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Environnement : quand des experts évoquent la menace d'une "sixième extinction de masse"

Le congrès de la nature de l'UICN se tiens à Marseille depuis le vendredi 3 septembre. À cette occasion, l'Union a présenté sa "liste rouge" de la biodiversité, véritable baromètre de l'état des écosystèmes de la planète. 
Le congrès de la nature de l'UICN se tiens à Marseille depuis le vendredi 3 septembre. À cette occasion, l'Union a présenté sa "liste rouge" de la biodiversité, véritable baromètre de l'état des écosystèmes de la planète. 
Daniel Cole / AP

Lors de son congrès de la nature à Marseille, l’Union internationale de conservation de la nature (UICN) a publié une “liste rouge” de la biodiversité. Le constat est sans appel : près de 30% de ces espèces sont “menacées”. Mais est-il judicieux de parler d’une sixième extinction de masse ?

Qu’est-ce qu’une extinction de masse ?

Il y a trois conditions à remplir pour qualifier ce genre d’événements d’extinction de masse : il faut que cela se produise à l’échelle de la planète, que ce soit sur une courte durée sur l’échelle du temps géologique (qui correspond tout de même à plusieurs siècles) et que cela provoque une chute importante de la biodiversité, animaux comme végétaux.

Les cinq extinctions de masse précédentes étaient toutes liées à des changements climatiques et à la perte d’habitat, mais sont survenues bien avant l’apparition de l’humain sur la planète : ères glaciaires, astéroïdes, volcans… Chaque extinction a vu aux alentours de 75% de la biodiversité de la planète disparaître.

Peut-on parler d’une sixième extinction de masse ?

En octobre 2018, l’ONG WWF publiait un rapport indiquant la disparition de 60% des populations de vertébrés depuis 1970. Si ce chiffre est très alarmant et s’approche des chiffres des précédentes extinctions de masse, il ne prend en compte qu’une partie de la biodiversité. Mais attention, l’échelle de temps est beaucoup plus petite que celle des précédentes crises biologiques, ce qui rend la comparaison difficile.

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Environ 2 millions d’espèces ont été répertoriées par les scientifiques, mais leur nombre total est estimé entre 3 et 100 millions. L’UICN se concentre donc uniquement sur une partie de la totalité des espèces répertoriées pour faire sa liste, qui reste l’inventaire mondial le plus complet en ce qui concerne les espèces animales et végétales. L’UICN prévient également que “la hausse des températures et donc du niveau de la mer devrait réduire leur habitat d’au moins 30 % dans les quarante-cinq prochaines années”, ce qui pourrait conduire de nouvelles espèces à s’éteindre.

De nombreuses études montrant les liens entre l’activité humaine et la destruction de la biodiversité expliquent aussi que tant que l’activité humaine sera ce qu'elle est, la biodiversité continuera de disparaître à petit feu. Même si toutes ces études se basent sur des échantillons, une extinction de masse est tout à fait vraisemblable.

Peut-on inverser la tendance ?

L’impact de l’activité humaine sur le réchauffement climatique n’est plus à prouver. Or, comme cela a été mentionné plus haut, les cinq extinctions de masse passées étaient liées à des changements climatiques. La différence est que celle-ci, si elle est avérée, serait causée par l’activité humaine. Est-ce qu’une modifications de l’activité humaine pourrait modifier le déclin de la biodiversité ?

La Convention de l’ONU sur la biodiversité biologique doit se tenir au mois d’octobre en Chine. Elle doit donner une feuille de route pour mieux protéger la biodiversité dans la décennie à venir, qui reprendra notamment les conclusions de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).
Selon son rapport d’évaluation mondiale des écosystèmes publié en mai 2019, la réduction de la consommation peut avoir un impact positif, à condition que l’approche adoptée soit globale.

  • (Re)voir - En images : la liste rouge de l'UICN 
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