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Élection présidentielle en France : mode d'emploi de la campagne officielle

À Suce sur Erdre, dans l'Ouest de la France, en pleine campagne d'affichage. La campagne officielle commence ce 28 mars 2022. Le premier tour de l'élection présidentielle est dimanche 10 avril.
À Suce sur Erdre, dans l'Ouest de la France, en pleine campagne d'affichage. La campagne officielle commence ce 28 mars 2022. Le premier tour de l'élection présidentielle est dimanche 10 avril.
© AP Photo/Jeremias Gonzalez

La campagne officielle ayant démarré le 28 mars, les candidats désignés s'apprêtent à rentrer dans la "période de réserve" ce vendredi 8 avril, leur interdisant de diffuser tout message de propagande jusqu'au premier tour. Qu'est-ce qu'une campagne officielle ? Comment fonctionne-t-elle ? Mode d'emploi.

Eclipsée en partie par le guerre en Ukraine et la pandémie de Covid-19, la campagne électorale pour les présidentielles françaises est entrée dans sa phase finale. Depuis le 28 mars, les règles ont changé pour les candidats qui n'avaient plus que deux semaines pour achever de convaincre les électeurs.

(RE)voir : France : démarrage de la campagne présidentielle officielle
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Les règles de la campagne électorale sont fixées par l'Arcom (Autorité publique française de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, anciennement Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) et le code électoral. Cette campagne se déroule en trois temps.

Une première période du 1er janvier au 7 mars, veille du jour de la publication de la liste des candidats. Pendant cette période, les médias "veillent à l’équité des temps de parole et des temps d’antenne des candidats et de leurs soutiens".

Un deuxième période à partir du 8 mars, jour de la publication au Journal officiel de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel jusqu’au 27 mars, où "l’équité des temps de parole et des temps d’antenne entre les candidats et leurs soutiens doit être respectée dans des conditions de programmation comparables" par les médias.

Et enfin, la période de campagne électorale officielle à partir du 28 mars qui est définie par le code électoral. À partir de ce moment "les services de télévision et de radio doivent respecter l’égalité des temps de parole et des temps d’antenne dans des conditions de programmation comparables ".

"Équité" et "égalité" de temps de parole

La différence est subtile, mais de taille. On passe de "l'équité" du temps de parole, notion laissée à l'évaluation et l'interprétation des médias, à "l'égalité" des temps de paroles qui, elle, est chronométrée.

L'Arcom en donne une définition très claire. Il implique que les temps de parole et d’antenne des candidats et de leurs soutiens soient égaux, "dans des conditions de programmation comparables".

L’appréciation de la notion d’équité se fonde sur :
  • la représentativité des candidats, en particulier, les résultats obtenus aux plus récentes élections par les candidats ou les partis et groupements politiques qui les soutiennent;
  • le nombre et les catégories d’élus dont peuvent se prévaloir les formations politiques qui soutiennent les candidats et enfin les indications de sondages d’opinion;
  • la capacité à manifester concrètement leur implication dans la campagne : organisation de réunions publiques, déplacements et visites de terrain,  participation à des débats, désignation d’un mandataire financier, et plus généralement toute initiative permettant de porter à la connaissance du public les éléments de leurs programmes.

C’est ce qui explique pourquoi certains candidats, notamment ceux avoisinant les 1 ou 2% dans les sondages éprouvent des difficultés à faire entendre leur voix. Nicolas Dupont-Aignan déclarait ce 28 mars sur la radio France Inter qu'il menait "probablement" sa dernière campagne présidentielle.

(RE)lire : Présidentielle 2022 en France : qui sont les candidats ?
 

Temps de parole, affiches officielles, clips

Lundi 28 mars marque le début de la diffusion des spots télévisés des candidats. Tous les médias sont tenus à diffuser ces spots de campagne, mais ils choisissent à quel moment le faire. Un affichage public minimum est assuré par les pouvoirs publics aux prétendants à l’Élysée (panneaux électoraux) et l’État prend en charge l’envoi des professions de foi des candidats.
 
Affiches de campagne de Jean-Luc Mélenchon et de Nathalie Arthaud à Saint Pee sur Nivelle, dans le Sud-Ouest de la France. 
Affiches de campagne de Jean-Luc Mélenchon et de Nathalie Arthaud à Saint Pee sur Nivelle, dans le Sud-Ouest de la France. 
© AP Photo/Bob Edme
Le temps de parole des douze candidats à la présidentielle, du président Emmanuel Macron à la candidate de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud, est désormais décompté selon le principe d'égalité stricte. Chacun dispose ainsi du même temps d'antenne dans les médias.

Le principe d’égalité constitue une spécificité de la campagne présidentielle. Il résulte directement des textes législatifs relatifs à l’élection du président de la République qui prévoient une égalité entre les candidats à compter du début de la campagne officielle. 


Les relevés du temps de parole par médias (TF1, France Télévisions, Canal +, M6, C8, TMC, BFM TV, CNews, LCI, Franceinfo, RMC Découverte, RMC Story, Radio France, RTL, Europe 1, RMC, BFM Business, Radio Classique, Sud Radio, France 24, RFI, TV5 Monde, Euronews) peuvent être consultés via le site de l'Arcom.

Période de réserve

La veille et le jour du premier tour, les 9 et 10 avril, les candidats et les médias audiovisuels entreront dans la dernière phase de la campagne, la "période de réserve". Il est interdit de diffuser tout message de propagande électorale, afin de ne pas influencer le vote dans ses derniers instants.
Le second tour est prévu le 24 avril.

Si les sondages, résultats ou propos électoraux des candidats ne peuvent pas, non plus, être diffusés à l’antenne, l’Arcom (ou Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) rappelle en revanche que "les chaînes de télévision et les stations de radio peuvent diffuser des reportages sur le vote des candidats et des personnalités qui les soutiennent".