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Démantèlement à Lyon d’un réseau de trafiquants de stupéfiants "ubérisé"

La police du Rhône a démantelé entre juin et novembre un réseau de livraison de stupéfiants très lucratif qui sévissait dans l'ensemble de l’agglomération lyonnaise
La police du Rhône a démantelé entre juin et novembre un réseau de livraison de stupéfiants très lucratif qui sévissait dans l'ensemble de l’agglomération lyonnaise
afp.com - FLORIAN DAVID

Au terme d'une enquête au long cours, la police du Rhône a annoncé vendredi avoir démantelé entre juin et novembre un réseau de livraison de stupéfiants très lucratif qui sévissait dans l'ensemble de l’agglomération lyonnaise.

C'est un banal contrôle routier sur la voie publique à l'automne 2019 qui a mis les enquêteurs sur la piste de ce réseau "organisé, structuré et pyramidal" ayant notamment prospéré à la faveur du premier confinement, a annoncé à l'AFP la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Rhône.

La police avait alors saisi une carte de visite, assortie d'un échantillon, d'une société faisant la promotion de livraison de stupéfiants, permettant un premier coup de filet après plusieurs mois d'enquête. Onze suspects avaient été arrêtés en juin dernier, dont les dirigeants du réseau qui ont mis la patience des enquêteurs à rude épreuve en utilisant des messageries cryptées et changeant très souvent de numéro de téléphone.

Et le 16 novembre, d'autres suspects ont pu été interpellés, portant à 14 le nombre de mises en examen, dont 9 placements en détention provisoire. La plupart des suspects sont connus des services pour trafic, selon la DDSP.

Le réseau permettait à plus de 700 clients de passer commande de leurs produits - de l'herbe de cannabis et parfois de la cocaïne - et d'être fournis à domicile par une équipe de livreurs en voiture.

Selon les enquêteurs, les trafiquants ont pu dégager des bénéfices de plusieurs centaines de milliers d’euros, fruit de la vente estimée de près de 80 kg d’herbe. Lors des perquisitions, 8 kg d’herbe de cannabis et 82 grammes de cocaïne ont été saisis ainsi que 15.000 euros en espèces, des livres de comptes et des armes, dont un fusil à double canon.

Fonctionnant sur un modèle d'entreprise très moderne et hiérarchisée, le réseau avait à sa tête un dirigeant qui s'occupait de la stratégie et veillait au chiffre d'affaires et à la gestion des stocks des livreurs.

Plusieurs adjoints assuraient le réapprovisionnement des lieux de stockage, des appartements loués, et une standardiste gérait une plateforme téléphonique.

Les livreurs, réapprovisionnés chaque jour, devaient assurer un minimum quotidien de transactions à bord de voitures pourvues de caches derrière le tableau de bord.

Selon les enquêteurs, un livreur particulièrement productif a effectué en 90 jours l'année dernière plus de 2.000 livraisons pour un montant de 114.000 euros.