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Élections fédérales en Allemagne : les Allemands tournent la page Merkel dans un scrutin qui s'annonce serré

De gauche à droite apparaissent sur ces affiches dans un parc de Berlin les trois principaux candidats de ces élections fédérales, Annalena Baerbock pour les écologistes, Olaf Scholz du SPD et Armin Laschet de la CDU.
De gauche à droite apparaissent sur ces affiches dans un parc de Berlin les trois principaux candidats de ces élections fédérales, Annalena Baerbock pour les écologistes, Olaf Scholz du SPD et Armin Laschet de la CDU.
AP/Markus Schreiber

Les Allemands votent ce dimanche pour élire les députés du Bundestag. Le scrutin s'annonce serré. Les sociaux démocrates et les conservateurs se disputent la succession d'Angela Merkel qui va quitter la chancellerie après seize années de pouvoir.

Quelque 60,4 millions d'électeurs ont jusqu'à 18H00 (16H00 GMT) pour élire leurs députés et environ 40% se disaient encore indécis à quelques jours de ce vote crucial pour la première économie européenne.
Les élections législatives en Allemagne ont lieu tous les 4 ans.
Les élections législatives en Allemagne ont lieu tous les 4 ans.
TV5MONDE
Les sociaux-démocrates de l'actuel ministre des Finances Olaf Scholz devancent légèrement, avec 25%, les conservateurs d'Armin Laschet, crédités de 22 à 23%, un score historiquement bas, selon d'ultimes sondages.

Le pronostic est encore rendu plus compliqué par la prise en compte du vote par correspondance, privilégié par nombre d'électeurs, dont Angela Merkel. Le président de la République fédérale Frank-Walter Steinmeier a lui déposé son bulletin dimanche matin dans un bureau de Berlin.

Lire : Élections fédérales en Allemagne : comment ça marche ?

"Qui vote fait vivre la démocratie", a déclaré le président social-démocrate, appelant à se rendre aux urnes.
Le président de la République fédérale d'Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, en train de voter à Berlin, a appelé les citoyens allemands à se rendre aux urnes.
Le président de la République fédérale d'Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, en train de voter à Berlin, a appelé les citoyens allemands à se rendre aux urnes.
AP/Kai Pfaffenbach
Le nom du futur chancelier et la composition de sa probable majorité risquent ainsi de pas être connus dès dimanche soir. Angela Merkel, 67 ans dont plus de 30 en politique, restera aux commandes pour expédier les affaires courantes lors des tractations entre les partis.

Après s'être tenue à l'écart des joutes électorales, la chancelière a multiplié ces derniers jours les meetings pour soutenir Armin Laschet, en difficulté depuis l'été.

Remontada du SPD dans les sondages

L'engagement d'une chancelière dont la popularité reste au zénith suffira-t-il pour empêcher la victoire du SPD?  Longtemps englué à la troisième place des sondages, le SPD a effectué à partir de la mi-août une improbable remontada.
Le candidat du SPD, Olaf Scholz, vote ce 26 septembre 2021 à Postdam. L'ancien maire de Hambourg est donné favori des sondages.
Le candidat du SPD, Olaf Scholz, vote ce 26 septembre 2021 à Postdam. L'ancien maire de Hambourg est donné favori des sondages.
AP/Wolfgang Rattay
Les erreurs de ses adversaires, conjuguées au quasi sans-faute de son chef de file, ont permis de faire mentir les pronostics qui promettaient au SPD, l'un des plus vieux partis d'Europe, une mort lente.

Ancien maire de Hambourg, Olaf Scholz, bien que dénué de charisme, n'hésite pas à se poser, jusque dans la gestuelle, en véritable héritier d'Angela Merkel. Longtemps en tête de intentions de vote, les chrétiens-démocrates risquent eux de tomber pour la première fois depuis 1949 sous la barre symbolique des 30%.

Allemagne : Olaf Scholz, le candidat social-démocrate impopulaire devenu favori
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La CDU sous la barre des 30 % ?

Outre l'usure du pouvoir, l'union conservatrice a pâti de la mauvaise campagne de son candidat, maladroit et impopulaire. Président de la CDU et de la plus vaste région, la Rhénanie du nord-Westphalie, Armin Laschet a la réputation de toujours retomber sur ses pieds et de se défaire des adversaires les plus coriaces.
Armin Laschet, candidat de la CDU, vote à Aix-la-Chapelle. Pour la première fois depuis 1949 la CDU pourrait passer sous la barre des 30%.
Armin Laschet, candidat de la CDU, vote à Aix-la-Chapelle. Pour la première fois depuis 1949 la CDU pourrait passer sous la barre des 30%.
AP/Thilo Schmuelgen
Mais la marche semble cette fois bien haute pour l'ancien journaliste, qui a imposé sa candidature lors d'une terrible guerre des chefs contre le dirigeant bavarois Markus Söder. L'épouvantail d'une coalition de gauche, agité par les conservateurs, pourrait toutefois mobiliser les indécis.

Les Verts devraient se contenter de la troisième place, avec environ 17%.Ce score serait historique pour des Grünen qui n'ont jusqu'ici dépassé la barre des 10% qu'en 2009. Mais il leur laisserait un goût amer car ils étaient en avril encore en tête des sondages, dans une Allemagne inquiète du changement climatique, un sujet qui mobilise particulièrement les jeunes.

Lire : Annalena Baerbock : une chancelière verte pour prendre la suite d'Angela Merkel en Allemagne ?

La cheffe de file des Verts, Annalena Baerbock, 40 ans, a multiplié les couacs avant l'été, entre accusations de plagiat et primes non déclarées. Les Verts souhaitent participer au gouvernement, si possible avec les sociaux-démocrates. Pour la première fois depuis les années 1950, l'appoint d'un troisième parti devrait toutefois être nécessaire.

Le FDP "faiseur de roi" ?

Les libéraux du FDP apparaissent d'ores et déjà comme un potentiel "faiseur de roi".
La gauche radicale Die Linke semble être prête à participer mais devra d'abord renoncer à ses critiques contre l'Otan.

L'extrême droite sous les 10% ?

L'extrême droite AfD, entrée pour la première fois au Bundestag il y a quatre ans, devrait confirmer son ancrage parlementaire avec environ 10% mais reste exclue de toute coalition éventuelle.