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Enfant tué à Lorient: la passagère arrêtée, le chauffard toujours en cavale

Portraits des deux enfants fauchés dimanche à Lorient par un chauffard, exposés le 12 juin 2019 sur le lieu de l'accident
Portraits des deux enfants fauchés dimanche à Lorient par un chauffard, exposés le 12 juin 2019 sur le lieu de l'accident
afp.com - LOIC VENANCE
La foule assiste aux obsèques d'un enfant tué par un chauffard à Lorient, le 12 juin 2019
La foule assiste aux obsèques d'un enfant tué par un chauffard à Lorient, le 12 juin 2019
afp.com - LOIC VENANCE

Les enquêteurs poursuivaient jeudi leurs recherches pour retrouver le chauffard en fuite après l'arrestation dans la nuit de la passagère de la voiture qui a tué un enfant de neuf ans et en a blessé grièvement un autre de sept ans, dimanche à Lorient.

Ce dernier, grièvement blessé, est toujours hospitalisé et "son pronostic vital est réservé", a précisé jeudi lors d'une conférence de presse la procureur de la République à Lorient, Laureline Peyrefitte.

Recherchée depuis dimanche avec le conducteur, la passagère de 21 ans a mis elle-même un terme à sa cavale mercredi soir. Elle a été arrêtée par les forces de l'ordre après s'être présentée spontanément chez un habitant de Caudan (Morbihan).

La passagère du véhicule a été placée en garde à vue mercredi à 23H35 "pour des faits de non-assistance à personne en danger", a indiqué le parquet de Lorient jeudi dans un communiqué.

Elle encourt sept ans de prison pour ces faits, a précisé Mme Peyrefitte qui a ajouté qu'"il est d'ores et déjà envisagé ce soir de prolonger la garde à vue" de la passagère.

Les enquêteurs ont pu identifier lundi le chauffard, un homme qui "avait emprunté le véhicule de sa mère alors qu'il n'est pas titulaire du permis de conduire", selon le parquet de Lorient. Âgé de 20 ans, cet homme est "déjà connu pour des faits de conduite sans permis de conduire et d'infraction à la législation sur les stupéfiants", a précisé jeudi la procureur.

En fuite il est recherché dans le cadre d'une enquête ouverte pour divers faits d'infraction routière liés à l'accident et pour "homicide et blessures involontaires aggravées" par plusieurs circonstances dont le délit de fuite. Il encourt pour ces faits dix ans d'emprisonnement, a rappelé Mme Peyrefitte.

Selon le signalement d'un appel à témoin lancé mardi, il s'agit d'un homme de "1,80m, corpulence normale, de type eurasien, teint mat, cheveux noirs".

- "Soutenir la famille" -

La mort du petit garçon, fauché sur un trottoir, suscite une vive émotion. Jeudi après-midi, une marche blanche a réuni environ un millier de personnes à Lorient. Dans une ambiance très recueillie, les manifestants ont défilé silencieusement jusqu'à la voie de bus prise par le chauffard et sa passagère au moment de l'accident. Ils ont déposé des roses blanches à l'endroit du drame.

"En tant que mère ça m’a touchée. J’ai des enfants et ça peut arriver à tout le monde. Je suis passée hier (mercredi) sur les lieux de l’accident. En venant ici, à cette marche blanche, j’ai voulu soutenir la famille", a dit Sandra Aladin, 34 ans de Lorient, venue avec ses trois filles et sa sœur.

L'accident est intervenu après un refus d’obtempérer alors que le véhicule était suivi à distance par la gendarmerie. Le véhicule circulait à vive allure sur la voie réservée aux bus et avait percuté dans un premier temps une autre voiture en sortie de rond-point, sans faire de blessé, avant de faucher sur un trottoir les deux enfants, deux cousins d'origine turque.

L'homme avait poursuivi sa course sur le trottoir sur une centaine de mètres, puis à nouveau sur la voie de circulation sur 100 mètres avant de s'enfuir à pied avec sa passagère, a précisé jeudi Mme Peyrefitte.

Mercredi, plus de 500 personnes issues pour la plupart de la communauté franco-turque ont assisté aux obsèques du garçon, de nombreux participants réclamant l'arrestation du fuyard, pour aider la famille à faire le deuil.

Réagissant à l'arrestation de la passagère, Ahmet Makas, membre de l’association culturelle turque, a appelé le conducteur à "se rendre" et à "assumer ses actes".

"Moi je parle au nom de la famille, je les ai vus (...) ils se sont encore recueillis tout à l’heure avant de partir en Turquie pour (...) enterrer le petit dans le pays des parents, c’est vrai que c’est un soulagement (...) de savoir que la fin approche, voilà, on espère que ça viendra vite", a-t-il ajouté.