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Défense : l'avion de combat européen SCAF va prendre son envol

Le président Emmanuel Macron, le patron de Dassault Aviation Éric Trappier, le PDG d'Airbus Défense Espace Dirk Hoke, l'alors ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen et la ministre de la Défense française Florence Parly assistent au dévoilement du modèle du futur avion de combat européen fruit de la collaboration entre l'Allemagne, l'Espagne et la France au salon du Bourget le 17 juin 2019.
Le président Emmanuel Macron, le patron de Dassault Aviation Éric Trappier, le PDG d'Airbus Défense Espace Dirk Hoke, l'alors ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen et la ministre de la Défense française Florence Parly assistent au dévoilement du modèle du futur avion de combat européen fruit de la collaboration entre l'Allemagne, l'Espagne et la France au salon du Bourget le 17 juin 2019.
© Benoit Tessier/Pool via AP

Les industriels sont enfin parvenus à un accord pour le coûteux et complexe projet d'avion de combat européen, après plus d'un an de tiraillements entre Dassault et Airbus. Un accord salué par l’Élysée et le ministère de la Défense allemand.

"Après des négociations intenses, un accord entre industriels a pu être atteint pour la prochain phase du programme" de Système de combat aérien du futur (SCAF), a indiqué le ministère allemand de la Défense dans un communiqué diffusé à Berlin.
 
 
"L'accord politique sur le SCAF est un grand pas en avant et - surtout dans le contexte international actuel - un signal important de l'excellente coopération entre la France, l'Allemagne et l'Espagne", a réagi la présidence française dans un communiqué, soulignant que "la France assure le rôle de chef de file du projet".
 
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"Nous pouvons confirmer que les discussions entre l'industrie et les gouvernements sur la prochaine phase du SCAF ont abouti, ce qui représente un grand pas en avant pour ce programme phare de défense européen", a réagi pour sa part l'avionneur européen Airbus.
 
"Maintenant, un certain nombre d'étapes formelles dans les pays respectifs doivent être franchies afin de permettre une signature rapide du contrat auquel nous devrons nous conformer", a-t-il ajouté.

Un négociation longue

Lancé en 2017, le Système de combat aérien du futur (SCAF), qui inclut aussi des drones, est censé entrer en service à l'horizon 2040. Mais il s'est heurté à beaucoup de difficultés. Un commission du Sénat s'était penchée sur la question dès mars 2021 et le patron de Dassault Éric Trappier avait été interrogé sur la faisabilité de ce projet. 
 
Fin août 2021, les trois pays concernés, la France, l'Allemagne et l'Espagne, avaient signé un accord prévoyant 3,6 milliards d'euros d'études détaillées pour lancer en 2025 la construction d'un démonstrateur en vol. Mais les contrats n'avaient pas été passés faute d'accord sur le partage des tâches entre le constructeur français Dassault Aviation et son partenaire principal, Airbus.
 
Airbus et Dassault ne parvenaient pas à s'entendre sur la répartition des tâches sur le pilier 1 - l'avion de combat proprement dit - dernier des neufs piliers du programme sur lequel achoppaient les discussions entre industriels. Mais Airbus avait manifesté le 14 novembre son optimisme quant à un accord avant la fin de l'année avec Dassault.

Cet accord indispensable à la poursuite du programme intervient alors que la Première ministre française Élisabeth Borne est attendue le 25 novembre en Allemagne, où elle rencontrera le chancelier Olaf Scholz.
 
Cette visite sera l'occasion pour Paris de remettre de l'huile dans les rouages du moteur franco-allemand qui s'était grippé sur les questions énergétiques et de défense.

Remplacer le Rafale et l’Eurofighter

 Le programme SCAF est un "système de systèmes" qui s'articule autour de l'avion avec des drones accompagnateurs, le tout connecté, via un "cloud de combat", avec les autres moyens militaires engagés dans une opération.

Il est censé remplacer en 2040 les Rafale français et Eurofighter allemands et espagnols. Le coût total du programme - quelque 100 milliards d'euros évoqués - est tel qu'il n'est pas envisageable de le mener à l'échelle nationale, mais européenne, ont souligné ses promoteurs.
 
Mais la coopération franco-allemande dans le domaine de la défense a peiné à se concrétiser sur plusieurs projets, outre le SCAF: le programme de nouveau char de combat dit MGCS, censé entrer en service vers 2035, reste embourbé dans les rivalités entre le franco-allemand KNDS -regroupant l'allemand KMW et le français Nexter- et l'allemand Rheinmetall.
 
En annonçant fin février une enveloppe de 100 milliards d'euros pour la défense, Olaf Scholz avait rappelé que le SCAF et le MGCS constituaient une "priorité absolue" et ce, malgré l'achat récent d'avions américains F-35, qui serviront principalement à Berlin pour transporter les missiles nucléaires américains dans le cadre des opérations de dissuasion de l'Otan.
 
D'autres projets franco-allemands de défense ont connu des hoquets, voire été de facto abandonnés, dont la modernisation des hélicoptères Tigre, un missile et un système d'artillerie, au moment où l'invasion de l'Ukraine par la Russie pose avec acuité la question d'un renforcement des capacités de défense européennes.
 
En revanche, après là aussi un gros retard à l'allumage, le programme Eurodrone a été notifié au début de l'année à Airbus, son chef de file industriel.
Concurrent du SCAF, le programme Tempest porté par la Grande-Bretagne -l'Italie et la Suède sont également partenaires- a franchi un jalon en juillet dernier quand il a été annoncé qu'un pré-prototype volerait "dans les cinq prochaines années".