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Environnement : quelle stratégie globale en matière de réchauffement climatique ?

Si rien n'est fait pour lutter contre le réchauffement climatique, les conséquences pourraient être dramatiques selon les scientifiques. La fonte des glace, elle, est déjà bien réelle. Cette photo d'un ours polaire debout sur une plaque de glace au milieu de l'océan Arctique canadien, prise en juillet 2017, le prouve. 
Si rien n'est fait pour lutter contre le réchauffement climatique, les conséquences pourraient être dramatiques selon les scientifiques. La fonte des glace, elle, est déjà bien réelle. Cette photo d'un ours polaire debout sur une plaque de glace au milieu de l'océan Arctique canadien, prise en juillet 2017, le prouve. 
David Goldman / AP

Cette année, le jour du dépassement est prévu ce 29 juillet 2021, soit au même niveau qu’avant la crise sanitaire. Alors qu’inondations, incendies, famines et autres phénomènes liés aux réchauffement climatique se multiplient, il convient de s’interroger sur la stratégie mondiale sur le réchauffement climatique.

Alors que la COP26 doit se dérouler au mois de novembre à Glasgow, 195 pays travaillent déjà depuis le 26 juillet sur des mesures à prendre pour optimiser la stratégie mondiale en matière de lutte contre le réchauffement climatique et pour préparer cette COP. Mais au même moment, plus précisément ce 29 juillet intervient le jour du dépassement, qui correspond au jour où la capacité de productions des ressources de la planète est dépassée par la consommation de ces ressources par l’humain. Cet indicateur de la consommation humaine effrénée des écosystèmes naturels a retrouvé le même niveau qu'en 2019, avant la pandémie qui avait été marquée par un recul du jour du dépassement de trois semaines, soit au 22 août en 2020.

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Patricia Espinosa, la responsable climat de l’ONU estime que “nous ne sommes pas en bonne voie pour respecter l’objectif de l’accord de Paris de limiter le réchauffement à +1,5°C d’ici la fin du siècle” et que c’est plutôt le chemin inverse qui se dessine : avec une hausse de 3 degrés d’ici la fin du siècle. Pour beaucoup de scientifiques, il devient urgent d’agir maintenant.

Quelle stratégie est mise en place aujourd’hui ?

En 2015, l’Accord de Paris avait fixé une limite souhaitée pour l’augmentation de la température à 1,5%. Mais entre 2015 et 2019, la température mondiale a déjà atteint 1,1 degré de plus que sur la période entre 1850 et 1900, d’après un rapport de l’Organisation météorologique Mondiale (OMM). L’ONU estime qu’il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an jusqu’en 2030 pour espérer atteindre les objectifs de la COP 21. Or, en 2019, les émissions de gaz à effet de serre en France ont réduit de 1,9%, selon le Haut Conseil pour le Climat.

Si chaque Etat faisait déjà son travail et écoutait un peu les ONG et les citoyens peut-être que la cohérence serait plus grande.

Charlène Fleury, chargée de campagne pour la réduction du trafic aérien chez Alternatiba

Pour Charlène Fleury, chargée de campagne pour la réduction du trafic aérien chez Alternatiba, il faudrait “au moins que les États respectent les engagements pris lors des Accords de Paris”, ce qui n’est pas le cas actuellement. Elle dénonce également le double-discours mené par certains dirigeants Européens, notamment Emmanuel Macron. Selon elle, rehausser les ambitions en matière de lutte contre le réchauffement climatique, sans les respecter est un “déni de la réalité.

Pour ce qui est de la France, elle considère qu’il y a une “grande déconnexion” vis à vis des enjeux au niveau national. C’est à dire que à l’heure actuelle, les politiques vont privilégier la relance économique aux enjeux environnementaux. Elle se réjouit toutefois du fait que à plus petite échelle, il est possible d’avoir un impact. Les Régions constituent selon elle des “pilotes de la transition”, qui peuvent permettre d’amener les choses à changer vers le haut.

Sur quels indicateurs faut-il se concentrer ?

Plusieurs facteurs témoignent d’une évolution de la situation climatique globale. Hausse des températures, incendies, inondations, fontes des glaces… L’Observatoire National sur les Risques du Réchauffement Climatique (ONERC) en dénombre 29 au total. Ces derniers mois, certains ont été beaucoup plus parlants que d’autres.

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Pour Charlène Fleury, “tout est interdépendant”. C’est à dire qu’il “n’y a pas un indicateur qui soit plus important qu’un autre.” Elle utilise la hausse de la température pour illustrer ses propos : “après une hausse de 2 degrés, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme et la situation peut vite devenir incontrôlable”. En utilisant ce mot, elle renvoie à des inondations, incendies, famines, qui pourraient donner lieu à des déplacements de population.

Et pour la suite ?

Outre respecter les engagements pris, il y a d’autres possibilités pour renverser la tendance en matière de lutte contre le réchauffement climatique. “Concrètement, les deux maîtres mots, c’est la sobriété et la relocalisation”,  estime la chargée de campagne pour la réduction du trafic aérien chez Alternatiba.

Par “sobriété”, elle entend une redéfinition des habitudes de consommation. À l’échelle individuelle, cela peut être sur la réduction du nombre de trajets en avion, privilégier le seconde main… et à plus grande échelle, la même chose s’applique. Concernant la “relocalisation”, elle considère que “l’on pourrait avoir un certain nombre de choses ici proche de nous, plutôt que de tout déplacer”. Autrement dit: privilégier les industries locales et le circuit court.