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Coronavirus : la France se donne "encore une chance" d'éviter le confinement

S'il n'y a pas encore de reconfinement programmé, les conditions d'entrée et de sortie du territoire français seront encore durcies à compter de dimanche minuit, a annoncé le Premier ministre, Jean Castex.
S'il n'y a pas encore de reconfinement programmé, les conditions d'entrée et de sortie du territoire français seront encore durcies à compter de dimanche minuit, a annoncé le Premier ministre, Jean Castex.
Michel Euler (AP)

Le premier ministre Jean Castex a détaillé, vendredi soir, depuis l'Elysée, les nouvelles mesures qui entreront en vigueur à compter de dimanche 31 janvier à minuit. Le reconfinement est évité de justesse mais "les prochains jours seront déterminants."

Pas de confinement troisième du nom pour le moment mais un nouveau tour de vis. Le dernier. « Nous pouvons encore nous donner une chance de l’éviter. » C’est en ces mots que le premier ministre Jean Castex a, depuis l’Elysée, fait le point sur les décisions prises à l’issue du Conseil de défense sanitaire réuni par le président Emmanuel Macron, vendredi à 18h.

Les rumeurs et les chiffres quotidiens de l’épidémie laissaient présager une nouvelle mise sous cloche, à l’instar de celles qui se multiplient en Europe et dans le monde. Car, « si la situation reste mieux maîtrisée en France que chez beaucoup de nos voisins, elle est cependant préoccupante » en raison de la circulation « des variants dits anglais et sud-africains qui font peser un fort risque d’accélération de l’épidémie. » Vendredi soir, 27.000 résidents étaient hospitalisés tandis que 3.000 se trouvaient en réanimation, a précisé M. Castex.

A la « question légitime » d’un confinement, les autorités ont donc pris en compte « l’impact très lourd » qu’il fait peser sur les Français, « sur tous les plans. » De nouvelles restrictions entreront dès lors en vigueur à compter de dimanche minuit.

Entrées et sorties du territoire restreintes

Ainsi, « toute entrée en France et toute sortie de notre territoire à destination ou en provenance d’un pays » hors de l’UE sera proscrite sauf « motif impérieux ». Les territoires français d’outre-mer tombent également sous le coup du « motif impérieux ».

Concernant les arrivées en provenance d’un pays européen, elles seront conditionnées « à la réalisation d’un test PCR, à l’exception des travailleurs transfrontaliers. »

Fermeture des centres commerciaux de plus de 20.000 m²

Les centres commerciaux « non alimentaires d'une surface supérieure à 20.000 m² » qui favorisent « le brassage des populations » seront fermés.

Dans un communiqué daté de samedi 30 janvier, le ministère de l'Economie, des Finances et de la Relance, il est apporté des précisions sur les établissements concernés.

Il en va des « commerces non alimentaires de plus de 20 000 m2 de surface commerciale utile » et des « commerces non alimentaire des centres commerciaux et galeries marchandes d’une surface commerciale utile supérieure à 20 000 m2. » A noter que, « les 20 000 m² se calculent en additionnant l’ensemble des surfaces des commerces, alimentaires ou non. »

En revanche, les zones commerciales, parcs d'activité et villages de marques « où la circulation du public entre les commerces intervient en extérieur » pourront rester ouverts.  Au même titre que les commerces alimentaires et magasins alimentaires spécialisés (boulangeries etc.) ainsi que les pharmacies des centres commerciaux 

Ce ne sera pas le cas des bâtiments « de plus de 20 000 m2 cumulés reliés par des allées closes et couvertes. » Au total, quelque 400 établissements sont concernés sur le territoire national.

Le click&collect et les retraits commande seront également proscrits, seule la livraison demeura possible. 

Jauges réévaluées

Les jauges d'accueil du public seront également réévaluées. Ne sera autorisée qu'une seule personne pour 10 m² pour les surfaces de plus de 400 m². « Les autres commerces conservent une jauge à une personne pour 8 m2 . » 

Exonération des cotisations patronales

Pour atténuer ce nouveau choc, le « quoi qu’il en coûte », soit les aides financières étatiques, s’appliquera « pour tous les salariés et entreprises concernés », a précisé l’hôte de Matignon.

Dans le détail, précise le communiqué, les commerces devant rester clos pourront bénéficier « du fonds de solidarité renforcé, avec un droit d’option entre la compensation de perte de chiffre d’affaires jusqu’à 10 000 € ou l’indemnisation de 20% du chiffre d’affaires plafonné à 200 000€ par mois. Pour les commerces en réseaux, particulièrement les grandes enseignes intégrées pour lesquelles les 200 000 € de compensation seraient insuffisants, le dispositif de couverture de 70% des charges fixes leur sera ouvert. »

Aussi, ils seront exonérés des cotisations patronales et de l'aide au paiement des cotisations salariales tout en disposant de l'activité partielle « sans reste à charge. »

Jean Castex appellait également, la veille, à intensifier le télétravail y compris au sein des administrations publiques. Une concertation avec les partenaires sociaux sera conduite lundi 1er février pour décider des modalités.

Des « consignes de fermeté » aux forces de l’ordre

Les forces de l’ordre seront sur le qui-vive et « des consignes particulières de fermeté seront appliquées » pour les fraudeurs. Et Jean Castex en veut pour exemple l’organisation de fêtes clandestines ou « les ouvertures illégales de restaurants. Les dérives de quelques-uns ne sauraient ruiner les efforts de tous. »

Le premier ministre en a profité, sans s’étendre, pour faire un point sur la campagne de vaccination, objet de nombreuses critiques dans l’Hexagone. A ce jour, et compte tenu « de nos meilleurs efforts pour accélérer la vaccination », 1,5 millions de personnes ont reçu leur première dose, a-t-il chiffré.

Enfin, en appelant une énième fois à respecter les gestes barrières et en enjoignant à avoir « confiance », M. Castex en a conclu que « les prochains jours seront déterminants. »