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Coronavirus : plus de 300 morts dont une première personne en dehors de Chine

Personnes masquées à Taiwan, 31 janvier 2020.
Personnes masquées à Taiwan, 31 janvier 2020.
(AP Photo/Chiang Ying-ying)
Personnes masquées à Taiwan, 31 janvier 2020.
Femme masquée à New York, 30 janvier 2020.

En Chine, le bilan ne cesse de s'alourdir. Il fait désormais état de plus de 300 morts et des milliers de personnes contaminées. Les Philippines signalent le premier décès endehors de Chine. 24 pays sont désormais touchés par le coronavirus. 
 

Le bilan de l'épidémie de coronavirus ne cesse de grimper. Il atteint désormais les plus de 300 morts, dont un premier décès comptabilisé aux Philippines.

Cette annonce est survenue alors qu'un nombre croissant de pays ont décidé la fermeture de leurs frontières aux personnes en provenance de Chine.

Depuis son apparition en décembre dans la métropole de Wuhan (centre), le coronavirus a contaminé à travers la Chine 14 000 personnes et s'est propagé dans 24 pays.

Wuhan a été placée de facto en quarantaine, imitée dimanche par la ville chinoise de Wenzhou (est) qui a imposé le confinement de ses plus de 9 millions d'habitants.

Ce samedi 1er février 2020, les États-Unis ont déclaré l’état d’urgence sanitaire alors que la Chine met en garde contre une "panique inutile". Il faut dire qu'Apple a annoncé dans la foulée la fermeture de ses magasins chinois jusqu'au 9 février. 

Les pays emboîtent le pas à L'Organisation mondiale de la santé (OMS), critiquée pour ses atermoiements, qui a déclaré jeudi l'urgence internationale face à l'épidémie du nouveau coronavirus apparu en décembre, dont le bilan s'est alourdi à plus de 250 morts en Chine alors que les cas de contamination locale se multiplient dans le monde.

Les Etats-Unis, l'Australie et Israël ont interdit l'entrée sur leur territoire aux étrangers s'étant rendus en Chine dans les 14 derniers jours.

La Mongolie, la Russie et le Népal ont fermé leurs frontières terrestres avec la Chine alors que la Papouasie Nouvelle Guinée a fermé mercredi ses entrées aériennes et maritimes à tous les voyageurs étrangers en provenance d'Asie.

L'Australie va refuser l'entrée des non-résidents arrivant de Chine et Singapour, à l'instar de la Mongolie en début de semaine, a fermé ses frontières aux voyageurs venant de Chine. 

En Europe, après un 6ème cas en France, le Royaume-Uni a annoncé ses deux premiers cas. L'Italie, pour sa part, décrète l'état d'urgence pour éviter une contagion.

Par ailleurs, les évacuations de ressortissants se poursuivent. L'Allemagne a envoyé un avion à Wuhan, siège de l'épidémie, pour évacuer les siens. 

Une centaine de cas, dont des cas de contamination locale par des malades venus de Chine, ont été déclarés dans les autres pays du monde, y compris en Europe et en Amérique du Nord.

"Je déclare l'épidémie une urgence de santé publique de portée internationale", a lancé le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l'issue d'une nouvelle réunion à Genève jeudi.

L'organisation s'était refusée la semaine dernière à déclarer cette urgence, et n'avait admis que lundi que la menace était "élevée" à l'international, attribuant son appréciation précédente d'un risque "modéré" à une erreur de formulation.

"Il ne s'agit pas d'un vote de défiance à l'égard de la Chine", a cependant souligné jeudi le directeur de l'organisation, estimant qu'il n'y avait pas lieu de limiter les voyages et les échanges commerciaux avec ce pays.

"Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles", a-t-il expliqué.

De nombreux pays ne sont pas prêts à faire face à l'épidémie, avait auparavant mis en garde le Conseil de supervision de la préparation globale (GPMB), un organe de contrôle international basé à Genève.

Si l'immense majorité des cas restent localisés en Chine, au premier chef dans la province du Hubei et la ville de Wuhan où est apparu le virus, une vingtaine d'autres pays, selon l'OMS, ont déclaré des cas, le plus souvent sur des personnes arrivant de Chine.

Le coronavirus ailleurs

Aux Etats-Unis, c'est le mari d'une sexagénaire ayant contracté le virus en Chine qui a été contaminé à son tour dans l'Illinois, portant le nombre de cas à six au total, dans plusieurs Etats.

En France, un sixième cas d'infection a été annoncé: celui d'un médecin contaminé par une personne ensuite rentrée en Chine, où elle a déclaré la maladie. Un avion français a rapatrié quelques 200 Français qui seront confinés pendant 14 jours.

En Allemagne, sur cinq cas déclarés parmi les employés d'une entreprise, l'un, un homme de 33 ans, a été contaminé par une collègue venue de Chine.

L'Italie, où aucun cas n'a été finalement détecté parmi les 7.000 passagers d'un navire de croisière qui avaient été confinés à bord, a déclaré deux cas jeudi soir, ceux de deux touristes chinois.

La Russie a déclaré deux cas et annoncé la fermeture de sa frontière longue de plus de 4.000 kilomètres avec la Chine.

En Chine même, Wuhan, métropole du centre du pays d'où est partie l'épidémie, est coupée du monde depuis 10 jours, comme la quasi-totalité de la province environnante du Hubei.Alors que ce cordon sanitaire imposé le 23 février interdit à quelque 56 millions d'habitants de quitter la région, les Etats-Unis et le Japon ont évacué mercredi une partie de leurs ressortissants.

Un avion espagnol affrété en coopération avec Londres va aussi rapatrier vendredi environ 200 personnes, dont 150 Britanniques, une vingtaine d'Espagnols et d'autres Européens.

Wuhan, où la circulation des véhicules non essentiels est interdite, gardait jeudi des allures de ville fantôme. Si les magasins et restaurants restaient pratiquement tous fermés, on voyait toutefois dans les rues un peu plus de piétons que les jours précédents, selon des journalistes de l'AFP.

D'autres pays planifient des opérations. L'Italie a annoncé l'envoi d'un avion, Berlin prévoit l'évacuation de quelque 90 Allemands "dans les prochains jours", le Canada comme la Nouvelle-Zélande veulent organiser des vols.

Le Maroc a rapatrié dimanche 167  ressortissants qui se trouvaient à Wuhan, ils seront placés "sous surveillance médicale étroite, durant 20 jours".

L'Algérie a annoncé qu'un avion de sa compagnie nationale avait décollé à destination de la Chine pour permettre le rappatriement depuis Wuhan de 36 Algériens, en majorité des étudiants. Il transportera aussi, à la demande de leur gouvernement respectif, 10 Tunisiens et des étudiants libyens aussi bloqués dans la ville chinoise.

Des milliers d'autres étrangers piégés à Wuhan restent sans certitude de pouvoir partir. "J'ai l'impression qu'ils ne se soucient pas de nous. Je pourrais mourir de faim, je pourrais aussi être infectée et mourir", se désole Aphinya Thasripech, une Thaïlandaise trentenaire enceinte, alors que Bangkok n'a dévoilé aucun plan de rapatriement.

Aucun des 195 Américains arrivés mercredi sur une base militaire californienne ne présente les symptômes du virus mais tous y resteront en quarantaine pendant 72 heures.

Parmi les 206 Japonais rapatriés mercredi, trois ont été contaminés, ce qui porte à 14 le nombre de cas recensés dans l'archipel. Tokyo n'a pas imposé de quarantaine à ses rapatriés.

Rapatriés en quarantaine 

Les rapatriés français seront, eux, placés en quarantaine dans un centre de vacances du sud du pays pendant 14 jours. Les Britanniques subiront la même mesure sur une base militaire près de Londres.

Les mesures de précaution internationales se durcissent: l'Italie a annoncé la suspension de tous les vols "de et vers" la Chine. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, British Airways et Lufthansa, ont suspendu leurs vols vers la Chine continentale. Le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Etats-Unis déconseillent de s'y rendre.

Dans toute la Chine, où les congés du Nouvel an lunaire sont prolongés jusqu'au 2 février, les habitants, effrayés, désertent centres commerciaux, cinémas et restaurants.

Des villages se barricadent derrière des barrages sauvages dans l'espoir d'échapper à l'épidémie, et les personnes originaires de Wuhan et sa région se heurtent partout à la suspicion.

Pékin a ordonné jeudi aux agriculteurs et aux abattoirs d'augmenter leur production alors que l'épidémie perturbe les réseaux de distribution et que les prix des légumes s'envolent.

Après l'annulation de plusieurs compétitions sportives internationales, la Chine a reporté sa saison 2020 de football.

Le Fonds monétaire international a indiqué qu'il surveillait "en temps réel" l'épidémie, soulignant que son incidence sur l'économie mondiale dépendra notamment de la durée de l'épidémie. De nombreuses entreprises et usines chinoises resteront fermées jusqu'au 9 février au moins.