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En France, le procès de Nicolas Sarkozy dans l'affaire des "écoutes" reporté de trois jours

L'ancien président français, Nicolas Sarkozy, à son arrivée au tribunal ce lundi 23 novembre 2020.
L'ancien président français, Nicolas Sarkozy, à son arrivée au tribunal ce lundi 23 novembre 2020.
© AP Photo/Michel Euler

Le procès de l'ancien président Nicolas Sarkozy pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire des "écoutes" a été suspendu lundi peu après son ouverture jusqu'à jeudi, le temps d'une expertise médicale sur l'état de santé d'un de ses coprévenus. Le tribunal correctionnel de Paris a "décidé d'ordonner une expertise médicale" de l'ancien haut magistrat Gilbert Azibert, 73 ans, absent à l'audience pour raisons médicales.

L'affaire des "écoutes", également appelée affaire "Bismuth", trouve son origine dans un autre dossier judiciaire: les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 qui lui valent une quadruple mise en examen.
Dans ce dossier, les juges avaient décidé en septembre 2013 de placer l'ancien président sur écoute et découvert, début 2014, qu'il utilisait une ligne secrète, sous l'alias "Paul Bismuth", pour communiquer avec Thierry Herzog. Selon l'accusation, certaines de leurs conversations ont révélé l'existence d'un pacte de corruption: Nicolas Sarkozy a, par l'intermédiaire de son avocat, envisagé d'apporter un "coup de pouce" à M. Azibert pour un poste à Monaco qu'il convoitait - et qu'il n'a jamais obtenu.

En contrepartie, ce haut magistrat a fourni des informations couvertes par le secret sur une procédure engagée par l'ex-chef d'Etat devant la Cour de cassation en marge de l'affaire Bettencourt. Nicolas Sarkozy, qui avait bénéficié d'un non-lieu dans ce dossier fin 2013, avait saisi la haute juridiction pour faire annuler la saisie de ses agendas présidentiels, susceptibles d'intéresser la justice dans d'autres procédures.

Dans les conversations fleuries avec son avocat, socle de l'accusation, l'ex-président s'engageait à intervenir en faveur de Gilbert Azibert. "Moi, je le fais monter", "je l'aiderai", dit-il ainsi à Me Herzog.

"Conversations entre amis"

Quelques jours plus tard, il déclare qu'il a renoncé à toute "démarche" auprès des autorités monégasques. Pour les enquêteurs, ce revirement soudain pourrait venir de la découverte par les deux hommes que leurs téléphones officieux étaient sur écoute.
"Tout ça, ce sont des petits bouts de phrase extraits d'un contexte", a balayé lundi matin sur FranceInfo Paul-Albert Iweins, avocat de M. Herzog, évoquant uniquement "des conversations entre amis de très longue date". "C'est une affaire que le général De Gaulle aurait qualifiée d'affaire de cornecul et dont on essaye de faire une affaire d'Etat", a-t-il ajouté. Dans un réquisitoire sévère en octobre 2017, le Parquet national financier (PNF) avait comparé les méthodes de Nicolas Sarkozy à celles d'"un délinquant chevronné".

Retiré de la politique depuis sa défaite à la primaire de la droite fin 2016 mais toujours très influent à LR, il encourt dix ans de prison et un million d'euros d'amende pour corruption et trafic d'influence, comme ses coprévenus - jugés en sus pour violation du secret professionnel.
Les trois prévenus contestent tout "pacte de corruption". "M. Azibert n'a rien obtenu, je n'ai pas fait de démarche et j'ai été débouté par la Cour de cassation" concernant les agendas, appuyait l'ancien président dès 2014. Il n'a eu cesse de dénoncer une instrumentalisation politique de la justice et a, sans succès, multiplié les recours.

Un procès inédit sous la Ve République

Un ex-chef de l'Etat jugé pour corruption, c'est une première sous la Ve République. Avant Nicolas Sarkozy, un seul ancien président, Jacques Chirac, a été jugé et condamné en 2011 pour les emplois fictifs de la Ville de Paris, mais sans avoir jamais comparu devant ses juges en raison de son état de santé.

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Dénonçant un "scandale qui restera dans les annales", Nicolas Sarkozy, 65 ans, a promis d'être "combatif" devant le tribunal et clamé ne pas être "un pourri".

Un autre procès attend Nicolas Sarkozy au printemps: celui de l'affaire Bygmalion sur ses frais de campagne pour l'élection présidentielle de 2012.