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Débordements à Bordeaux en fin de manifestation des "gilets jaunes"

Heurts en marge de la mobilisation des "gilets jaunes", à Bordeaux, le 8 décembre 2018
Heurts en marge de la mobilisation des "gilets jaunes", à Bordeaux, le 8 décembre 2018
afp.com - Nicolas TUCAT
A Bordeaux, le 8 décembre 2018, un "gilet jaune" s'agenouille devant les forces de l'ordre, en signe de soutien aux lycéens interpellés cette semaine Mantes-la-Jolie
A Bordeaux, le 8 décembre 2018, un "gilet jaune" s'agenouille devant les forces de l'ordre, en signe de soutien aux lycéens interpellés cette semaine Mantes-la-Jolie
afp.com - NICOLAS TUCAT
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Barricades incendiées en pleine rue piétonne décorée pour Noël, épais gaz lacrymogène faisant disparaître la cathédrale et la mairie : le centre de Bordeaux a connu samedi de gros débordements lors de l'acte IV de la mobilisation des "gilets jaunes".

La manifestation avait pourtant bien commencé et s'était déroulée dans le calme, les "gilets jaunes" s'étirant par petits groupes dans le centre où les Bordelais faisaient tranquillement leurs courses de Noël.

Des groupes de "gilets jaunes" avaient même fraternisé avec les manifestants pour le climat, qui avaient accepté de dérouter leurs parcours pour rester loin de la mairie, où s'étaient cristallisées les violences des "gilets jaunes" ces deux derniers samedis.

C'est encore là que la situation a dégénéré en fin d'après-midi, sur cette place Pey Berland, bordée par la mairie et la cathédrale Saint-André, où des éléments incontrôlés ont affronté les forces de l'ordre.

Des "gilets jaunes", partisans d'une manifestation pacifique, ont tenté en vain de les dissuader, certains se mettant à genoux, d'autres agitant de grands drapeaux blancs et huant les casseurs.

Cette fois-ci, la grille donnant accès à la cour de la mairie d'Alain Juppé, cible des "gilets jaunes" samedi dernier, est restée protégée par de nombreux véhicules des forces de l'ordre, dont deux blindés de la gendarmerie.

Le long de la cathédrale, les affrontements sont vite devenus violents, la place disparaissant sous les fumigènes et les gaz lacrymogènes qui rejetaient les passants dans les rues adjacentes.

Un jeune homme a eu la main arrachée par une grenade qu'il avait ramassée quand elle lui a explosé dans la main, selon une source judiciaire.

- Frondes et pavés -

Sous le bruit des pales d'un hélicoptère de la police qui a survolé la ville tout l'après-midi, les secours ont évacué plusieurs blessés.

Dans la soirée, une source judiciaire mentionnait un CRS atteint par un jet de pierres et une personne âgée qui ne participait pas au mouvement mais a fait un malaise.

Les forces de l'ordre ont mené de nombreux assauts et fait usage de gaz lacrymogène contre les casseurs qui ont allumé des feux, utilisé des frondes et jeté des pavés.

Dans la soirée, les pompiers ont dû éteindre une à une de nombreuses barricades incendiées sur le cours Alsace-Lorraine, puis sur la rue Sainte-Catherine, la plus grande artère piétonne commerçante de la ville, scintillant de toutes les lumières de Noël.

Car contrairement à Paris, le centre de Bordeaux accueillait son lot habituel de consommateurs à l'approche des fêtes et des boutiques ont dû fermer précipitamment leurs devantures.

Les casseurs se dispersaient lentement dans la soirée, mais les transports n'étaient pas rétablis, notamment parce que des barricades enflammées ont endommagé des rails du tramway.

"C'est la première fois que je me fais gazer", disait Christian, un "gilet jaune" de 55 ans. "Le problème, c'est qu'on va parler des casseurs et pas des revendications".

Bilan: quarante-quatre personnes ont été interpellées à Bordeaux, dont 25 ont été placées en garde à vue, selon la préfecture.