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Coronavirus : l'Union européenne rouvre ses frontières pour 15 pays

Des voyageurs dans l'aéroport d'Athènes  en partance pour Rome passent les contrôles de sécurité ce 15 juin.
Des voyageurs dans l'aéroport d'Athènes  en partance pour Rome passent les contrôles de sécurité ce 15 juin.
AP Photo/Thanassis Stavrakis

Les gouvernements européens ont acté ce 30 juin une liste restreinte d'une quinzaine de pays dont les ressortissants sont autorisés à voyager dans l'Union européenne et l'espace Schengen à partir de ce mercredi 1er juillet. Parmi ces 15 pays, le Canada, trois pays du Maghreb et des pays africains comme le Rwanda. Les États-Unis ne font pas partie de cette liste. Les Européens privilégient les pays dont la situation épidémiologique est comparable à celle du Vieux Continent.

Élaborée par les ambassadeurs des pays de l'Union européenne ce 27 juin, objet de difficiles tractations, la liste des visiteurs admis dans l'Union européenne et l'espace Schengen compte l'Algérie, l'Australie, le Canada, la Géorgie, le Japon, le Monténégro, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Serbie, la Corée du Sud, la Thaïlande, la Tunisie et l'Uruguay.

Elle inclut également la Chine, mais uniquement à condition qu'elle admette sur son sol les visiteurs venant de l'UE, ce qui n'est actuellement le cas que de façon limitée.

Cette liste a été votée à la majorité qualifiée ce mardi 30 juin.

L'espace Schengen, c'est quoi ?

L'espace Schengen comprend les territoires de 26 États européens  dont 22 États membres de l'Union européenne. Les pays non membres de l'UE sont la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein.

L'espace Schengen fonctionne comme un espace unique en matière de voyages internationaux et de contrôles frontaliers, où le franchissement des frontières intérieures s'effectue librement, sans passeport, sans contrôle.

Sont en revanche exclus de cette liste, qui a vocation à être actualisée toutes les deux semaines, les Etats-Unis, pays le plus touché au monde par la pandémie, avec 129 544 décès pour plus de 2,6 millions de cas répertoriés, selon l'Université Johns Hopkins. N'y figurent pas non plus le Brésil, la Russie, l'Inde, la Turquie et Israël notamment.

Bien qu'ayant quitté l'Union européenne le 31 janvier, le Royaume-Uni est considéré comme un pays membre jusqu'à la fin de la période de transition le 31 décembre 2020.
 

Qui n'est pas concerné par cette interdiction de voyage vers l'UE ?

Ne sont pas concernés les ressortissants et résidents de l'Union et leur famille, ni certaines catégories de voyageurs comme les professionels de la santé, les travailleurs saisonniers, les diplomates ou encore les voyageurs se déplaçant pour des motifs impérieux.

Pour que la liste soit entérinée, il faut qu'elle soit approuvée par 55% des États membres, représentant au moins 65% de la population totale de l'UE, ce qui devrait être le cas, selon des sources européennes.
 

Les voyages "non essentiels" interdits depuis la mi-mars


Les voyages "non essentiels" vers l'Europe ont été interdits depuis le 17 mars, afin de lutter contre la propagation de la pandémie.

Le vote porte sur une recommandation qui n'est pas contraignante juridiquement, les pays de l'UE étant souverains sur le contrôle de leurs frontières. Mais ils sont d'accord pour se coordonner en raison de la liberté de circulation au sein de l'espace Schengen, où les restrictions décidées pour lutter contre la pandémie ont été peu à peu levées.
 

Prise entre des impératifs sanitaires et le souci de faire redémarrer une économie frappée par la crise en favorisant le tourisme, l'Union européenne a convenu d'autoriser à nouveau les voyageurs de pays tiers à partir du 1er juillet, mais de façon "partielle et progressive".

Mais l'élaboration de la liste a été une entreprise ardue. Certains Etats membres mettaient en cause la fiabilité des données fournies par des pays tiers, comme la Chine.

Les pays dépendant du tourisme désirent ouvrir les frontières


Les Européens étaient plus ou moins pressés de lever les restrictions. Très dépendante du tourisme, la Grèce a pour sa part commencé dès le 15 juin à rouvrir ses aéroports à plusieurs pays hors UE, dont la Chine, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud.

Les Européens privilégient les visiteurs venus de pays dont la situation épidémiologique est semblable à celle de l'UE - voire meilleure, où la pandémie a reflué. Le taux de nouveaux cas de Covid-19 ne doit pas excéder 16 pour 100.000 habitants (moyenne dans l'UE) sur les 14 derniers jours.

Autres critères : une tendance à la stabilité ou à la baisse des nouveaux cas, ainsi que les mesures mises en place par le pays tiers pour lutter contre la pandémie, dont la pratique de tests.

Si les voyageurs d'Algérie sont admis, la réciproque n'est pas vraie : Alger a annoncé dimanche 28 juin que ses frontières resteraient fermées jusqu'à nouvel ordre.

L'Europe privée des touristes américains cet été


La situation de la pandémie des Etats-Unis prive donc le Vieux Continent des touristes américains qui viennent en nombre chaque année : en France, ils étaient 5 millions en 2019.

Lire : Coronavirus et ouverture des frontières en Europe : à quoi faut-il s'attendre cet été ?

En Italie, touchée de plein fouet par la pandémie, leur absence cet été se traduira par une perte de 1,8 milliard d'euros, selon le principal syndicat agricole, la Coldiretti.

Alors que l'entrée aux Etats-Unis est interdite aux voyageurs venant de la plupart des pays européens depuis le 13 mars, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dit espérer une solution "dans les prochaines semaines" pour la reprise des échanges, estimant qu'il était "important pour les Etats-Unis que les Européens puissent revenir", et réciproquement.

Lire : quels pays ont rouvert leurs frontières ?