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Covid-19 : qu’est-ce qu’un cycle vaccinal complet ?

En France, le schéma vaccinal est considéré comme complet une semaine après la 2e injection (ou 28 jours après l'unique injection du vaccin Janssen). Les personnes ayant déjà contracté le Covid-19 n'ont besoin que d'une seule dose. 
En France, le schéma vaccinal est considéré comme complet une semaine après la 2e injection (ou 28 jours après l'unique injection du vaccin Janssen). Les personnes ayant déjà contracté le Covid-19 n'ont besoin que d'une seule dose. 
Michel Euler / AP

Plusieurs pays Européens et Nord-Américains rouvrent timidement leurs frontières. Mais pour pouvoir les passer, il faut le plus souvent avoir été vacciné contre le Covid-19. Sauf que d’un pays à l’autre, la vaccination n’est pas définie de la même façon. Décryptage.

Une semaine après la deuxième dose, et c’est ok ? Mais si on a déjà contracté le Covid-19, il ne faut qu’une seule dose ? Et si l’on est immunodéprimé il en faut une troisième ? Combien de temps entre chaque dose ?

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En France, il existe plusieurs cas de figures sous lesquels un cycle vaccinal est considéré comme complet : une semaine après avoir reçu la deuxième injection d’un vaccin à ARN Messager ou du AstraZeneca ou bien 28 jours après l’injection du vaccin Janssen, selon le Gouvernement. Les personnes ayant déjà été malades du Covid-19 n’ont besoin que d’une seule dose de vaccin.

Pourquoi le schéma vaccinal n’est pas le même selon les pays ?

Le Dr Alessandro Diana, vaccinologue expert à Infovac Suisse explique que au tout début de la campagne de vaccination, il était recommandé d’effectuer deux doses, peu importe si l’on avait été infecté ou non. “Mais on s’est rendu compte sur le tas que les gens qui ont déjà eu le Covid avaient des réactions plus fortes après la deuxième dose”, précise-t-il.

Des études scientifiques ont été menées pour établir les taux d’anticorps nécessaires pour être considéré comme immunisé. Résultat: une seule dose a été jugée nécessaire pour atteindre un taux d’immunité protecteur, selon les études résumées dans le British Medical Journal au début du mois de février. La Haute Autorité de Santé française a été la première à déclarer que les personnes déjà infectées n’avaient besoin que d’une dose, le 12 février. D’autres pays lui ont emboîté le pas, mais pas tous.

Deuxième dose administrative

Certains pays sont un peu plus rigides que d’autres”, concède Brigitte Autran, professeure émérite d’immunologie à Sorbonne université. Selon le Dr Diana, “même si ces informations sont scientifiques, ce sont les autorités qui décident” et donc la décision est politique plutôt que sanitaire. Au Canada, même si une personne a déjà été malade, elle doit recevoir deux injections. Depuis le 14 juillet, seules les personnes vaccinées avec deux doses sont autorisées à se rendre à Malte. 

Ces différences dans la considération d’un schéma vaccinal complet suscitent des interrogations, notamment vis à vis de la reconnaissance d’un pass sanitaire venant de la part d’une personne ayant reçu une seule injection. “La question revient aux autorités”, précise le Dr Diana.

Mais cela peut poser des problèmes administratifs pour les personnes ayant reçu une seule injection mais souhaitant voyager vers un pays qui ne reconnaît pas cette situation comme un schéma vaccinal complet.  "Dans ces cas-là, des personnes font le choix de recevoir une deuxième dose administrative", explique le vaccinologue. Autrement dit: elles vont faire la seconde injection, même si celle-ci n'est pas jugée nécessaire compte tenu de leur immunité. 

Une logistique qui suit le cours épidémique

La professeure Brigitte Autran précise que les règles en matière de schéma vaccinal sont fixées par les fabricants, mais qu’elles ont une certaine flexibilité, “compte tenu du contexte sanitaire hors normes.

Vu le nombre de doses disponibles , si on voulait protéger le maximum de gens il fallait jouer sur l’écart [de temps] entre les deux doses.

- Brigitte Autran, professeure émérite d'immunologie

Cette adaptabilité existe pour que le rythme de vaccination puisse correspondre à “la vitesse de montée de l’épidémie”. Concrètement, en début d’année, le Royaume-Uni a privilégié les primo-injections, quitte à avoir plus de semaines d’écart entre les deux doses pour qu’un maximum de personnes aient une protection minimale.  Au fil de la progression épidémique, la France a suivi en rallongeant le délai entre deux doses. “Vu le nombre de doses disponibles , si on voulait protéger le maximum de gens il fallait jouer sur l’écart [de temps] entre les deux doses”, ajoute la professeure.

On est obligé de s’adapter à la vraie vie”, estime-t-elle. Selon les pays, l’épidémie ne progresse pas de la même façon, d’où les différences entre les décisions prises par les autorités sanitaires. “La course de vitesse contre l’épidémie n’est pas la même dans tous les pays”, ajoute Brigitte Autran.