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Covid-19 : la colère gronde avec le retour des restrictions sanitaires

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A Rotterdam, une manifestation contre les mesures sanitaires dégénère, le 19 novembre, au Pays-Bas.
Des manifestants rassemblés, à Prague, le 17 novembre 2021, pour protester contre les restrictions sanitaires prises par le gouvernement pour enrayer la propagation du Covid-19 lors des célébrations du 32e anniversaire de la révolution de velours qui a mis fin au régime communiste en 1989 dans le pays. 

En plusieurs endroits du monde, notamment en Europe, redevenue l’épicentre de l’épidémie de coronavirus, les gouvernements imposent de nouvelles restrictions sanitaires. L'instauration de ces mesures s'accompagnent de mouvements de contestation, dont certains sont parfois violents, à l'instar des heurts survenus au Pays-Bas le 19 novembre. 
 

Après une période d’accalmie et de retour au quotidien quasi normal, plusieurs pays  déplorent une résurgence des cas de contaminations au Covid-19.

Une détérioration que les scientifiques expliquent, selon les cas, par des couvertures vaccinales trop faibles ou une hausse des négligences vis-à-vis des gestes barrière.

Pour tenter d’endiguer cette dynamique et éviter des situations de saturation comme lors des pires heures de l’épidémie, d’autant que se profilent les fêtes de fin d’année, certains gouvernements n’ont pas tardé à opérer un tour de vis.

L’opposition aux mesures sanitaires d’une partie des populations s’est exprimée, de façon parfois violente, ces derniers jours.

« Orgie de violence » aux Pays-Bas

Vendredi 19 novembre au soir, une manifestation contre un confinement partiel et le projet de restrictions d’accès à certains sites aux personnes non-vaccinées, a tourné au vinaigre dans la ville portuaire de Rotterdam.

Dans ce que l’édile de la ville, Ahmed Aboutaleb, a qualifié d’« orgie de violence », des émeutiers ont déclenché des incendies en plusieurs endroits, brûlé une une voiture de police, lancé des pierres et tiré des feux d’artifice dans une artère commerçante de la localité. Des tirs de la police néerlandaise ont fait sept blessés tandis que plusieurs dizaines d’autres protestataires ont été arrêtés.
Les Pays-Bas ont été les premiers en Europe occidentale à réintroduire la semaine dernière un confinement partiel avec une série de restrictions sanitaires, touchant notamment le secteur de la restauration, pour faire face à une flambée de cas de Covid-19. Plus de 21.000 nouvelles infections ont été signalées le 19 novembre. 

Les dernières restrictions, annoncées le 12 novembre, avaient déclenché des affrontements entre manifestants et policiers devant le ministère de la Justice à La Haye. 

A la suite du chaos survenu à Rotterdam, une mobilisation contre les mesures sanitaires prévue samedi 20 novembre à Amsterdam a été annulée.

(Re)voir : Pays-Bas : une manifestation contre les mesures sanitaires dégénère
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A Rotterdam, une manifestation contre les mesures sanitaires dégénère, le 19 novembre, au Pays-Bas.

Appel à l’emprisonnement du premier ministre de l'Etat de Victoria en Australie

Des Australiens se sont massés par milliers dans plusieurs grandes villes du pays, samedi 20 novembre. Dans leur ligne de mire, la vaccination obligatoire contre le Covid-19 imposée dans plusieurs Etats et territoires d'Australie pour certaines catégories professionnelles.

A Melbourne, plusieurs milliers de personnes ont appelé à l'emprisonnement du premier ministre de l'État de Victoria, Daniel Andrews. Ils se sont également mobilisés contre un projet de loi visant à accorder plus de pouvoirs au gouvernement de l'Etat de Victoria pour lutter contre la pandémie. 
Aucun affrontement avec la police n'a été signalé contrairement à de précédentes manifestations, ni d'appels à la pendaison de dirigeants politiques.

Selon la police, jusqu'à 10.000 personnes se sont rassemblées à Sydney, parmi elles des anti-vaccination .

Dans le même temps, environ 2.000 manifestants ont battu le pavé à Melbourne pour s'opposer au rassemblement anti-vaccination. Il s’agit de l'une des premières contre-manifestations depuis le début de la pandémie. 

Couvre-feu imposé en Guadeloupe

Le préfet de cette île française des Antilles, Alexandre Rochatte, a pris la décision d’instaurer, vendredi 19 novembre, un couvre-feu avec effet immédiat à la suite des violences. Il s’appliquera jusqu’au 23 novembre entre 5h et 18h. La vente d’essence en jerrican est également proscrite.
La mesure fait suite à un accès de violence, caractérisé par des « incendies de biens publics, des barrages sur les routes, des jets de pierre sur les forces de l’ordre, des tirs de mortiers », selon les mots du plus haut représentant étatique de l’île.

A l’issue d’une nouvelle journée sous tension, des feux ont été déclenchés dans la soirée sur des barricades à Colin et Montebello et à Petit-Bourg selon Routes de Guadeloupe. Des affrontements en zone gendarmerie ont eu lieu pour dégager les axes routiers.

Après la nuit particulièrement violente de jeudi à vendredi, les écoles sont restées portes closes vendredi. Les barrages routiers ... un peu partout menaçant l’activité des centres hospitaliers. Les centres de dialyse de la Guadeloupe ont d'ailleurs alerté sur "un danger de mort" pour près de 800 patients dont les barrages pourraient empêcher l'accès aux soins. 

La mobilisation a été lancée il y a cinq jours par un collectif d'organisations syndicales et citoyennes opposé au pass sanitaire et à l'obligation vaccinale des soignants.

(Re)voir : Australie : Melbourne se déconfine enfin
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L’Autriche se barricade

Les deux millions de personnes non-vaccinées en Autriche étaient déjà interdites de sortie, sauf pour faire leurs courses, du sport ou pour des besoins médicaux, depuis lundi 15 novembre. Dès lundi 22 novembre, le confinement concernera l’ensemble de la population, y compris les personnes inoculées.

A compter du 1er février, la vaccination sera même rendue obligatoire. L’Autriche devient ainsi le premier pays de l'Union européenne à prendre de telles mesures face à la résurgence des cas de Covid-19.

Une manifestation soutenue par le parti d'extrême droite FPÖ, où des milliers de personnes sont attendues, doit se tenir, samedi 20 novembre, à Vienne.  Son chef anti-vaccins, Herbert Kickl, testé positif au coronavirus, n’en sera pas. "L'Autriche est maintenant une dictature!", a-t-il néanmoins lancé en réaction aux nouvelles mesures.

(Re)voir : Covid-19 en Autriche : reconfinement et vaccination obligatoire
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