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Coupe du Monde 2022 : RSF exhorte le Qatar “à respecter les journalistes” couvrant la compétition

Des supporters de football sont installés dans une fan zone avec des drapeaux du Qatar. Ils attendent le coup d'envoi de la Coupe du Monde 2022. Lusail, Qatar - 20 novembre 2022.
Des supporters de football sont installés dans une fan zone avec des drapeaux du Qatar. Ils attendent le coup d'envoi de la Coupe du Monde 2022. Lusail, Qatar - 20 novembre 2022.
AP

Reporters sans frontières (RSF) et des syndicats de journalistes de sport signent un texte qui "exhorte les autorités qataries à respecter les journalistes" couvrant la Coupe du monde de football. Cet appel prie les autorités qataries de "s'abstenir de faire barrage" ou de "suspendre les restrictions de captation d'images de certains lieux" durant la compétition. 

La Coupe du Monde 2022 s’ouvre dimanche 20 novembre au Qatar. La compétition doit durer un mois, et va s’achever le 18 décembre prochain. En marge du début des rencontres, les témoignages "de journalistes de sport, inquiets de subir une interpellation, des violences, ou même une détention arbitraire, se multiplient". C’est ce que rapporte l’ONG Reporters sans frontière dans un texte rendu public dimanche. 

La Fifa interpellée 

Sont citées notamment "l'invitation d'un journaliste américain à effacer ses photos du centre d'accréditation des médias" ou "un journaliste danois" interrompu "en plein direct et empêché de continuer son tournage sur la voie publique par des agents de sécurité".

L’organisation  "réclame solennellement à la Fifa (instance mondiale du foot, ndlr) d'obtenir que les engagements qu'elle a pris soient respectés". Ce texte a également été endossé par l'Union des journalistes de sport en France (UJSF) et son équivalent suédois, Svenska Sportjournalistförbundet.

Des journalistes ont été les cibles de hackers embauchés afin de protéger la réputation du Qatar dans le cadre de l'organisation du Mondial-2022, a révélé récemment le journal britannique Sunday Times. Des avocats du gouvernement qatari, interrogés par le média, ont démenti l'implication du Qatar dans cette vaste opération de hacking. 
 
Gianni Infantino, le président de la FIFA, lors d'une conférence de presse avant le lancement de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Doha, 19 novembre 2022.
Gianni Infantino, le président de la FIFA, lors d'une conférence de presse avant le lancement de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Doha, 19 novembre 2022.
AP/Abbie Parr

Une édition controversée 

Le petit et richissime émirat du Golfe, peuplé de seulement 2,9 millions d'habitants, a été désigné pays organisateur du Mondial-2022. Depuis 12 ans, le Qatar s'est préparé pour être capable d'accueillir 32 sélections et des centaines de milliers de fans.  Mais plusieurs ombres planent sur cette compétition de premier plan. Le Qatar est en effet au cœur de polémiques monstres. Les critiques sont telles que cette 22e édition est l'une des plus controversées de l'histoire.

Les autorités du petit émirat gazier sont régulièrement critiquées par les ONG pour leur traitement des travailleurs migrants, notamment dans les secteurs de la construction, de la sécurité et du travail domestique. Des accusations vigoureusement rejetées par les autorités qui soulignent avoir réformé les lois sur le travail.
 
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Stades climatisés, minorités sexuelles persécutées, alcool interdit à la vente...

Côté empreinte environnementale, la construction des stades et les transports par avion des supporters venus du monde entier sont en cause. Mais les stades plantés dans le désert rafraîchis par la climatisation aux heures les plus chaudes ont aussi choqué.

Le traitement des personnes LGBTQ+ est un autre sujet d'inquiétude dans un pays conservateur où l'homosexualité et les relations sexuelles hors mariage sont criminalisées.
  Les autorités ont assuré qu'elles seraient accueillies sans discrimination mais la volte-face vendredi sur la vente d'alcool finalement interdite autour des stades fait craindre à certains d'autres revirements.