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Espagne : couvre-feu à Barcelone face à l'explosion des cas avec le variant Delta

Personnes qui assistent au festival de musique Cruilla à Barcelone, en Espagne, le vendredi 9 juillet 2021.
Personnes qui assistent au festival de musique Cruilla à Barcelone, en Espagne, le vendredi 9 juillet 2021.
©AP Photo/Joan Mateu

La justice espagnole a donné son feu vert, vendredi 16 juillet, au rétablissement d'un couvre-feu à partir de ce weekend et pour au moins une semaine dans plusieurs grandes villes de Catalogne, dont la très touristique Barcelone, au moment où le nombre de cas d'infection au Covid-19 flambe dans la région.

La situation était devenue hors de contrôle depuis plusieurs semaines, le taux d'incidence sur les 14 derniers jours étant passé à 1.107 cas pour 100.000 habitants, selon les dernières données officielles publiées jeudi. Les autorités sanitaires expliquent cette explosion des cas par la progression fulgurante du variant Delta.

La justice, qui doit valider toute restriction aux libertés fondamentales, a donc donné son feu vert à la demande des autorités catalanes et acté, par une décision du Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne, l'instauration d'un couvre-feu "entre 01H00 et 06H00 du matin jusqu'au 23 juillet dans les villes de plus de 5.000 habitants où l'incidence est supérieure à 400 cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours". 

Au total, ce sont rien moins que 161 municipalités qui sont concernées par cette mesure, selon la liste contenue dans le jugement. Le tribunal précise qu'il s'agit de "pratiquement la totalité des municipalités" de Catalogne et estime à "environ huit millions" le nombre de personnes affectées, soit la quasi-totalité de la population catalane.

Il indique aussi que ce couvre-feu pourrait bien être prolongé au-delà du 23 juillet.

Capture d'écran Twitter
Capture d'écran Twitter

"Le couvre-feu est autorisé. C'est une mesure difficile, mais il faut arrêter les contagions, protéger les vies et le système de santé. Il prendra effet ce soir (vendredi soir). Ensemble, nous renverserons la courbe du COVID-19", a tweeté le président du gouvernement régional catalan, Pere Aragonés.

Plusieurs mois consécutifs de baisse des contagions avaient permis au gouvernement central espagnol de lever début mai l'état d'urgence dans tout le pays, et donc le couvre-feu.

Mais la tendance est repartie à la hausse il y a quelques semaines, et tout particulièrement dans la très touristique Catalogne, véritable épicentre de ce que la presse espagnole qualifie déjà de cinquième vague du Covid-19.

La situation est particulièrement alarmante chez les jeunes (20-29 ans), qui n'étaient pas éligibles à la vaccination jusqu'à il y a encore peu de temps, une catégorie d'âge où le taux d'incidence a dépassé la semaine dernière le seuil des 3.000 cas pour 100.000 habitants en Catalogne.

Depuis lundi, les mesures sanitaires s'étaient multipliées pour tenter d'endiguer le phénomène et de freiner la transmission du virus: les autorités locales avaient ainsi décidé de fermer toutes les activités nocturnes à 00H30 et de limiter les réunions à 10 personnes dans les espaces publics et privés. Mais elles ont estimé que cela ne suffisait pas.

Aucune région épargnée

Si la Catalogne est la région la plus touchée, aucune n'est épargnée, puisque l'incidence pour toute l'Espagne a dépassé jeudi 15 juillet les 500 cas pour 100.000 habitants sur 14 jours (501), soit un chiffre plus de cinq fois supérieur à ce qu'il était il y a trois semaines (92), ce qui donne une idée de la vitesse à laquelle se propage le virus.

Plusieurs régions envisagent d'avoir à leur tour recours à des mesures similaires ou les ont déjà mises en place.

Dans la région voisine de Valence, au sud, la justice a autorisé lundi l'instauration d'un couvre-feu entre 01H00 et 06H00 dans 32 villes, dont Valence, et la limitation des réunions à dix personnes dans toute la région.

La Navarre envisage de présenter la même demande lundi au Tribunal supérieur de Justice de cette région du nord du pays.

L'impact de cette nouvelle vague de contagions reste pour l'instant limité en ce qui concerne le nombre de malades hospitalisés, qui ne s'accroît que "lentement", et la mortalité, qui n'augmente pas grâce à l'avancée de la campagne de vaccination, affirmait cette semaine l'épidémiologiste en chef du ministère de la Santé, Fernando Simón.

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D'après les derniers chiffres officiels diffusés jeudi, 60,6% des quelque 47 millions d'Espagnols ont reçu au moins une dose, alors que que 48,4% sont déjà complètement vaccinés. Mais la proportion des vaccinés est très faible chez les moins de 30 ans.

Or, avec l'arrivée de l'été et des vacances, les fêtes étudiantes dans les bars, les discothèques et les appartements se multiplient, alors même que le port du masque n'est plus obligatoire en plein air depuis le 26 juin.

Méfiance accrue des voisins européens

Jusqu'à récemment, il fallait un test PCR négatif de moins de 72 heures ou un test antigénique de 48 heures pour entrer en France en provenance d'Espagne et du Portugal. "Un test de moins de 24 heures" sera désormais demandé aux frontières françaises aux voyageurs non-vaccinés contre le Covid-19 venant d'Espagne ou du Portugal.

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En Espagne, où le tourisme contribue à hauteur de 13% au PIB, les professionnels espagnols du tourisme se sont inquiétés d'un "coup de frein" sur les réservations après les mises en garde de la France et de l'Allemagne, qui a classé la péninsule ibérique "zone à risque".