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Etats-Unis : Donald Trump est-il un espion russe ?

Donald Trump et  Vladimir Poutine au sommet d'Helsinki, 16 juillet 2018
Donald Trump et  Vladimir Poutine au sommet d'Helsinki, 16 juillet 2018
AP Photo/Pablo Martinez Monsivais

C’est un nouveau rebondissement dans le long feuilleton de la présidence Trump. Un article du prestigieux New York Times révèle que le FBI a ouvert une enquête au printemps 2017 pour savoir si Donald Trump travaille pour la Russie.

Ceux qui se seront connectés à Twitter ce weekend auront pu observer l’activité prolixe du président américain. Jusque-là rien d’anormal, sauf qu'en quelques heures Donald Trump a couvert de quolibets et de qualificatifs de haut-vol les responsables du FBI et tout particulièrement l’ancien directeur du bureau fédéral, James Comey : « menteur » , « ordure », « flic véreux » …

L’ire du locataire de la Maison-Blanche fait suite aux révélations du New York Times
 
" Wow, je viens d'apprendre dans le défaillant New York Times que les anciens dirigeants corrompus du FBI, presque tous limogés ou forcés à quitter l'agence pour de très mauvaises raisons, ont ouvert une enquête sur moi, sans aucune raison ni preuve, quand j'ai viré ce menteur de James Comey, une vraie ordure ! "

Une enquête du FBI pour confondre Donald Trump

Le quotidien new-yorkais, toujours très à l’affut sur les affaires touchant à Donald Trump, a révélé vendredi que le FBI cherche depuis près de 2 ans à déterminer si le président américain a travaillé pour les Russes, de manière volontaire ou involontaire.

Des soupçons qui datent de la campagne électorale de 2016, mais ce qui semble avoir décidé les agents fédéraux à passer à l’action, c’est le limogeage en mai 2017 de James Comey, alors directeur du FBI. Donald Trump avait justifié cette décision, en réaction aux investigations en cours sur l’ingérence russe dans la campagne électorale américaine. Deux jours après avoir remercié Comey, Donald Trump avait accordé un entretien à la chaine NBC News et avait alors affirmé avoir démis Comey à cause justement de l’enquête en cours.

Cette investigation fait donc écho à celle du procureur spécial Robert Mueller. Lui est en charge, plus largement, du dossier sur l’ingérence russe dans l’élection américaine de 2016, et notamment les soupçons de collusion entre Moscou et les équipes de campagne de Donald Trump.

En décembre 2018, l’ancien avocat de Trump, Michael Cohen, avait admis devant les juges New Yorkais, avoir menti devant le Congrès américain sur les relations russo-américaines du milliardaire. Lors de sa repentance, M. Cohen avait avoué que Donald Trump ambitionnait de s’attaquer au marché russe, tout en niant officiellement avoir des projets là-bas, alors même qu’il cherchait à s’assurer de l’appui du gouvernement russe pour un projet immobilier à Moscou.
 

Trump, le New York Times et le Washington Post


Malheureusement pour Donald Trump, il est devenu le catalyseur d’une concurrence acharnée entre le New York Times, et l’autre prestigieux journal américain, le Washington Post. Alors ce dernier n’a pas attendu longtemps avant de poser dans ses colonnes, une question qui fâche : le président a-t-il cherché à dissimuler le contenu de ses entrevues avec le président russe Vladimir Poutine ? Et la réponse du quotidien est claire : oui, preuve à l’appui.

En 2017, lors du G20 à Hambourg, Donald Trump s’entretien avec Vladimir Poutine. Selon des officiels restés anonymes, à l’issue de l’entrevue le président américain aurait confisqué toutes les notes de son interprète, lui demandant au passage de ne rien raconter de la conversation, surtout pas à d’autres administrations.

Et la méthode serait devenue une habitude pour Trump, qui aurait à plusieurs reprises dissimulé le contenu de ses discussions avec Poutine. Pour le Président américain, ce serait une habitude, une « stratégie pour protéger ses discussions avec Poutine, des regards extérieurs et d’empêcher des officiels de haut-rangs de sa propre administration, de connaître réellement le contenu de ses entretiens, avec ce que beaucoup de ces officiels américains considèrent être l’un des pires ennemis des Etats-Unis » explique l’article, reprenant les témoignages de collaborateurs de la Maison-Blanche.
 
D. Trump et V. Poutine au sommet d'Helsinki, le 16 juillet 2018
D. Trump et V. Poutine au sommet d'Helsinki, le 16 juillet 2018
AP Photo/Pablo Martinez Monsivais

Ce qui choque les Américains, c’est que dans l’histoire, aucun président n’a jamais dissimulé le contenu des entretiens avec leurs homologues russes. Les parlementaires démocrates se sont d’ailleurs plaints de ne rien avoir su de ce qui avait été discuté lors de la rencontre à huis-clos avec le président russe, à Helsinki l’été dernier. Les démocrates ont voulu assigner l’interprète russophone du président à témoigner au Congrès. Mais les dépublicains de la Chambre des représentants avaient alors bloqué la procédure.

A quoi faut-il s'attendre dans le prochain épisode ?

Selon les sources des deux quotidiens américains, le procureur spécial Mueller serait quasiment au bout de son enquête et devrait rendre publique ses conclusions dans les mois à venir. D’ici là, Michael Cohen, l’ancien avocat de Trump, doit à nouveau témoigner, cette fois devant le Congrès le 8 février prochain.

Quant à l’enquête du FBI, les enquêteurs du contre-espionnage doivent déterminer si le Président Trump est sous-influence russe de quelque manière que ce soit et si ses actions, autrement dit le limogeage de J. Comey, font obstruction à la Justice et posent un danger à la Sécurité nationale américaine.

Pour Donald Trump, ce qu’il considère être une « chasse aux sorcières » est en train de devenir une véritable battue.