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Covid-19 : ces variants qui se propagent à travers le monde

<p>Des seringues et une dose de vaccin Sinovac vide au complexe sportif de La Pintana transformé en centre de vaccination à Santiago au Chili le 11 mars 2021.</p>

Des seringues et une dose de vaccin Sinovac vide au complexe sportif de La Pintana transformé en centre de vaccination à Santiago au Chili le 11 mars 2021.

AP/ Esteban Felix

Si « plus de 4.000 variants du SARS-CoV-2 ont été identifiés à travers le monde » selon les services de santé britannique, leurs apparitions sont tout sauf une surprise : c'est un processus naturel puisque le virus acquiert des mutations au fil du temps, pour assurer sa survie. 

À ce stade, trois variants sont considérés par l'OMS comme "préoccupants", ceux qui ont d'abord été détectés en Angleterre, en Afrique du Sud puis au Brésil (deux variants y ont été observés dont le P1 classé préoccupant). Plus récemment, un quatrième variant apparu en Inde fait l'objet d'une attention particulière et ce pays de 1,3 milliard d'habitants qui connaît une explosion de cas est inscrit sur liste rouge par d'autres naitons.

Variant indien "double mutant" ou B.1.617

[mise à jour du 23 avril] Le variant "indien" suscite à son tour l'inquiétude, au vu de ses caractéristiques et de la rapide dégradation de la situation sanitaire en Inde, mais rien ne prouve pour l'instant qu'il soit plus contagieux ou qu'il rende les vaccins moins efficaces. 

Ce variant, appelé par le nom de sa lignée, B.1.617, a été détecté dans l'ouest de l'Inde en octobre. Il est qualifié de "double mutant" parce qu'il est notamment porteur de deux mutations préoccupantes au niveau de la protéine de pointe ("spike") du virus Sars-CoV-2.

La première, E484Q, est proche de celle déjà observée sur les variants sud-africain et brésilien (E484K), soupçonnée d'entraîner une moindre efficacité de la vaccination et un risque accru de réinfection. La seconde, L452R, est également présente dans un variant repéré en Californie, et pourrait être capable d'entraîner une augmentation de la transmission. C'est la première fois qu'on les repère ensemble sur un variant ayant une diffusion importante.

Ces caractéristiques font craindre qu'il soit plus "résistant" face aux vaccins actuels contre le Covid-19, développés pour reconnaître la protéine spike des souches précédentes du coronavirus. Mais cela n'est pas prouvé pour le moment.

"La mutation 484 peut être en partie responsable d'un échec immunitaire, mais en sachant qu'elle seule n'est pas suffisante. Il faut qu’elle soit éventuellement associée à d'autres mutations que l'on ne voit pas dans ce variant indien", a souligné mercredi le virologue Bruno Lina sur la radio France Inter.

"Je pense que dans une semaine ou deux, nous aurons une estimation plus quantitative de la réaction du (virus) variant au vaccin", a déclaré à l'AFP Rakesh Mishra, du Centre de biologie cellulaire et moléculaire de la ville d'Hyderabad en Inde. 

L'autre inquiétude est qu'il s'agisse d'un variant plus contagieux, qui facilite donc une augmentation du nombre de contaminations, à l'heure où de nombreux pays tentent de juguler une deuxième ou une troisième vague de l'épidémie.

Variant britannique ou B.1.1.7 : 64% plus mortel

Apparu pour la première fois en septembre 2020 au Royaume-Uni, le variant britannique appelé VOC 202012/01 ou B.1.1.7, a été signalé par les autorités du Royaume-Uni le 14 décembre 2020 et a depuis causé une forte hausse des cas sur l’île.

Selon une étude publiée le 10 mars dans la revue médicale BMJ (British Medical Journal), le variant anglais est non seulement plus contagieux mais aussi 64% plus mortel que le coronavirus classique. Pour 1.000 cas détectés, le variant anglais provoque 4,1 morts, contre 2,5 pour le coronavirus classique, concluent les auteurs de ces travaux. "Il y a une haute probabilité que le risque de mortalité soit augmenté par une infection" au variant anglais, écrivent ces chercheurs des universités d'Exeter et de Bristol.

Fin janvier, le NERVTAG, le groupe qui conseille le gouvernement britannique sur les virus respiratoires, avait indiqué qu'il y avait une "possibilité réaliste" que l'infection par ce variant soit associée à un risque plus élevé de mortalité. Ce groupe estimait que la létalité du variant (risque de décès parmi les personnes infectées) pouvait être 30 à 40% supérieure, en s’appuyant sur plusieurs études.

Ses auteurs se sont basés sur les données de 110.000 personnes testées positives hors hôpital entre octobre et janvier, qu'ils ont suivies durant 28 jours. La moitié avait été infectée par le coronavirus classique, l'autre par le variant anglais (appelé VOC 202012/01 ou B.1.1.7, du nom de sa "lignée", c'est-à-dire sa famille génétique). Les chercheurs ont comparé la mortalité dans l'un et l'autre des deux groupes (141 décès contre 227), en prenant en compte certains facteurs comme l'âge, le sexe ou l'origine ethnique, et ont estimé que le variant anglais était 64% plus mortel.

D'après une étude du 10 janvier, les vaccins Pfizer/BioNTech resteraient efficaces face au variant britannique, tout comme le vaccin Moderna selon le laboratoire lui-même.

Par ailleurs, le variant continue de se propager de manière significative. Le dernier rapport épidémiologique de l’OMS publié le 20 avril atteste que ce dernier a été détecté dans 137 pays au total.

  • Propagation du variant britannique dans le monde (source OMS)

Voir aussi : Covid-19 : le variant britannique, plus contagieux, est aussi plus mortel

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Variant sud-africain  : 50% plus transmissible

Le 18 décembre 2020, le ministère de la Santé sud-africain annonçait l’apparition d’un variant sur le sol national. Quelques jours après, le nombre de cas augmentait fortement dans tout le pays.

S’il n’est pas plus mortel que le SARS-COV-2, il est 1,5 fois plus contagieux selon des experts sud-africains. Baptisée 501Y.V2, cette mutation "est 50% plus transmissible", mais "rien n'indique que le nouveau variant est plus sévère", a déclaré le Pr Salim Abdool Karim, épidémiologiste et coprésident du comité scientifique au ministère de la Santé sud-africain.

Par ailleurs, plusieurs études convergent pour dire que le variant sud-africain semble réduire l'efficacité des vaccins, notamment à cause de la mutation E484K. Les deux dernières ont été publiées le 17 février dans la revue médicale NEJM et ont été réalisés par des scientifiques de Pfizer/BioNTech et Moderna, les fabricants des deux principaux vaccins.

Elles montrent que la quantité d'anticorps protecteurs produits après l'injection de ces deux vaccins est moins importante quand on est en présence du variant sud-africain (par rapport au variant anglais ou au coronavirus classique). Cela laisse donc supposer que la protection est plus faible. L'équipe du Pr Schwartz, responsable de l'unité Virus et Immunité à l'Institut Pasteur, a réalisé une étude du même type, selon laquelle "il est beaucoup plus difficile de protéger contre le variant sud-africain au cours du temps".

Toutefois, une étude préliminaire réalisée début mars par l'équipe scientifique sud-africaine ayant découvert le variant sud-africain 501Y.V2, tend à montrer que les personnes contaminées par le variant sud-africain du nouveau coronavirus possèdent une meilleure immunité face aux autres mutations du virus.

Le plasma de personnes contaminées par le variant avait "une bonne activité neutralisante" contre les virus "de la première vague" et potentiellement contre d'autres nouveaux variants inquiétants, ont fait savoir les scientifiques sud-africains. "Le 501Y.V2 peut générer un haut niveau d'anticorps capable de le neutraliser", a expliqué le virologue Tulio de Oliveira dans une conférence vidéo, faisant état d'une réponse immunitaire qui dépasse celle d'autres variants.

D’après l’OMS le variant sud-africain (501Y.V2) est signalé dans 85 pays au total.

  • Propagation du variant sud-africain dans le monde (source OMS)
 

Voir aussi : Coronavirus : les variants britannique et sud-africain posent des défis risqués

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Deux variants brésiliens originaires d'Amazonie, le P1 classé "préoccupant" par l'OMS

Le premier variant, le B1.1.248, a été détecté début janvier au Japon sur une famille en provenance du Brésil et plus précisément d’Amazonie. Il est devenu rapidement dominant à Manaus, la capitale de l’Etat d’Amazonas : "En décembre, on le trouvait dans 51% des échantillons séquencés provenant de patients du coronavirus, et entre le début et le 13 janvier, c'était 91%", explique Felipe Naveca qui étudie les mutations du virus dans l'Etat septentrional du Brésil et travaille avec le centre de recherches médicales public Fiocruz.

La contagiosité du variant a aussi été rapidement été observée : "Tous les indices indiquent déjà que (ce variant) est plus contagieux, car il présente des mutations qui ont été liées à la plus grande transmission du virus observée dans les variants du Royaume-Uni et d'Afrique du sud", a dit le chercheur.

Fin janvier, un second variant, appelé P.1 a fait son apparition. Il est « l'un des 18 variants du coronavirus qui ont circulé dans l'Etat d'Amazonas depuis le début de la pandémie" il y a 10 mois, explique le chercheur.

Des enquêtes récemment menées par l’OMS, ont cependant montré que le variant P.1 avait « une transmissibilité accrue par rapport aux variants circulant auparavant ». Il serait aussi « 1,1 à 1,8 fois plus susceptible d’entraîner la mort », tout en soulignant qu’il s’agit « de résultats préliminaires et qu’ils ne sont pas généralisables à d’autres contextes ». Depuis le début de l’année, le système sanitaire de la métropole de Manaus de 2,2 millions d'habitants est totalement débordé et une centaine de personnes sont mortes à la mi-janvier par asphyxie, en raison d'une pénurie d'oxygène.

Selon l’OMS, le variant brésilien P.1 a été signalé jusqu’alors dans 52 pays.

  • Propagation du variant brésilien P.1 dans le monde (source OMS)
 

Voir aussi : Covid-19 au Brésil : au coeur de la forêt, des malades meurent d'asphyxie à Manaus

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Autres variants en attente?

Il existe une deuxième catégorie de variants, surveillés par la communauté scientifique internationale à cause de leurs caractéristiques génétiques potentiellement problématiques mais qui ne circulent encore qu'à moindre échelle.

"Les semaines et les mois à venir nous diront s'ils entrent dans la catégorie des variants très inquiétants qui se diffusent très vite, ou s'ils vont rester des variants qui circulent à bas bruit", explique à l'AFP Etienne Simon-Lorière, responsable de l'unité de génomique évolutive des virus à ARN à l'Institut Pasteur (Paris).

Tous ces variants sont classés par famille, ou "lignée": selon les mutations qu'ils ont acquises, ils occupent une place précise dans l’arbre généalogique du virus SARS-CoV-2 d’origine. La liste s'est allongée ces dernières semaines. Par exemple, une lignée baptisée B.1.525 a été repérée en Ecosse, au Nigeria, en France ou en Australie. D'autres variants ont été détectés en Californie, en Zambie, en Ouganda ou encore en Finlande.

Quid de la vaccination ?

"Des variants contre lesquels les vaccins actuels pourraient être moins efficaces (...) vont probablement continuer à émerger", met en garde le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Tout en appelant à vacciner le plus vite possible pour prendre les variants de vitesse, les autorités sanitaires mondiales demandent aux fabricants de travailler à des vaccins de nouvelle génération, adaptés à des variants émergents. 

En outre, l'Union européenne et les Etats-Unis ont annoncé cette semaine la mise en place de programmes destinés à renforcer les opérations de séquençage génétique, indispensables pour suivre la progression des variants et repérer rapidement l'apparition de nouveaux.

En attendant, les scientifiques insistent sur le respect des mesures barrières, aussi cruciales contre les variants que contre le coronavirus classique.

Voir aussi : Covid-19 : le vaccin de Moderna reste efficace contre les variants britannique et sud-africain

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