Info

Covid-19 : pourquoi l'Autorité Palestinienne refuse la livraison d'un million de doses de vaccin d'Israël

<p>Des travailleurs palestiniens déchargent un camion de 20 000 doses du vaccin Sputnik V dans la bande de Gaza, le 21 février 2021.</p>

<p> </p>

Des travailleurs palestiniens déchargent un camion de 20 000 doses du vaccin Sputnik V dans la bande de Gaza, le 21 février 2021.

AP/Khalil Hamra

Quelques heures après avoir signé l'accord, la ministre de la Santé palestinienne Mai al-Kaila a annoncé vouloir annuler le transfert d'un million de vaccins Pfizer-BioNTech depuis Israël. Les doses envoyées seraient sur le point d'être périmées.

C'est un accord isarélo-palestinien sans lendemain. Alors qu'un million de doses devaient être acheminées depuis Israël dans les prochains jours pour accélerer la vaccination dans les territoires palestiniens -dont seulement 30% des habitants ont reçu une seule dose de vaccin-, les autorités arabes ont choisi de se raviser.

"Le gouvernement refuse de recevoir des vaccins qui sont sur le point d'être périmés" a affirmé le premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh. Les 100 000 premières doses déjà arrivées en Cisjordanie le 18 juin, affichaient des dates de fin de validité au mois de juin 2021.

La ministre de la Santé, Mai Alkaila, a affirmé qu'il était convenu que les doses envoyées devaient être valides jusqu'à juillet ou août. "Il n'y a pas assez de temps pour les administrer donc nous les refusons" affirme-t-elle. 

Transfert de doses différé

Des sources du ministère de la Santé israélien ont rétorqué que les autorités palestiniennes avaient toutefois accepté cette condition lors des pourparlers, avant la signature de l'accord. Ce qu'a démenti Ibrahim Melhem, porte-parole du gouvernement palestinien qui en a profité pour exprimer son inquitétude sur le fait qu'Israël pourrait continuer à envoyer des doses périmées à l'avenir. 

L'accord du 18 juin stipulait alors un transfert différé, où après la réception par les autorités palestiniennes d'un million de doses "avancées" en provenance d'Israël, celles-ci s'engagaient à renvoyer vers leur voisin un nombre similaire de vaccins livrés en septembre ou octobre directement par Pfizer-BioNTech. Un accord "dans l'intérêt des deux pays" a tweeté Nitzan Horowitz, ministre de la Santé du nouveau gouvernement israélien.

Ibrahim Melhem a annoncé que le gouvernement palestinien préférait alors recevoir la livraison après l'été, et bénéficier directement des doses de Pfizer-BioNTech.

Les autorités palestiennes avaient été sous le feu des critiques sur les réseaux sociaux lors de la signature de l'accord, accusées d'accepter des vaccins qui pourraient être moins efficaces de la part d'Israël. "Il ne s'agit pas d'un accord avec Israël mais avec le laboratoire Pfizer." s'est défendu al-Kaila, avant la conclusion de l'accord.

Voir aussi : Israël-Palestine : quel avenir ?

Chargement du lecteur...

Selon les autorités palestiennes, 436 275 Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza auraient déjà reçu une première dose. Parmi les 260 000 totalement vaccinés, sont inclus les 100 000 Palestiniens travaillant en Israël qui ont été vaccinés par l'Etat hébreu. 55% des 9 millions d'Israéliens ont, eux, déjà été complètement vacciné.