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Covid-19 : le monde un an après le début de la pandémie

<p>Un journaliste se fait tester avant la séance de clôture de l'Assemblée populaire nationale à Pékin le jeudi 11 mars 2021. </p>

Un journaliste se fait tester avant la séance de clôture de l'Assemblée populaire nationale à Pékin le jeudi 11 mars 2021. 

© AP/ Sam McNeil

Il y a un an précisément, l’OMS qualifiait le Covid-19 de pandémie, se disant "profondément préoccupée" par ses "niveaux alarmants de propagation".  Aujourd’hui, alors que le virus a fait au moins 2.611.162 morts dans le monde et que plus de 117.511.850 cas d'infection ont été diagnostiqués, le chemin paraît encore long.

Le monde est confronté à une crise sans précédent depuis un an désormais. Identifié pour la première fois en Chine, le Covid-19 a bouleversé le quotidien de 7,5 milliards d’individus. Bilan après un an de pandémie.

Historique

Le nouveau virus de la famille des coronavirus est identifié pour la première fois le 7 janvier 2020. Quatre jours après, Pékin annonce le premier mort officiel de la maladie, ensuite baptisée Covid-19. Le 23 janvier, Wuhan se retrouve coupée du monde et le premier décès officiel hors d'Asie intervient le 15 février, en France, où un touriste chinois est hospitalisé.

Le 6 mars, l'épidémie passe la barre des 100.000 cas recensés officiellement dans le monde. Premier pays européen touché, l'Italie impose un confinement au nord, étendu ensuite à tout le territoire. 

Le 16 mars, l'Allemagne appelle sa population à "rester à la maison" et le Royaume-Uni à éviter tout "contact social". La France est confinée à partir du 17 tandis que l'Union européenne ferme ses frontières extérieures.

Lire aussi: Coronavirus : quels pays ont rouvert leurs frontières ?

La première vague de la pandémie en Europe entraine jusqu’à 4.100 décès par jour en moyenne, bien qu’elle se retrouve relativement contenue dans le temps : le 22 mai, ce chiffre repasse sous la barre des 1.000 morts quotidiens et s’y maintient tout l’été, jusqu’à un "plancher" de 320 morts entre juillet et août.

Dans le même temps, des mesures de confinement sont peu à peu prises partout dans le monde. Le 2 avril, plus de 3,9 milliards de personnes, soit la moitié de l'humanité, sont contraintes ou appelées à se confiner et la barre du million de cas recensés est franchie.

Le 7 juin, la pandémie dépasse les 400.000 morts et progresse fortement en Amérique latine. Le Brésil devient le deuxième pays le plus endeuillé, derrière les Etats-Unis, tandis que son président Jair Bolsonaro minimise la gravité de la maladie. Lui-même sera infecté, tout comme Donald Trump et d'autres dirigeants à travers le monde. Le 28 septembre, le seuil du million de décès est franchi.

Voir aussi : Etats-Unis : Donald Trump testé positif au coronavirus

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En octobre, une nouvelle vague touche simultanément l’Europe, l’Amérique du Nord, le Moyen-Orient et, dans un second temps, l’Amérique latine. La recrudescence des cas conduit plusieurs pays européens à imposer le port du masque dans les transports, rues, écoles ou entreprises. Cependant, le nombre de décès ne cesse de grimper. Le 24 novembre, le seuil symbolique des 10.000 morts par jour est franchi.

En plein tumulte politique liée à la victoire contestée par Donald Trump de Joe Biden à l'élection présidentielle, les Etats-Unis s'enfoncent dans la crise sanitaire: un nouveau pic de décès est franchi le 13 janvier 2021 avec 4.470 morts en 24 heures.  Le début de 2021 marque aussi l’apparition des variants du virus dits "anglais", "sud-africain" et "brésilien", plus contagieux et potentiellement plus mortels, qui s'étendent dans le monde, obligeant l'Europe à durcir les mesures sanitaires: fermetures de frontières, couvre-feux, reconfinements. 

Le 15 janvier 2021, le cap des 2 millions de morts est atteint. Du 20 au 26 janvier, plus de 100.000 décès en sept jours (plus de 14.000 par jour) sont comptés : c’est la pire semaine depuis le début de la pandémie.

A ce stade, le virus a fait au moins 2.611.162 morts dans le monde, avec plus de 117.511.850 cas d'infection diagnostiqués.

Bilan mondial :

  • Etats-Unis : pays le plus touché

Avec plus de 29 millions de cas et plus d’un demi-million de morts, le pays est de loin celui qui a recensé le plus de victimes. Toutefois, les Etats-Unis vaccinent désormais à tour de bras et ont adopté mercredi 10 mars, un plan colossal de relance économique de 1.900 milliards de dollars, une "victoire historique" pour le président Joe Biden. De quoi faire souffler un certain vent d'optimisme sur le pays.

Quelque 15 milliards seront consacrés à la vaccination, 50 milliards pour les tests et le traçage et 10 milliards pour la production de vaccins.

Plus de 93 millions d'injections ont été réalisées dans le pays, qui a déjà passé des commandes suffisantes pour recevoir d'ici fin mai assez de doses pour vacciner l'ensemble des adultes américains. Joe Biden a malgré tout demandé qu'un contrat de 100 millions de doses supplémentaires soit négocié avec Johnson & Johnson.

Le nombre quotidien de décès est en outre en nette baisse à 1.600 en moyenne au cours de la semaine écoulée, contre 2.000 les précédentes.

Les Etats-Unis et le Canada totalisaient le jeudi 11 mars à 11H00 GMT : 551.594 décès pour 30.050.369 cas.

Lire aussi : États-Unis : la barre des 500 000 morts du Covid-19 franchie

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  • Amérique latine : une interminable vague

Depuis décembre, après une légère accalmie, la région connaît une nouvelle vague plus meurtrière, avec mi-janvier un pic à plus de 120.000 cas et 3.400 décès chaque jour, le Brésil enregistrant de nouveaux records de décès : 2.286 en 24 heures.

"Nous sommes au pire moment de la pandémie au Brésil, le taux de transmission avec les variants rend l'épidémie encore plus grave. L'année 2021 va encore être très dure", a déclaré Margareth Dalcolmo, pneumologue et chercheuse à la Fiocruz, institut de référence en santé publique.

"La situation du Brésil est très préoccupante. Cela nous rappelle que les zones déjà très atteintes par le virus sont encore très vulnérables à de nouvelles infections", a renchéri la directrice de l'Organisation Pan-Américaine de la Santé (OPS) Carissa Etienne.

La vaccination n'a débuté que tardivement au Brésil, qui compte à ce jour 270.656 décès et le président d'extrême droite Jair Bolsonaro n'a cessé de minimiser la pandémie et de s'opposer à toute fermeture des commerces, au nom de la préservation de l'emploi.

L'Amérique latine et les Caraïbes totalisaient le jeudi 11 mars à 11H00 GMT : 707.403 décès pour 22.373.999 cas.

Voir aussi : Covid-19 au Brésil : un pays frappé par une explosion des cas et un record de mortalité

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  • Europe : succession de vagues 

En Europe, plusieurs "points chauds" continuent de préoccuper la Commission, comme "le Tyrol en Autriche, Nice et la Moselle en France, Bolzano en Italie et certaines parties de la Bavière et de la Saxe en Allemagne".

La France se prépare à évacuer des patients de certaines régions pour soulager des hôpitaux débordés, notamment dans la région parisienne.

La Pologne a également fait part de son inquiétude après un nouveau record de cas de contaminations que les autorités attribuent à un "relâchement croissant" de la population et à la diffusion du variant anglais. "Nous sommes loin de pouvoir dire que la troisième vague est en recul", a déclaré le porte-parole du gouvernement polonais, Piotr Muller.

En Italie, l'espérance de vie a baissé de presque un an, à 82,3 ans à cause de la pandémie, selon des statistiques officielles.

Une étude publiée mercredi 10 mars estime que le variant anglais est 64% plus mortel que le coronavirus d'origine du Covid-19. Pour mille cas détectés, le variant anglais provoque 4,1 morts, contre 2,5 pour le coronavirus classique, concluent les auteurs de ces travaux publiés dans la revue médicale BMJ.

L'Europe totalisait jeudi 11 mars à 11H00 : 886.000 décès pour 39.232.567 cas.

Lire aussi : Covid-19 : l'Union européenne enjoint six États à s'expliquer sur leurs restrictions de circulation

  • Afrique et Océanie : des réussites, des inconnues 

Perçue au départ comme très vulnérable, l’Afrique a été relativement épargnée par la pandémie, malgré plusieurs vagues de contaminations, notamment en Afrique du Sud. 

Environ 300 morts et 10.000 cas sont rapportés chaque jour. Des chiffres toutefois sujets à caution en raison des faibles capacités de dépistage des autorités. 

L’Océanie reste le continent le moins touché. Au plus fort de la principale vague en août 2020, seuls une vingtaine de morts pour quelques centaines de cas étaient détectés chaque jour.

L’Afrique et l’Océanie totalisaient respectivement le jeudi 11 mars à 11H00 GMT : 106.706 décès pour 3.993.632 cas et 958 décès pour 32.967 cas.

Lire aussi : Coronavirus en Afrique : quels pays vaccinent ?

  • Asie et Moyen-Orient : stabilisation 

En Asie, au prix de strictes politiques de contrôle, la pandémie semble contenue. La Chine ne déclare plus officiellement que des cas isolés. L’Inde, qui a connu une importante vague de contaminations de juillet à novembre, avec jusqu’à près de 100.000 cas chaque jour et 1.000 décès, a repris le contrôle. Aujourd’hui, à l’échelle du continent, moins de 500 morts sont à déplorer quotidiennement. 

Au Moyen-Orient, le nombre de cas détectés reste à un niveau modeste, de l’ordre de 30.000 par jour. Le nombre de décès quotidiens, après avoir atteint plus 600 début novembre, est en revanche stabilisé entre 200 et 300 depuis le début de l’année. 

Israël, pays où la campagne de vaccination est la plus avancée dans le monde (près de la moitié de la population a déjà reçu ses deux doses de vaccin), connaît une impressionnante chute des contaminations comme des décès. 132 ont été comptabilisés ces sept derniers jours, en baisse de près de 30% par rapport à la semaine précédente et loin du pic de 433 décès enregistré la dernière semaine de janvier.

L'Asie et le Moyen-Orient totalisaient respectivement le jeudi 11 mars à 11H00 GMT : 261.469 décès pour 16.474.620 cas et 107.165 décès pour 5.823.847 cas.

Voir aussi : Covid-19 en Chine : un an plus tard, l'OMS sur place pour enquêter

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