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Donald Trump : langage, gestuelle et comportements d'un président malade ?

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Les réponses par Twitter du président américain à la publication d'un livre questionnant sa santé et capacités mentales, au lieu de lever le doute, l'ont amplifié. Donald Trump est-il sain d'esprit ? Retour sur les différentes analyses et observations faites sur la personnalité et la pathologie possible du 45ème président des Etats-Unis d'Amérique.

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"Je suis un génie stable !" C'est ainsi que Donald Trump a conclu une série de tweets visant à répondre aux accusations sur sa santé mentale publiées dans l'ouvrage de Michael Wolff, "Le feu et la colère, dans la Maison Blanche de Trump". Cette auto-définition du président américain, qui confine à la mégalomanie, ne réussit donc pas à rassurer ceux qui pensent que Donald Trump n'est pas "normal" et pourrait être atteint d'un syndrome psychiatrique ou d'une pathologie neurologique. Ces suspiscions de maladie psychique ne sont pas récentes, puisque dès les premiers mois de la campagne électorale, de nombreux spécialistes en santé mentale s'étaient penchés sur "le cas Trump". Le locataire de la Maison Blanche est-il sain d'esprit, touché par une maladie neurologique, ou simplement une personne égocentrique, limitée intellectuellement et colérique ? 

Trump, le désinhibé ?

Au cours de la campagne de 2016, les "sorties" du candidat Trump ont interloqué les observateurs. Politiques, puis médicaux. Un futur président qui parle "d'attraper les femmes par la chatte" a-t-il tous ses esprits ? Le lendemain d'une interview dans laquelle une journaliste lui avait posé des questions qui ne lui avaient pas plu, Donald Trump expliquait sur une autre chaîne de télévison qu'il n'avait "pas beaucoup de respect pour elle" (Hillary Clinton) et que lors du débat, "on pouvait voir du sang sortir de ses yeux, du sang sortir de son… où que ce soit."

Mais déjà auparavant, sur Twitter, Trump était un adepte des phrases ou des tweets indécents, déplacés, ou totalement mensongers, à la limite du délirant. Ainsi Trump a continué à croire et propager la fausse information de la naissance de Barak Obama hors des frontières américaines, jusqu'à que l'ancien président américain de 2008 à 2016 ne se sente obligé de publier son extrait de naissance…

Cette désinhibition très poussée — la faculté à dire tout haut ce que l'on pense, à embarrasser les autres ou soi-même par une faculté à ne pas parvenir à contrôler ses émotions — a étonné, inquiété, et poussé certains observateurs à en rechercher les causes. En 2011, à propos de Khadafi, l'homme d'affaires se vantait ainsi : "Je lui ai loué une partie d'un terrain. Il m'a payé plus pour une nuit que ce que valait le terrain pour deux ans. Et puis je ne l'ai pas laissé utiliser ce terrain. C'est ça qu'on devrait faire ! Je ne veux pas utiliser le mot 'niquer', mais je l'ai niqué." En 2014, une comique qui se moquait de Donald Trump a vu ce tweet passer : 
 

Les signes d'une pathologie mentale ?

En octobre 2017, après presque un an de mandat, 27 éminents psychiatres et psychologues ont publié un ouvrage collectif sur la question de la santé mentale du président américain : "The Dangerous Case of Donald Trump" ("Le dangereux cas de Donald Trump"). Pour ces professionnels de la santé, le 45ème président "montre des signes d’instabilité mentale, ce qui le rend dangereux pour la sécurité nationale et internationale", et jugent qu'il "est de leur devoir de prévenir le public".
Dans la liste très longue des traits pathologiques de Trump, les psychiatres et psychologues relèvent : l'impulsivité, l'imprudence ou la paranoïa, qui lui fait voir des menaces là où il n'y en a pas.

Des traits psychologiques très inquiétants sont présents chez cet homme de pouvoir, comme le manque d'empathie, et les professsionnels d'expliquer que "la destruction d’autres personnes n'a pas d'importance pour lui".  Selon Bandy Lee, professeure de psychiatrie légale de l’université de Yale, qui a coordonné l’ouvrage, Donald Trump "a montré des signes de déficience et de handicap mental lors de circonstances ordinaires, en étant difficilement capable de supporter les critiques ou les nouvelles peu flatteuses. Des facteurs de stress supplémentaires comme une inculpation vont assurément empirer son état". 

Dès février 2017, John Gartnerun psychiatre américain, avait lancé une pétition demandant que Trump soit relevé de ses fonctions. Les 25 000 professionnels de santé qui l'ont alors signée, invoquaient le 25e amendement de la Constitution américaine qui prévoit la destitution d'un président "inapte à exercer ses fonctions".  Pour Gartner, Donald Trump est atteint de folie. Plus précisément de "narcissisme malfaisant" selon ces spécialistes. Une psychologue, Julie Futrell, expliquait dans les colonnes du New York Daily News les conséquences de ce narcissime pathologique est avérée pour elle, tout comme pour les signataires de la pétition : "Ce narcissisme empêche son habilité à voir la réalité, donc vous ne pouvez pas utiliser la logique pour persuader une personne comme ça de penser autrement." Des collectifs de psychiatres, de psychologues continuent de faire des constats en lien avec l'état psychique défaillant du président américain, indiquant par exemple qu'il "réinvente l'Histoire et ne voit pas l'intérêt d'être rationnel". 

Très inquiétant.

Les signes visibles d'une maladie neurologique ? 

Pour le célèbre psychiatre Allen Frances "Trump peut être un narcissique de première classe, ça n'en fait pas un malade mental parce qu'il ne souffre pas de la détresse et de la déficience qui conduisent au diagnostic d'un trouble mental" estimait-il dans le New-York Times. Et d'ajouter : "Un mauvais comportement est rarement un signe de maladie mentale, et il est rare que les malades mentaux se comportent mal.

La piste d'une maladie dégénérative, créant des troubles de la cognition et du comportement, a donc été suivie par certains. Les spécialistes ont noté un appauvrissement stupéfiant du vocabulaire de Donald Trump en 10 ans. Ses interventions publiques ont été analysées avec des moyens informatiques et il est ressorti que la variété des mots utilisés par le président était de plus en plus réduite et que les répétitions augmentaient avec le temps. Ce constat linguistique, additionné à une jovialité excessive, une propension aux farces et aux calembours, une excitation doublée de troubles du langage, évoquent pour les professionnels une maladie de Pick, qui est une démence rare. Les explications sur la maladie de Pick sont très parlantes si elles sont mises en lien avec le comportement de Donald Trump, tel qu'il est perçu, mais aussi dans son quotidien à la Maison Blanche, tel que l'ouvrage de Wolff le décrit : 


"Des troubles du comportement, dits frontaux, parce qu'ils traduisent une désinhibition : indifférent et passif par moments, le malade devient excité, sans aucune inhibition ni respect de l'étiquette sociale. Il peut par exemple : voler, être grivois ou insulter l'entourage et se déshabiller en public, voire se livrer à des actes indécents... Des comportements stéréotypés sont possibles avec des signes montrant une dégénérescence du cerveau frontal, notamment la préhension forcée : la fameuse poignée de main qui gêne les dirigeants étrangers". 

Article de l'Express : Donald Trump débute-t-il une maladie de Pick?

Récemment, en décembre 2017, lors d'un discours de Donald Trump sur la sécurité nationale, un détail très étrange n'a pas échappé aux observateurs. Le président saisit un verre d'eau, plein pour le porter à sa bouche, mais avec ses deux mains. Comme le font les petits enfants, pas encore assez adroits. Cette séquence a inspiré une vidéo moqueuse au HuffingtonPost, mais au delà de la drôlerie que ce geste peut évoquer, celui-ci est aussi souvent le signe d'une déficience ou d'une démence sénile :
 

Selon un algorithme développé pour la Navy (article en anglais), le vocabulaire et la syntaxe des discours de Donald Trump durant la campagne présidentielle étaient équivalents au niveau de compréhension d’un écolier de 9 à 10 ans. Les analystes soulignent des phénomènes très précis qui dénotent les symptômes d'une démence sénile ou d'une dégénérescence neurologique : mots manquants, manque d’attention, passage du coq à l’âne sans logique, syntaxe torturée, incapacité à développer une pensée élaborée, substitution de noms spécifiques par "chose".

Les révélations de nombreuses sources proches de Donald Trump contenues dans le livre "Le feu et la colère, dans la Maison Blanche de Trump" ont obligé Rex Tillerson à défendre la santé mentale du président qui s'est empressé lui-même de se déclarer très intelligent, stable et même un "génie stable". Mais Donald Trump a-t-il vraiment compris que ce n'était pas son intelligence "d'origine" en tant que telle qui était controversée, mais plutôt ses capacités cognitives actuelles, visiblement déclinantes ?

Rien n'est moins certain. Et c'est là tout le problème…