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Coronavirus : le Québec rouvre les commerces non-essentiels mais prolonge le couvre-feu

La rue Sainte-Catherine, la grande artère commerçante de Montréal, le 9 janvier 2021, lors de l'imposition du couvre-feu.
La rue Sainte-Catherine, la grande artère commerçante de Montréal, le 9 janvier 2021, lors de l'imposition du couvre-feu.
© REUTERS/Christinne Muschi

Les commerces non-essentiels et les musées vont rouvrir au Québec mais le couvre-feu est prolongé d'au moins deux semaines. C'est ce que vient d'annoncer le Premier ministre québécois François Legault. Ce "petit déconfinement" restera à géométrie variable selon les région de la province canadienne.

Le nombre d'infections quotidiennes a baissé ces deux dernières semaines pour se stabiliser entre 1000 et 1200 cas. Cette bonne nouvelle permet à François Legault, premier ministre de la province d’amorcer un déconfinement prudent de la province. Mais ce déconfinement reste à deux vitesses.

Un Québec bicolore

En septembre dernier, le Québec s’était doté d’un code de couleurs pour définir les zones d’alerte sur l’épidémie, allant du vert au rouge selon la gravité de l'épidémie. En décembre, toute la province clignotait rouge vif, synonyme d'alerte maximale. A compter du 8 février, six régions, situées au nord de Québec, vont retourner en zone orange, symbole d'une alerte modérée. Car elles ne comptent presque plus de cas sur leur territoire. Les régions concernées sont : l’Abitibi-Témiscamingue, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent et le Nord-du-Québec.

Ce retour en zone orange s’accompagne en effet de la réouverture des commerces non-essentiels, centres commerciaux, salons de coiffure et d’esthétique ainsi que des restaurants, mais pour les bulles familiales seulement. Les musées et les centres de conditionnement physique rouvrent également.

Les régions qui sont dans le sud de la province, Montréal, Québec et les régions autour des deux plus grandes villes de la province, restent cependant en zone rouge. Elles profitent néanmoins d’un assouplissement des mesures : réouverture des commerces non-essentiels, centres commerciaux, salons de coiffure et salons esthétiques. Les musées vont aussi rouvrir leurs portes. Par contre, les bars, restaurants, théâtres et cinémas, et les centres de conditionnement physiques restent fermés.

Enfin les étudiants vont pouvoir retourner graduellement dans les collèges pré-universitaires – les cégeps – et les universités dans toute la province, à raison d’au moins une fois par semaine.

Maintien du couvre-feu dans toute la province

Le 9 janvier, le gouvernement du Québec a introduit une nouvelle mesure dans sa panoplie de lutte contre l’épidémie : le couvre-feu, un concept jamais utilisé dans la province jusqu’ici. Entre 20h et 5h du matin, sauf déplacements qualifiés d’essentiels pour le travail, pour des raisons humanitaires ou médicales, les Québécois ne peuvent  sortir de chez eux. Le premier ministre Legault a donc décidé de maintenir ce couvre-feu sur l’ensemble du Québec jusqu’au 22 février.

Il estime que ce confinement a un effet dissuasif sur les rassemblements, l’une des principales causes de la propagation du virus. Les policiers peuvent distribuer des amendes de plusieurs centaines de dollars à tout contrevenant au couvre-feu.

Il est encore difficile de prouver scientifiquement l’impact de ce couvre-feu sur la lutte contre le virus. Le nombre de cas recensés quotidiennement est cependant tombé de 2500 en moyenne les deux premières semaines de janvier à 1500-1300 dans les dernières semaines du mois et à 1000 au début du mois de février.

Le couvre-feu va donc rester en place encore trois semaines dans toute la province, à partir de 20 heures pour les zones rouges et 21h30 pour les régions en zone orange. Et bien sûr, l’interdiction de tout rassemblement, intérieur comme extérieur, est maintenue partout dans la province.

« La bataille n’est pas finie »

 « La situation depuis quelques semaines s’améliore au Québec, c’est encourageant, avec diminution du nombre de cas et diminution des hospitalisations, c’est le résultat des efforts fait par les Québécois ces dernières semaines, donc je tiens à les remercier » a déclaré le premier ministre Legault. Il a précisé qu’il aurait aimé autoriser davantage d’assouplissements mais qu’il ne pouvait pas le faire à cause de la situation dans les hôpitaux québécois : il y a actuellement 1110 personnes hospitalisées et le taux de délestage est encore de 34%, donc 34% de chirurgies et de traitements qui ne sont pas faits. Un retard qui s’accumule et qui va prendre, pour certains secteurs comme l’orthopédie, des années à se rattraper.

« La situation est très dure pour le personnel soignant. Alors oui, on peut faire un petit déconfinement, mais il y faut y aller de façon graduelle et lentement. Ce sont les seuls changements qu’on faits et qu’on est capable de faire entre autre à cause de la situation dans les hôpitaux » a ajouté François Legault.

Le premier ministre québécois dit avoir voulu surtout donner de l’oxygène aux commerçants de la province. « La bataille n’est pas finie, on s’en va dans la bonne direction, mais il y a encore beaucoup d’efforts à faire » a conclu François Legault.

La semaine de relâche maintenue

Les petits Québécois et leurs enseignants pourront profiter de la traditionnelle semaine de relâche début mars. Le ministre québécois de l’Éducation l’a confirmé en insistant sur la nécessité pour les jeunes et les enseignants de souffler lors de cette pause.

Il était question éventuellement d’annuler ce congé pour éviter que les familles ne partent à l’étranger et ne ramènent le virus dans leurs bagages, comme ce fut le cas l’an dernier.

Le gouvernement québécois ne cachait pas son inquiétude, surtout avec la menace des variants du virus, et a maintenu la pression sur le gouvernement canadien pour qu’il prenne des mesures afin d’interdire, à tout le moins de dissuader, tout voyage non essentiel.  Il revient au gouvernement canadien de gérer ce genre de mesures liées aux voyages, aux voyageurs et aux frontières du pays.

Le gouvernement Trudeau a finalement donné suite à ces demandes pressantes de François Legault le 29 janvier dernier, en imposant des mesures si contraignantes et dissuasives pour les voyages non essentiels qu’on se demande bien qui va oser monter dans un avion au Canada d’ici le 30 avril.


Lire : Covid-19 : le Canada restreint au maximum les voyages pour se protéger des variants


Dans cette perspective, le gouvernement québécois se dit rassuré et donne le feu vert à la semaine de relâche.

Un nouveau vaccin bientôt autorisé au Canada

 

Jusqu’à maintenant, deux vaccins sont autorisés par Santé Canada : celui de Pfizer BioNtech et celui de Moderna. Un troisième est en cours d’évaluation, celui de la pharmaceutique américaine Novavax, un vaccin en deux doses qui rapporte une efficacité de plus de 89% contre la COVID. L’entente conclue avec la pharmaceutique par le gouvernement canadien prévoit l’achat de 52 millions de doses et la possibilité d’en commander 24 millions de plus.

Les efforts du gouvernement Trudeau se déploient sur deux niveaux sur le front de la vaccination : tout d’abord, consolider les ententes d’approvisionnement avec Pfizer et Moderna pour que les compagnies livrent les doses qu’elles ont promis de livrer au Canada. Depuis deux semaines, il y a un ralentissement notable du rythme de vaccination à cause du retard de livraisons des vaccins des deux pharmaceutiques.


Le gouvernement a investi des centaines de millions de dollars pour développer le plus rapidement possible des usines de production de vaccins dans le pays – à Montréal, Vancouver et Saskatoon – afin que le Canada devienne autonome dans ce domaine. Le vaccin Novavax pourrait ainsi être produit à Montréal d’ici la fin de l’année. Il faut se préparer à l’avenir, a invoqué Justin Trudeau : « On est encore tout à fait en ligne pour vacciner tous les Canadiens qui le veulent d'ici septembre. Mais évidemment, on ne sait pas ce qui pourrait se passer l'année prochaine ou dans les années à venir. Il y a des nouvelles variantes. Il va encore y avoir de la COVID-19 un peu partout dans le monde, même si le Canada arrive à se faire vacciner au complet. On ne sait pas si on va avoir besoin de suivi ou de nouveaux vaccins l'année prochaine »

En attendant cette production maison, le gouvernement Trudeau maintient que 6 millions de doses seront administrées d’ici le 31 mars et que d’ici la fin septembre, tous les Canadiens qui le désirent seront vaccinés.