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Déconfinement en France : écoles, transports, entreprises... les précisions d'Édouard Philippe

Le Premier ministre français, Edouard Philippe, présente les mesures de déconfinement, le 7 mai 2020<br />
 
Le Premier ministre français, Edouard Philippe, présente les mesures de déconfinement, le 7 mai 2020
 
​©Christophe Archambault/Pool Photo via AP

Ce jeudi 7 mai, le Premier ministre français, Edouard Philippe, était attendu sur les mesures concrètes appliquées à partir du 11 mai pour lutter contre le coronavirus. A cette date la France entamera un long processus de déconfinement. Ecoles, santé, transports, entreprises... Que faut-il retenir ? Revue de détails.

La France franchit "une nouvelle étape", c'est "une bonne nouvelle" s'est réjoui Edouard Philippe. Mais, souligne le Premier ministre, le processus sera "très progressif, au minimum sur plusieurs semaines pour sortir doucement mais sûrement du confinement".
 

 

La France coupée en deux 

"Une bonne nouvelle : nous sommes en mesure de valider le déconfinement sur l'ensemble du territoire métroplitain. Une moins bonne nouvelle : certains départements ont des résultats moins bons qu'espérés. Le pays est divisé en deux", a-t-il expliqué.

Dans la majeure partie du pays l'épidémie a été freinée : ce sont les départements en verts. "S'ils se maintiennent en vert dans les trois prochaines semaines, on pourra envisager une nouvelle étape de déconfinement comme l'ouverture des cafés et des restaurants", a précisé le chef du gouvernement français.

Dans d'autres départements le virus circule activement ou l'hôpital reste en forte tension : ce sont les départements en rouge. "Le déconfinement y est possible avec certaines restrictions : pas d'ouverture des collèges et des parcs et jardins". Les régions Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France et l'Ile-de-France, en métropole, ainsi que Mayotte, en outre-mer, sont concernées.
 
Carte de France du déconfinement, le 7 mai 2020.<br />
​©Ministère des Solidarités et de la Santé
Carte de France du déconfinement, le 7 mai 2020.
​©Ministère des Solidarités et de la Santé
 

Deux zones problématiques

Deux régions sont particulières : Mayotte et la région Ile-de-France.
A Mayotte, le nombre de cas est faible mais il est en augmentation. Le déconfinement sera retardé afin de pouvoir maitriser l'épidémie. L'attestation de sortie reste obligatoire dans le département français d'Outre-mer.

(Re)voir: Coronavirus en France : à Mayotte, le confinement maintenu après le 11 mai
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En Ile-de-France, "le nombre de cas baisse lentement mais il reste plus élevé que ce que nous espérions. Le déconfinement est possible mais la discipline devra être renforcée". Ce sera détaillé par la suite par le gouvernement.

Dans les transports en commun, notamment en Ile-de-France, des règles très strictes seront imposées durant les trois premières semaines du déconfinement afin d'éviter que ces transports "ne se transforment en vecteur de diffusion de l'épidémie". Edouard Philippe n'exclut pas de décider "des mesures supplémentaires si la situation ne s'améliore pas".
 

"Ne pas relâcher la vigilance"

Intervenant à son tour lors de ce point presse, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a détaillé les situations sanitaires dans les différents territoires de la République française. Il a aussi indiqué que le pays était près pour tester massivement.

Olivier Véran a aussi rappelé que le "virus n'a pas disparu" et qu'il ne faut en aucun cas "relâcher la vigilance". Gestes barrières et distanciation physique resteront au coeur du dispositif pour freiner l'épidémie dans les semaines à venir. Il enjoint également les personnes vulnérables (malades, âgées, handicapées...) à porter un masque à chacune de leur sortie ou en la présence d'autres personnes qui pourraient être porteuses du virus (petits-enfants par exemple).

Ces personnes vulnérables ne seront pas soumises à un confinement obligatoire. C'est le cas d'ailleurs dans les Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) qui ont très tôt été fermées aux visites extérieures. Le gouvernement a exclu assouplissement supplémentaire avant trois semaines, mais a promis une prime aux personnels de ces Ehpad. Ils recevront une prime de 1 500 euros, a annoncé le ministre de la Santé.

Voir aussi : "Confinés ensemble" épisode 9, la vie à l’Ehpad Bergeron-Grenier de Mansle
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La situation en Ile-de-France "nécessite la plus grande vigilance", a indiqué Olivier Véran, en appelant les habitants à "limiter leurs déplacements au strict nécessaire" et les entreprises à maintenir les mesures de protection.
 

Quid de l'école ?

Le ministre de l'Education Nationale a lui aussi apporté des précisions. Un protocole sanitaire très strict a été décidé avant la réouverture des établissements scolaires.

Lundi 11 mai ce sera la pré-rentrée pour les professeurs. Tous les élèves ne seront pas accueillis en même temps. Seront privilégiées les classes dites "charnières" : grande section de maternelle, CP (où l'élève apprend à lire) et CM2 (avant l'entrée au collège). Egalement certains élèves seront prioritaires : ceux en situation de handicap, les enfants de personnels soignants, ou les enfants en difficulté scolaire (environ 4% des élèves selon l'Éducation Nationale). 

Cette reprise de l'école sera progressive. Les groupes d'élèves présents en classe ne dépasseront pas 15 en école élémentaire, 10 en maternelle. "1 million d'élèves retourneront en classe la semaine prochaine", accueillis par environ 130.000 professeurs, a indiqué Jean-Michel Blanquer.

Quant aux collèges, ils n'ouvriront qu'à partir du 18 mai, en zone verte uniquement a indiqué le ministre.
 

Masque obligatoire dans les transports

Le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun pour les passagers de 11 ans et plus. Les contrevenants seront passibles d'une amende de 135 euros, a pour sa part indiqué la ministre de la Transition écologique, qui a la tutelle des Transports.

En Ile-de-France, l'accès aux transports en commun sera "réservé aux heures de pointe aux personnes détenant une attestation de leur employeur ou ayant un motif impérieux pour se déplacer", a ajouté Élisabeth Borne. 

Les déplacements inter-régionaux seront fortement limités lors de cette première phase de déconfinement. L'offre des TGV et intercités sera "volontairement réduite". Ainsi "nous passerons de 20% la 11 mai à 40% fin mai", où le week-end prolongé de l'Ascension aurait pu créer une ruée vers les trains.
 

Plus d'attestation de sortie

"A partir de ce lundi 11 mai, la liberté de circulation sera rétablie et il sera possible de sortir librement dans la rue sans attestation, quelque soit le département, à l'exception de Mayotte". Le ministre de l'Intérieur confirme ainsi ce qui avait déjà été annoncé par le Premier ministre un peu plus tôt.

Christophe Castaner précise en outre que les déplacements seront limités à 100 kilomètres "sauf pour motif professionnel ou famillial impérieux". Pour ces déplacements il faudra se munir d'une nouvelle attestation qui sera mise en ligne sur le site du ministère de l'Intérieur


Les bibliothèques, médiathèques, petits musées pourront rouvrir le 11 mai, comme l'avait déjà annoncé Emmanuel Macron lors de son rendez-vous avec des représentants du secteur culturel. Les préfets publieront la listes des lieux qui rouvriront. Mais les cinémas, salles de spectacles, enceintes sportives... resteront fermés.

(Re)voir : Coronavirus en France : la réponse d'Emmanuel Macron au secteur culturel

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Le président français Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse avec le ministre de la Culture, Franck Riester, à sa gauche. Palais de l'Élysée, Paris, France, 6 mai 2020.
© Ludovic Marin / POOL via AP)

Les rassemblements devront rester limités à 10 personnes maximum, dans le respect des règles de distanciation physique. Ce seuil pourra être réévalué le 2 juin, a précisé Christophe Castaner. La règle concernant les plages, lacs et centres nautiques reste la même : ils seront fermés. Mais ils pourront être rouverts par les préfets sur demande des maires.
 

Frontières fermées

"Les frontières restent fermées jusqu'à nouvel ordre (...) Nous avons décidé de prolonger les restrictions mises en place jusqu'au 15 juin au moins", précise le ministre de l'Intérieur. "A ce stade", dit-il, "compte tenu de l'évolution de l'épidémie en Europe et au regard de l'alignement des mesures sanitaires entre pays européens", l'imposition d'une quatorzaine aux voyageurs entrants ne serait pas "appliquée à l'intérieur de l'espace européen".


Volet économique

Pour Bruno Le Maire, il faut relancer l'activité économique dans le respect des règles de sécurité sanitaire. Ainsi tous les commerces rouvriront le 11 mai à l'exception des bars et des restaurants. "Ce sont 400 000 entreprises qui représentent 875 000 emplois" qui rouvriront le 11 mai, a précisé le ministre de l’Économie.

Les centres commerciaux de plus de 40 000 mètres carrés en France pourront rouvrir le 11 mai "en accord avec les préfets, sauf en Ile-de-France" en raison de risques sanitaires persistants.

"L'Etat sera aux cotés des entrepreneurs : les indépendants, les très petites entreprises, les PME (...) et le fonds de solidarité de l'Etat sera maintenu jusqu'à la fin mai" ainsi que l'exonération de charges sociales entre mars et mai pour les petites entreprises ayant dû fermer sur décision administrative.

La ministre du Travail a pour sa part rappelé que la reprise du travail sur site ne doit pas se faire au mépris des règles essentielles de sécurité sanitaire. Muriel Pénicaud appelle les entreprises à recourir au maximum au télétravail et notamment en Ile-de-France où, dit-elle, "c'est crucial". Les horaires décalés doivent aussi être privilégiés afin de limiter le nombre de personnes sur le lieu de travail et dans les transports publics.