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Coronavirus : pourquoi le Canada n'enverra pas d'athlètes aux Jeux olympiques de Tokyo ?

Un homme marche devant une affiche des Jeux olympiques de Tokyo prévus du 24 juillet au 9 août. Tokyo, Japon, 23 mars 2020.
Un homme marche devant une affiche des Jeux olympiques de Tokyo prévus du 24 juillet au 9 août. Tokyo, Japon, 23 mars 2020.
© AP / Jae C. Hong

Le Canada est le premier pays à avoir décidé de ne pas envoyer d’athlètes aux Jeux Olympiques de Tokyo si le Comité international olympique (CIO) maintenait cet évènement, envers et contre tout. Une décision saluée par les athlètes canadiens.

« Dans le contexte actuel de la COVID-19 et des risques qui y sont associés, il n’est pas sain pour nos athlètes ni pour la santé et la sécurité de leurs familles et de la population canadienne en général de poursuivre l’entraînement en préparation pour ces Jeux. Cela irait même à l’encontre des avis de santé publique que nous demandons à tous les Canadiens de suivre » ,dit le communiqué du comité olympique et paralympique canadien.
 

Le comité demande au CIO de reporter la tenue des Jeux Olympiaues (JO) de Tokyo. Des fédérations internationales comme celle de l’athlétisme joignent leur voix à ces demandes de report. Si d’autres pays prennent la décision de ne pas envoyer d’athlètes, on voit mal comment le CIO va pouvoir maintenir la tenue de l’événement.

Les athlètes canadiens ont réagi avec un mélange de déception, bien sûr, mais aussi une certaine forme de soulagement. Ils soutiennent la décision du comité olympique canadien. Certains assurent qu’ils auraient aimé être consultés par le comité. Ils souhaitent que les Jeux soient reportés pour pouvoir y participer.

« C’est une décision qui fend le cœur des athlètes mais c’était ce qu’il fallait faire, a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau. J’encourage tous ceux qui envisagent de tenir des événements rassemblant des milliers de personnes de ne pas les tenir ».
 

192 millions de dollars pour la recherche scientifique

Justin Trudeau a aussi annoncé l’injection de 192 millions de dollars canadiens dans la recherche scientifique sur le virus et la mise au point et d’un vaccin. Plusieurs laboratoires et entreprises sont impliqués dans cette recherche.

Par ailleurs, un traitement prometteur à la colchicine, un puissant anti-inflammatoire, va être testé sur 6 000 personnes infectées par le coronavirus au Canada au cours des prochaines semaines.

L’équipe du Dr Jean-Claude Tardif, directeur du centre de recherche de l’Institut de Cardiologie de Montréal et professeur de médecine à l’Université de Montréal, travaille depuis des années sur ce médicament utilisé contre la goutte et les péricardites. Cette étude sera donc menée par le centre de recherche de l’Institut et sera financée par le gouvernement du Québec.

La colchicine pourrait agir sur les complications provoquées par le coronavirus, notamment ce que l’on appelle la « tempête inflammatoire ». Ce médicament est peu coûteux et il est disponible rapidement. « Nous espérons une réponse rapide complète à savoir si le traitement est efficace d'ici à trois mois » a déclaré le Dr Tardif à Radio-Canada.
 

Les Canadiens rentrent par dizaines de milliers au pays


Par ailleurs le gouvernement canadien poursuit ses efforts pour ramener au pays les Canadiens encore coincés à l’étranger. Trois avions ont été mobilisés à destination du Pérou.

D’autres négociations sont en cours pour aller récupérer des Canadiens en Espagne, en Équateur, au Salvador, au Guatemala et au Honduras. Ce dossier de rapatriement des Canadiens est mené par les troupes du ministre des Affaires Étrangères, François-Philippe Champagne.

Déjà des dizaines de milliers de Canadiens sont rentrés au pays depuis que le gouvernement a envoyé le message de revenir le plus tôt possible.

Le Premier ministre Justin Trudeau continue d’encourager tous les Canadiens à rester chez eux et suivre les consignes des autorités. Il a haussé le ton ce lundi 23 mars dans son point de presse quotidien en dénonçant ceux qui se croient invincibles et qui continuent à sortir de chez eux comme si de rien n’était : « Assez c’est assez », s’est-il impatienté.

Le Québec sur pause pendant trois semaines

Du côté de la province du Québec, le Premier ministre François Legault a annoncé d’autres mesures pour contenir l’épidémie dans la province. Ainsi, il demande à toutes les entreprises et tous les commerces jugés non-essentiels de fermer leurs portes jusqu’à la mi-avril.

« Le Québec va être sur pause pendant trois semaines »
a déclaré François Legault. Dimanche, il avait déjà ordonné la fermeture des centres commerciaux, salons de coiffure et de beauté. Les aînés qui vivent dans des maisons de retraite ou des centres de soin ne pourront plus en sortir. Il est aussi interdit d’aller leur rendre visite afin de protéger au maximum ces personnes qui sont les plus vulnérables au virus.

« On entre dans une nouvelle étape, la plus critique, a fait remarquer François Legault. Plus vite on va limiter les contacts, plus on va limiter la contagion, plus on va sauver des vies et revenir à une vie normale. C’est important que tout le monde collabore ».

Les autorités québécoises se veulent rassurantes : le nombre de cas a plus que doublé en 24 heures mais cela s’explique par le fait que de plus en plus de gens sont testés. Une clinique de dépistage sans rendez-vous vient par exemple d’ouvrir ses portes dans le centre-ville de Montréal. Des milliers de personnes y ont afflué dès son ouverture.

François Legault et les épidémiologistes de la province disent que toutes ces mesures imposées à la population depuis le 12 mars vont permettre d’éviter le pire pour la province, qu’elles vont finir par porter fruit en limitant la contagion au sein de la population.

Les « pastels de nata » du docteur Arruda

Nombreux ont été les Québécois qui ont testé au cours de la fin de semaine des recettes de « tartelettes » portugaises, les fameuses « pastels de nata » à la suggestion du directeur québécois de la Santé publique, le Docteur Horacio Arruda !


Ce fils d’immigrants portugais est devenu le nouvel héros des Québécois. C’est au cours de l’une des conférences de presse auxquelles il participe quotidiennement aux côté du Premier ministre et de la ministre de la Santé que le Dr Arruda a suggéré aux Québécois, pour s’occuper et se détendre, de se lancer dans la production de son dessert préféré.

On a donc vu fleurir sur les médias sociaux des photos de ces petites tartelettes faites maison dans de nombreux foyers québécois. Petit clin d’œil qui a fait du bien au moral de tous et toutes.

Le dernier bilan lié au coronavirus au Canada

Le pays vient de franchir le nombre de 2 000 cas : 2020 au total, et 24 morts. 628 cas confirmés de au Québec.