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Crash en Iran : un missile iranien serait-il à l’origine de l'accident du Boeing ukrainien ?

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Les boites noires du Boeing ukrainien qui s'est écrasé à Téhéran vont être analysées par les enquêteurs

Le Canada accuse, l'Iran se défend. Au lendemain du crash du Boeing ukrainien survenu près de Téhéran, le  mercredi 8 janvier, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a affirmé qu'un missile iranien serait à l'origine du drame. Une thèse démentie par Téhéran 

"Nous avons des informations de sources multiples, notamment de nos alliés et de nos propres services" qui indiquent que l'avion a été abattu "par un missile sol-air iranien", a déclaré Justin Trudeau lors d'une conférence de presse, jeudi 9 janvier 2019 à Ottawa. "Ce n'était peut-être pas intentionnel", a-t-il ajouté. 

Accident ou pas, 176 personnes dont 63 Canadiens ont péri dans le crash du Boeing 737 d’Ukraine International Airlines, peu après le décollage de l'avion près de Téhéran mercredi 8 janvier. Une catastrophe qui implique désormais plusieurs pays interlocuteurs et qui exige des réponses. 

L’incident est intervenu quelques heures après une salve de missiles balistiques ordonnée par Téhéran contre des installations militaires américaines en Irak. Des représailles contre l’assassinat du général iranien Ghassem Soleimani, commandant de la force des gardiens de la révolution, cinq jours plus tôt à Bagdad. 

Téhéran nie catégoriquement la thèse selon laquelle le Boeing aurait été touché par un missile.

"Une chose est sûre, cet avion n'a pas été touché par un missile", a déclaré le président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO), Ali Abedzadeh, à la presse, vendredi 10 janvier.

Les Pays-Bas ont quant à eux annoncé vendredi disposer d'informations selon lesquelles un missile iranien est "probablement" à l'origine de l'écrasement du Boeing ukrainien. "Sur la base des informations du MIVD (le service de sécurité et de renseignement militaire des Pays-Bas), nous pouvons affirmer qu'il est probable qu'un missile anti-aérien iranien a provoqué le crash de l'avion", a déclaré la ministre néerlandaise de la Défense Ank Bijleveld après un conseil des ministres.
Mme Bijleveld n'a donné aucune précision sur la manière dont les Pays-Bas ont obtenu ces informations.

Donald Trump avait déjà ouvert le bal la veille en émettant de sérieux doutes. "J'ai le sentiment que quelque chose de terrible s'est passé", déclarait le président américain, évoquant une possible erreur.

Après avoir réclamé une enquête complète, le Premier ministre anglais Boris Johnson a confirmé la mort de Britanniques. "Quatre ressortissants britanniques figuraient parmi ceux qui ont été tués. Il y a maintenant un ensemble d'informations", selon lesquelles l'avion "a été abattu par un missile sol-air iranien", "cela pourrait bien avoir été accidentel", précise Boris Johnson.
 

Un missile iranien ?


Une thèse corroborée dans une vidéo d'une vingtaine de secondes, diffusée par le New-York Times. Elle montre la trajectoire de ce qui pourrait être un missile lancé près de l'aéroport de Téhéran puis, une explosion. 

Sur les images, on peut voir un objet lumineux grimpant rapidement vers le ciel et frappant ce qui semble être un avion. Selon le New York Times, l'auteur de la vidéo aurait commencé à filmer après avoir entendu une première explosion. 
 


Le fait que l'avion n'ait pas explosé n'est pas contradictoire avec un tir de missile, font remarquer plusieurs spécialistes."A cette altitude, l'appareil n'est pas encore pressurisé, il peut y avoir des trous dans la carlingue sans qu'il explose. Ce qui provoque l'explosion c'est la pressurisation", souligne un expert français en missiles.
 

Des experts ukrainiens et canadiens


Une cinquantaine d'experts ukrainiens sont arrivés jeudi 9 janvier à Téhéran pour participer à l'enquête et notamment au décryptage des boîtes noires de l'appareil.

Les autorités iraniennes indiquent être prêtes à associer à l'enquête tous les pays ayant perdu des ressortissants dans la catastrophe. Une équipe canadienne de 10 personnes est en route pour Téhéran, ce vendredi 10 janvier, selon les autorités iraniennes. 

Jeudi 10 janvier, le ministère iranien des Transports a rejeté "les rumeurs sur la résistance de l'Iran à livrer les boîtes noires [...] aux Etats-Unis".

Seuls quelques pays, dont les Etats-Unis mais aussi l'Allemagne ou la France, ont les capacités techniques d'analyser les boîtes noires.

La France s'est dit prête à apporter son expertise technique dans l'enquête, par la voix de son ministre français des Affaires étrangères. Jean-Yves Le Drian a précisé que l'Iran n'avait pas sollicité les autorités françaises pour le moment, et s'est refusé à tirer des conclusions hâtives sur les origines du crash.