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Covid-19 : AstraZeneca de nouveau sur la sellette

Le personnel médical prépare un vaccin AstraZeneca, au centre de vaccination d'Ebersberg, près de Munich, en Allemagne, le lundi 22 mars 2021.
Le personnel médical prépare un vaccin AstraZeneca, au centre de vaccination d'Ebersberg, près de Munich, en Allemagne, le lundi 22 mars 2021.
AP Photo/Matthias Schrader

Une agence américaine a mis en doute mardi 23 mars l'efficacité revendiquée par AstraZeneca pour son vaccin. Un nouveau coup pour le laboratoire déjà sous pression en Europe et en France, notamment, après le décès d'un étudiant de 24 ans, plusieurs jours après avoir été vacciné à l'AstraZeneca.

Alors que le recours au vaccin AstraZeneca est crucial au moment où s'accélère la troisième vague de la pandémie en Europe, un institut américain a lancé un nouveau pavé dans la mare : le laboratoire suédo-britannique a pu utiliser des données "obsolètes" lors de ses essais cliniques aux Etats-Unis.

Selon l'Institut national des maladies infectieuses et des allergies (NIAID), qui supervise des essais cliniques de vaccins aux Etats-Unis, cela peut "avoir abouti à une estimation incomplète de l'efficacité du vaccin".

L'institut a exhorté le laboratoire AstraZeneca à travailler avec le comité de suivi de l'essai pour "s'assurer que les données les plus précises, les plus récentes et les plus efficaces possibles soient rendues publiques au plus vite".

AstraZeneca avait défendu lundi 22 mars son vaccin, rejeté par une bonne partie des Européens, affirmant qu'il était efficace à 80% contre le Covid chez les personnes âgées et n'augmentait pas le risque de caillots, après des essais cliniques de phase III menés aux Etats-Unis, avec 32.449 participants.

"Le vaccin est efficace à 79% pour prévenir le Covid-19 symptomatique dans la population générale et à 100% pour empêcher les formes sévères de la maladie et l'hospitalisation", avait assuré le laboratoire après ces essais cliniques.

La France enquête après le décès d'un étudiant vacciné avec AstraZeneca

Une enquête a été ouverte en France pour déterminer les causes de la mort d'un étudiant en médecine plusieurs jours après qu'il a été vacciné contre le Covid-19 avec le vaccin AstraZeneca, a-t-on appris, ce mardi 23 mars,  auprès des autorités sanitaires.

"Dans ce cadre, une autopsie a été réalisée et des expertises complémentaires sont en cours afin de déterminer les causes du décès qui à ce stade ne sont pas connues", selon l'Agence régionale de santé.

"Dans le cadre de notre surveillance renforcée des troubles thromboemboliques, nous avons été informés d’un cas de décès d’une personne de 24 ans plusieurs jours après une vaccination avec le vaccin AstraZeneca", avait annoncé lundi soir l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un communiqué sans autre précision.

"À ce stade, aucun élément ne permet de conclure en faveur du rôle du vaccin. Ce cas de décès fait l'objet d’une investigation clinique approfondie par les Centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV)", a précisé l'agence.

Un vaccin qui ne cesse de faire polémique

La semaine dernière, la France, l'Allemagne, l'Italie, mais aussi d'autres pays européens avaient suspendu la vaccination à l'AstraZeneca en raison de possibles effets secondaires. Ce jeudi 18 mars, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a finalement déclaré, par la voix de sa directrice Emer Cooke, que "le vaccin est sûr, efficace et n'est pas associé à un risque accru de formation de thrombose".
 
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Depuis l'avis favorable rendu par l'Organisation mondiale de la Santé et l'EMA, les pays de l'Union européenne réfléchissent davantage à menacer AstraZeneca, faute d'avoir reçu le nombre de doses prévues, plutôt que de suspendre son utilisation.

Les Européens réfléchissent, notamment, à un durcissement des conditions d'exportation des vaccins fabriqués sur son territoire. Une mesure qui devrait cibler AstraZeneca et qui alimente les tensions avec Londres, bien plus en avance dans sa campagne de vaccination.

Si la France, l’Allemagne et l’Italie sont favorables à des restrictions à l’exportation en cas de non-réciprocité, d’autres comme les Pays-Bas, la Belgique et l’Irlande sont plus prudents. Le premier ministre irlandais, Micheal Martin, a ainsi estimé que toute restriction européenne dans ce domaine serait "une mesure rétrograde".

Les Vingt-Sept, en conflit avec le groupe suédo-britannique pour des livraisons nettement inférieures aux prévisions, se réunissent en sommet jeudi 25 et vendredi 26 mars afin de discuter d'éventuelles sanctions.