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Endémie, épidémie, pandémie : quelle est la différence ?

Journaliste se faisant tester à Pékin, afin d'accéder aux sites olympiques ce 3 février. 30 nouveaux cas de Covid-19 sont détectés chaque jour à Pékin alors que les Jeux olympiques d'hiver commencent le 4 février 2022.
Journaliste se faisant tester à Pékin, afin d'accéder aux sites olympiques ce 3 février. 30 nouveaux cas de Covid-19 sont détectés chaque jour à Pékin alors que les Jeux olympiques d'hiver commencent le 4 février 2022.
© AP Photo/Andy Wong

La pandémie de coronavirus ne serait pas "finie" selon Hans Kluge, directeur Europe de l’OMS ce 3 février. Tout le monde espère que la pandémie se transforme en situation endémique. Omicron, le nouveau variant, est très contagieux mais moins dangereux. Endémie, épidémie, pandémie, de quoi parle-t-on exactement ? Explications.

Le Danemark est le premier pays de l’Union européenne à revenir à la "vie d’avant" en levant toutes les restrictions. Le nombre de nouveaux cas avoisine, en ce début de février 2022, 40 000 à 50 000 par jour, soir près de 1% de la population quotidiennement, et les autorités estiment qu’un tiers de la population adulte a contracté le Covid lors des trois derniers mois.

Peut-on pour autant dire que le Covid est devenu endémique ? Avant de répondre à cette question, penchons-nous sur le sens de ces noms, endémie, épidémie et pandémie que nous avons tendance à confondre.

Endémie

On parle d’endémie quand une maladie infectieuse et contagieuse s’installe durablement dans une région donnée. La maladie y sévit en permanence ou de façon latente et touche une importante partie de la population. La maladie est connue, identifiée mais cela ne signifie ni qu’elle est en progression, ni qu’elle se répand.
La fièvre jaune, la dengue, le paludisme sont des exemples connus de maladies endémiques. L’hépatite A, par exemple, est endémique en Thaïlande.

Certaines maladies endémiques, comme la lèpre ou le tétanos des enfants, ne sont plus des problèmes de santé publique (du moins en Europe) grâce aux vaccins et à une amélioration du niveau de vie, comme l'explique l'Institut Pasteur dans son dossier "mieux lutter contre les épidémies."

Epidémie

Quand une maladie infectieuse et contagieuse commence à se propager rapidement et brutalement dans une région donnée on parle d’épidémie.

Au départ ce mot s’applique dans le cas de maladies transmissibles. Il s’est ensuite élargi à d’autres types de maladies comme celles causées par des carences ou des intoxications. Le professeur Antoine Flahaut, épidémiologiste, explique cela très bien dans cette vidéo conçue par l'Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale, pour le réseau d'enseignement Canopée :
 

Nous connaissons les épidémies de grippe en hiver. On parle également d’une épidémie d’obésité car on observe une forte augmentation des cas de personnes et d’enfants ou d'adultes en surpoids.

Pandémie

Enfin, le terme pandémie désigne une épidémie qui s’étend au-delà des frontières des pays et qui peut se répandre sur un continent, un hémisphère ou dans le monde entier, pouvant ainsi toucher des millions de personnes quand celles-ci ne sont pas immunisées ou quand la médecine ne dispose d’aucun médicament pour les traiter.

L’histoire de l’humanité est rythmée par de grandes pandémies de peste, de choléra, de variole, de grippe et plus récemment, de poliomyélite et du sida. La grippe espagnole est une pandémie qui a tué au moins 50 millions de personnes de 1918 à 1920.

(RE)voir : Coronavirus, SRAS, grippe A... Histoire des pandémies dans le monde
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Aujourd’hui, avec la multiplication des moyens de transports et la baisse de leur coût, il est plus facile pour les populations de voyager à travers le monde. Les virus et les maladies circulent donc plus facilement et plus rapidement. Si certaines pathologies régressent, comme par exemple le paludisme qui existait au début du siècle en Corse ou en Camargue, d’autres peuvent devenir globales. Comme l’explique le professeur Flahaut "tout germe peut potentiellement venir à tout endroit de la planète et déclencher des épidémies."
 
 

Le grand risque ne sont pas les maladies "terrifiantes", comme le virus Ebola, mais celles qu’il appelle des "maladies à bas bruit". La grippe est beaucoup plus redoutable parce qu’une très grande partie de la population peut être atteinte "et qu’on n’arrive pas à la maîtriser aussi bien qu’une maladie très dangereuse". Il est en effet difficile d’arrêter ces maladies où les gens ont à peine quelques symptômes au début de leur infection, voire même sont asymptomatiques.

La grippe est une maladie qui est capable de se propager très vite. L’épidémiologiste fait aussi l’exemple du sida, qui au départ est indécelable ce qui le rend très dangereux, "le sida par exemple ne fait pas de bruit tant qu’il n’est pas invasif et dans cette période, il est très dangereux. Ce sont ces maladies qu’il faudra prévenir et qui seront les plus difficiles à juguler."

Une description qui correspond tout à fait au Covid-19 et qui explique qu'il ait pu faire naitre autant de craintes et de fantasmes, voire une "épidémie" de fausses nouvelles.

(RE)voir : Coronavirus : "les pandémies sont une espèce de carburant à fantasmes"
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