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Démission d'Abdelaziz Bouteflika : et après ?

Scènes de liesses à Algers après la démission du président Abdelaziz Bouteflika
Scènes de liesses à Algers après la démission du président Abdelaziz Bouteflika
Anis Belghoul / © AP Images

Les réactions internationales se multiplient après la démission du chef de l'Etat algérien. Mais la pression de la rue ne faiblit pas. Les manifestants exigent la chute du "système" Bouteflika tout entier. Selon la constitution, une transition doit être mis en place pour une durée maximale de 90 jours.

La première réaction internationale est française. L'ancienne puissance coloniale, par la voix de Jean-Yves le Drian, ministre des Affaires étrangères affirme être " confiants dans la capacité de tous les Algériens à poursuivre cette transition démocratique dans ce même esprit de calme et de responsabilité" qui a prévalu ces dernières semaines.

Dans la foulée, le département d'état américain a ajouté qu'il revanait "aux Algériens de décider comment gérer cette transition". Dans les faits, la constitution est clair. En cas de démission du chef de l'Etat, c'est le président du Conseil de la Nation, la chambre haute du Parlement, qui doit assurer l'intérim  durant une période maximale de 90 jours au cours de laquelle une présidentielle doit être organisée.
C'est Abdelkader Bensalah, 77 ans, qui doit théoriquement jouer ce rôle.
Mais ce cacique du régime, qui préside le Conseil de la Nation depuis 2002 est vivement contesté par la rue.

Quels scénarios pour la suite ?

Le plus haut gradé de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, avait prévenu juste avant la démission du chef de l'Etat que les militaires n'appliqueraient pas "de décisions prises hors du cadre institutionnel par des entités non habilitées." Une allusion à l'entourage omniprésent d'Abdelaziz Bouteflika.

Cette "accélération des événements (...) montre la rupture de confiance entre l'armée et le pôle présidentiel après plusieurs années de caution militaire à Bouteflika et de caution civile à l'armée", explique  Hasni Abidi, directeur du Centre d'Etudes et de Recherche sur le monde arabe et méditerranéen, à Genève.

Devant la Grande poste d'Alger,  Toufik, informaticien de 38 ans, "remercie l'armée" tout en soulignant que "maintenant, c'est au peuple de négocier la transition".