 2019-nCoV, Cov2, SARS-Cov2, quésaco ?

Nous le disions, le nouveau coronavirus a été baptisé « COVID-19 » par l’OMS. « Co » pour « corona », « vi » pour  « virus » et « d » comme « disease », qui signifie « maladie » en anglais. Mais cette nouvelle épidémie de pneumonie a eu le droit à son lot d’appellations : « 2019-nCoV » ou encore « SARS-Cov2 ».   
 
© Infographie TV5MONDE
 

Épidémie ou pandémie ?

D’après la définition qu’en donne le dictionnaire « Larousse », une épidémie est le « développement et propagation rapide d'une maladie contagieuse, le plus souvent d'origine infectieuse, dans une population ». Toujours selon « Larousse », une pandémie elle, est une « épidémie étendue à toute la population d'un continent, voire au monde entier ».

Il est vrai que la propagation du COVID-19 semble progresser à la vitesse grand V, faisant craindre le pire. L’OMS a d’ailleurs récemment indiqué que la menace lié au nouveau coronavirus avait atteint « un niveau très élevé au niveau » mondial, son niveau le plus haut. « Nos épidémiologistes ont suivi ces développements en permanence et nous avons maintenant augmenté notre évaluation du risque de propagation et du risque d'impact du Covid-19 à un niveau très élevé au niveau mondial », a annoncé le 28 mars, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS. L’organisation ne considère pourtant pas qu’il s’agisse d’une « pandémie », contrairement à ce qu’a déclaré le ministre de la Santé allemand, Jens Spahn, devant la chambre des députés à Berlin, le 4 mars dernier.
 
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©N'daricaling Loppy/ TV5MONDE

« Quarantaine », « quatorzaine » ? Quand les chiffres s’en mêlent

Pas besoin d’être un génie des mathématiques pour comprendre la différence entre  quarantaine (40) et quatorzaine (14). Mais il y a un piège. Selon la définition du dictionnaire « Larousse », être mis en quarantaine signifie être forcé à « un isolement provisoire de durée variable aux personnes […] provenant d’un pays infecté par une maladie contagieuse ». Une quarantaine ne se traduit donc pas obligatoirement par un isolement de 40 jours.

Concernant le COVID-19, il faudra pourtant privilégié le terme « quatorzaine ». En effet, la durée de l’incubation peut aller jusqu’à 14 jours. En cas de risque de contamination, il faudra donc éviter tout contact avec l’extérieur pendant cette période.
   

Start-up nation

Attention aux oreilles francophones. Ces derniers jours, un effroyable anglicisme est apparu dans la presse à propos du coronavirus : « cluster ». Le mot signifie « grappe » (de fruit) difficile d’imaginer son lien avec le COVID-19, et pourtant.

L’organisme Santé publique France a lui préféré l’expression « agrégat » ou « agrégat spatio-temporel », et ce n’est pas beaucoup plus clair. Cité par la radio française RTL, le ministère français de la Santé publique explique donc qu’un « cluster » est « un regroupement d’au moins deux cas en même temps, au même endroit ».

C’est pourtant, souligne le « Canard Enchainé », le tout nouveau ministre français de la santé Olivier Véran qui a popularisé le terme. Yes indeed (en effet). Le journal satirique ironise sur « la start-up nation chère à Macron », très amatrice d’anglicisme et que considère que « s’agissant d’un virus, des esprits simples parleraient simplement d’un foyer d’infection ».  Molière ou Hemingway, à vous de choisir !