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Crise des migrants : l'Union européenne divisée

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker attend les dirigeants européens. Bruxelles, 24 juin 2018
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker attend les dirigeants européens. Bruxelles, 24 juin 2018
© AP / Yves Herman

Les dirigeants de seize États de l'Union Européenne se sont réunis, dimanche 24 juin, avant le sommet des 28, jeudi et vendredi, à Bruxelles. Une rencontre informelle marquée par l'absence de consensus, mais qui aura permis de jeter les bases d'éventuels accords entre États européens. Voici ce qu'il faut retenir de cette réunion.

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  • L'absence de nombreux pays
Les quatre pays du groupe de Visegrad ont boycotté ce sommet : la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie, ainsi que les trois États baltes l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie. 
  • Des accords à plusieurs pays sur les mouvements secondaires ?

Face à l'absence de consensus entre les 28, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont appelé à des accords à plusieurs pays. Les deux dirigeants plaident pour une "solution européenne".

Sur la question des migrants qui se déplacent dans plusieurs pays de l'Union européenne, Angela Merkel évoque la possibilité "d'accords bilatéraux ou trilatéraux".
À l'inverse, le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer menace d'instaurer un refoulement unilatéral aux frontières des migrants.
 

  • Des sanctions financières ?

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a proposé des "sanctions financières" contre les pays n'accueillant pas de réfugiés, comme l'avait souhaité Emmanuel Macron samedi.

  • Tension franco-italienne

Samedi, le gouvernement italien avait fustigé l'"arrogance" de la France après les nouvelles critiques du président français contre l'Italie et sa proposition de "centres fermés" pour les migrants dans les pays de première arrivée.

La France n'a d'ailleurs de leçons à recevoir de personne. Nous sommes le deuxième pays d'accueil des demandeurs d'asile cette année.

Le président français Emmanuel Macron

  • Les centres d'orientation ou les "hot spots"

Le Premier ministre belge Charles Michel a évoqué l'idée de créer des "centres d'orientation" de migrants secourus en mer. Ces centres pourraient se trouver hors de l'Union européenne. Le nom de la Tunisie est souvent cité.

Et après ? 


Quelles solutions d'urgence face au problème migatoire en Europe ? Ce sujet devrait accaparer l'ordre du jour du  Conseil européen des 28 et 29 juin. L'un des dossiers brûlants qui attend les chefs d'État et de gouvernement c'est le navire Lifeline qui cherche toujours un port où s'amarrer. Ce bateau d'une ONG allemande se trouve au large des côtes maltaises avec 239 migrants à bord.


Les ports italiens sont et seront fermés à ceux qui aident les trafiquants d'êtres humains.

Matteo Salvini

Et alors que l'Italie et Malte lui ont interdit d'accoster, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini s'est envolé lundi matin pour la Libye pour rencontrer les autorités du pays sur la question des migrants.
 

Tweet du ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini "Mission Libye, c'est parti !"
Tweet du ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini "Mission Libye, c'est parti !"
© Twitter / Matteo Salvini

Depuis mercredi, au moins 2000 migrants ont été secourus au large de Tripoli par les garde-côtes libyens. Une action saluée par Matteo Salvini qui recommande aux ONG de se tenir à l'écart de ces opérations dont le but est de ramener les migrants... en Libye. Loin du rêve européen.