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Djihadisme en France : 9 ans de prison pour Anne Diana, la soeur des frères Clain

Ici en photo Fabien Clain, la "voix de Daech", dont la soeur Anne Diana comparaît depuis le 19 novembre devant le tribunal correctionnel de Paris. © France2, partenaire de TV5MONDE.
Ici en photo Fabien Clain, la "voix de Daech", dont la soeur Anne Diana comparaît depuis le 19 novembre devant le tribunal correctionnel de Paris. © France2, partenaire de TV5MONDE.

Dans la "djihadosphère" française, la famille Clain est tristement célèbre.
Anne Diana Clain, la soeur ainée de Fabien et Jean-Michel, qui furent les voix francophones du groupe Etat islamique, vient d'être condamnée à neuf ans de prison. Entre 2015 et 2016, elle a tenté de rejoindre ses frères en Syrie, accompagnée de son mari et de ses quatre enfants.

Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu Anne Diana Clain, coupable du "délit d'association de malfaiteurs à visée terroriste". Sa peine est assortie d'une période de sûreté de 6 ans. Son époux Mohamed Amri, un Tunisien de 58 ans, est également condamné à dix ans de prison, dont deux tiers de sûreté et une interdiction définitive de mettre un pied sur le territoire français.

Anne Diana Clain, une femme de 44 ans aux longs cheveux ondulés, mère de six enfants, comparait depuis mardi 19 novembre aux côtés de son époux Mohamed Amri, un Tunisien de 58 ans, petite barbe grise et cheveux noués sur la nuque.


Tous deux, surveillés dans le box par quatre policiers cagoulés, sont détenus depuis leur expulsion par les autorités turques il y a trois ans. Pendant deux jours, ils ont comparu pour association de malfaiteurs à visée terroriste, pour avoir tenté sans succès de rejoindre la famille Clain en Syrie entre 2015 et 2016.

Un "acharnement à vouloir passer en Syrie"

La présidente du tribunal correctionnel, Isabelle Prévost-Desprez, a pointé du doigt leur "acharnement à vouloir passer en Syrie". "Ce projet a échoué contre votre volonté, jamais vous n'y avez renoncé volontairement", a souligné la présidente à l'attention des prévenus, pas même après les attentats du 13 novembre 2015 revendiqués depuis la Syrie par les frères d'Anne Diana, Jean-Michel et Fabien Clain, devenus propagandistes de l'organisation Etat islamique.

"Vous avez entraîné vos enfants dans ce périple mortifère jusqu'à votre interpellation en Turquie à la frontière syrienne", a insisté la présidente, dénonçant des faits "d'une extrême gravité". A l'énoncé du jugement, les proches du couple, dont leurs enfants, ont éclaté en sanglots.

Ce projet a remis sur le devant de la scène judiciaire ce clan familial décrit par un ancien proche comme une "secte" extrémiste et converti à l'islam dès 1999 par Mohamed Amri. Anne Diana Clain écrivait l'an dernier à ses juges avoir "appris de ses erreurs" après avoir cru à "l'utopie" de l'EI, et être "déçue" que ses proches "soient devenus aussi haineux". Le tribunal devra évaluer sa sincérité.

Les frères Clain, propagandistes de Daech

Entre 2014 et 2015, toute sa famille, qui fut au coeur de la mouvance islamiste radicale toulousaine, avait gagné les zones tenues par l'organisation État islamique (EI): d'abord son frère Jean-Michel et ses proches, puis Fabien, sa famille et leur mère Marie-Rosane. Mais aussi les deux filles aînées d'Anne Diana et sa demi-soeur, avec maris et enfants.

Fabien et Jean-Michel Clain, devenus propagandistes de l'EI, enregistreront de 2015 à 2018 de nombreux messages et chants ultra-violents en français, en particulier la revendication des attentats sanglants du 13 novembre 2015. Ils ont été tués en février par des frappes de la coalition internationale à Baghouz, ultime bastion de l'organisation.

Anne Diana Clain, Mohamed Amri, leurs trois enfants et son fils issu d'un précédent mariage, tous mineurs, avaient pris la route de la Syrie en août 2015, via la Grèce.
Devant les enquêteurs, elle a expliqué qu'il s'agissait de partir vivre dans un "État musulman".

Leur périple s'était d'abord arrêté à la frontière gréco-turque. Après huit mois d'attente en Bulgarie, ils étaient finalement passés en Turquie mais avaient été interceptés en juillet 2016 alors qu'ils s'apprêtaient à entrer en Syrie, incarcérés, puis expulsés.