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En Syrie, des supporters de foot de tout coeur avec la Russie

Des Syriens suivent la retransmission du match d'ouverture du Mondial-2018 de football entre la Russie et l'Arabie saoudite au café Moscou à Lattaquié, dans l'ouest de la Syrie, le 14 juin 2018
Des Syriens suivent la retransmission du match d'ouverture du Mondial-2018 de football entre la Russie et l'Arabie saoudite au café Moscou à Lattaquié, dans l'ouest de la Syrie, le 14 juin 2018
afp.com - LOUAI BESHARA
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"Je soutiens la Russie, elle était à nos côtés", s'enthousiasme Lynne dans la ville syrienne de Lattaquié (ouest), bastion du régime. Sur la terrasse du café "Moscou", devant le premier match du Mondial-2018, les supporters de football sont unanimes.

"Je suis de tout coeur avec la Russie. Elle nous aide, tout au long de cette guerre", poursuit cette dentiste de 26 ans, venue fumer le narguilé et assister à la rencontre Russie-Arabie Saoudite, ouvrant jeudi le bal de la Coupe du monde.

Cet engouement pour le pays hôte du Mondial, qui a remporté son premier match 5-0, vient récompenser l'appui décisif que Moscou apporte au régime de Bachar al-Assad dans le conflit qui déchire la Syrie depuis 2011.

Et à Lattaquié plus qu'ailleurs, la Russie est plébiscitée. Tout près de là se trouve la base aérienne de Hmeimim où sont stationnées des forces russes, militairement engagées en Syrie depuis fin 2015.

Au café "Moscou", ainsi baptisé en hommage à cette intervention russe, des dizaines de supporters, en grande majorité des hommes mais aussi des femmes, sont venus assister au match.

Installés sur le trottoir, sirotant un jus de fruit frais ou fumant le narguilé, ils ne quittent pas des yeux les écrans, applaudissant avec force et saluant d'un "bravo" sonore les buts marqués par la Russie.

Plusieurs drapeaux russes ont été accrochés un peu partout dans l'établissement, aux côtés de ceux d'autres pays comme l'Allemagne, le Brésil ou encore l'Argentine.

"La Coupe du monde a une place spéciale pour chacun d'entre nous. Evidemment je suis avec l'équipe russe, et la raison est principalement politique", reconnaît Ahmed Jamee, cardiologue de 32 ans, attablé avec un ami.

"Bien sûr qu'on prend en considération le rôle qu'a joué l'Etat russe dans cette terrible guerre contre le pays", insiste-t-il.

Tarek Chaabou, le propriétaire du café, sert lui-même ses clients en gardant un oeil sur l'écran.

"Toute ma vie, j'ai soutenu l'équipe allemande. Mais depuis que nos frères russes sont entrés dans le pays, je soutien leur équipe", confie le trentenaire.

Quand le premier but est marqué par la Russie, il s'exclame et applaudit chaudement.