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Coronavirus : l'Europe tente de se barricader face au variant indien

Des secouristes français, au centre de test pour COVID-19 à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, à Roissy, le 5 février 2021.<br />
 
Des secouristes français, au centre de test pour COVID-19 à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, à Roissy, le 5 février 2021.
 
(Gonzalo Fuentes/Pool via AP)

Depuis le 21 avril, l'Inde bat presque quotidiennement des records de cas positifs et de décès dus au Covid-19. Une flambée épidémique notamment causée par la circulation du variant indien "double mutant", connu sous le nom de B.1.617. Après avoir fait son apparition dans plusieurs pays européens, des premiers cas ont été confirmés en France métropolitaine le 29 avril. 

Après la Guadeloupe, où deux cas ont déjà été recensés, la variant indien du coronavirus (B.1.617) a été découvert sur des personnes infectées en France métropolitaine.

Au vendredi 30 avril, trois cas de variant indien ont été détectés au total en Nouvelle-Aquitaine : deux en Lot-et-Garonne et un troisième à Bordeaux, selon l'Agence régionale de santé (ARS) de la région.

Les trois patients « vont bien », aucun ne souffre de « forme grave, tout le monde est à la maison avec peu ou pas de symptômes » et la « propagation est maîtrisée », précise l'ARS.

Le directeur de l’agence, Benoît Elleboode, a indiqué que ces cas concernaient des personnes qui s'étaient rendues en Inde.

Dans le Lot-et-Garonne, le mari de la femme qui avait voyagé en mars en Inde, et dont le cas avait été annoncé jeudi soir, a également été détecté comme porteur du variant.

A Bordeaux, il s’agit d’un homme qui revenait d’un voyage pour raison professionnelle en Inde.

Jeudi 29 avril au soir, le ministère de la Santé a mentionné deux autres cas dans les Bouches-du-Rhône. Ils concernent « deux personnes arrivant d'Inde, sans lien l'une avec l'autre », « mises en quarantaine immédiatement après leur arrivée » et « testés positives au tout début de leur quarantaine respectivement le 19 et le 27 avril ». Et le ministère d’ajouter qu’ « à ce jour, plusieurs autres suspicions d'infection par le variant B.1.617 ont été signalées en France chez des personnes ayant séjourné en Inde. Des investigations renforcées par les ARS et le séquençage des prélèvements (...) sont en cours. »

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait annoncé, mardi, que cette mutation du virus avait été identifiée dans 17 pays, dont plusieurs en Europe.

La mutation indienne détéctée en Suisse

Dimanche 25 avril, le variant indien du Covid-19 a été détecté en Grèce, ont annoncé les autorités sanitaires de ce pays, le dernier en date en Europe à signaler sa présence. 

La veille, un premier cas du variant indien, responsable d'une flambée épidémique en Inde, a été détecté en Suisse, ont annoncé les autorités sanitaires de ce pays.

"Le premier cas du variant indien du Covid-19 a été détecté en Suisse", a annoncé dans un tweet l'Office fédéral suisse de la Santé publique. Il a précisé que le cas avait été détecté chez une personne arrivée dans le pays après avoir transité par un aéroport européen, sans toutefois détailler davantage.

L'Inde place sur "liste rouge"

La Suisse réfléchit actuellement à classer l'Inde dans les pays à haut risque et à l'ajouter à sa "liste rouge", ont indiqué les autorités sanitaires du pays. Les personnes en provenance de pays placés sur liste rouge doivent observer une quarantaine de dix jours à leur arrivée en Suisse. 

Le variant "indien" du coronavirus avait été détecté pour la première fois en Belgique au sein d'un groupe d'étudiants arrivé ce mois-ci d'Inde via l'aéroport parisien de Roissy, avait-t-on appris jeudi 22 avril, de source officielle à Bruxelles.

Au total 20 étudiants indiens avaient été testés positifs au nouveau variant et placés en quarantaine dans les villes flamandes d'Alost (11) et Louvain (9), où ils étaient arrivés à la mi-avril pour suivre une formation en soins infirmiers.

Selon plusieurs experts, ils auraient été victimes d'un "super contaminateur", peut-être au sein même de leur groupe, lors du trajet en bus qui les a amenés de la région parisienne en Belgique.

"Ces étudiants respectent un isolement strict depuis leur arrivée. 20 des 43 étudiants sont à ce jour infectés par le variant +Indien+", a tweeté le microbiologiste Emmanuel André, de l'université catholique de Louvain.

Le virologue Marc Van Ranst, autre expert belge très en vue dans la crise, a expliqué à une radio flamande que le groupe avait atterri à Roissy le 12 avril, et que cinq jours plus tard plusieurs étudiants étaient tombés malades, avec des symptômes du virus.

Les analyses menées dans le laboratoire de référence de l'université de Louvain ont permis de diagnostiquer la présence du variant indien, déjà identifié au Royaume-Uni et qui suscite l'inquiétude. 

Mise en quarantaine des voyageurs venant d'Inde

De nombreux pays inquiets ont fermé leurs portes à l'Inde, suspendant temporairement leurs liaisons aériennes, ou réduisant le trafic de voyageurs, comme l’Allemagne. Dès dimanche 25 avril, Berlin va en effet classer l’Inde en zone à haut risque, a indiqué samedi 24 avril, le ministre de la Santé Jens Spahn.

"La nouvelle mutation du virus découverte en Inde nous inquiète beaucoup. Pour ne pas mettre en danger notre campagne de vaccination, nous devons nettement réduire le trafic de voyageurs avec l'Inde", a justifié le ministre dans une interview au groupe de médias Funke.

A partir de dimanche, seuls les citoyens de nationalité allemande pourront voyager d'Inde vers l'Allemagne, a précisé le ministre. Ils seront autorisés à voyager seulement sur présentation d'un test négatif fait peu de temps avant le vol "et devront se mettre en quarantaine pour 14 jours immédiatement après leur arrivée", a précisé M. Spahn. Ces règles devraient de facto réduire le trafic entre les deux pays à la portion congrue.

Plusieurs pays ont pris des mesures similaires pour éviter une aggravation de la pandémie en raison de ce nouveau variant, notamment le Canada, le Royaume-Uni ou le Koweit.

La France a également décidé d’appliquer la quarantaine aux passagers en provenance d’Inde et de quatre autres pays (du Chili, d'Afrique du Sud et d'Argentine, mais aussi en provenance de Guyane, où le variant brésilien se propage rapidement), depuis samedi 24 avril. 

(Re)voir : Covid-19 : un possible nouveau variant en Inde, deuxième pays le plus touché au monde

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Un variant indien déjà présent au Royaume-Uni

Le gouvernement britannique a interdit, le 19 avril, l'entrée au Royaume-Uni des voyageurs en provenance d'Inde, n'autorisant l'accès qu'aux résidents britanniques, qui devront payer de leur poche une quarantaine à l'hôtel.

Le ministre de la Santé, Matt Hancock, a précisé à la Chambre des communes que 103 cas du variant indien avaient été identifiés au Royaume-Uni, "dont la grande majorité ont des liens avec les voyages internationaux et ont été détectés par nos tests à la frontière."

Il a expliqué que les échantillons avaient été analysés pour voir si ce nouveau variant avait des "caractéristiques préoccupantes", comme une résistance aux vaccins. 

"Après avoir étudié les données, et par précaution, nous avons pris la décision difficile mais vitale de placer l'Inde sur liste rouge", à partir de vendredi 23 avril au matin, a-t-il déclaré devant les députés. Cette décision oblige tout résident britannique et irlandais entrant dans le pays à observer une quarantaine de dix jours dans un hôtel à ses frais.

En raison de la situation en Inde, le premier ministre Boris Johnson a annulé un voyage prévu fin avril dans ce pays, son premier déplacement majeur à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir, ont annoncé lundi ses services.

"Au vu de la situation actuelle en termes de coronavirus, le Premier ministre Boris Johnson ne pourra pas se rendre en Inde la semaine prochaine", a indiqué Downing Street dans un communiqué.

Le dirigeant conservateur s'entretiendra à la place avec son homologue indien Narendra Modi "plus tard ce mois-ci" au sujet de leurs "ambitieux projets pour un futur partenariat entre le Royaume-Uni et l'Inde". Selon la même source, "ils sont impatients de pouvoir se rencontrer en personne plus tard cette année".