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États-Unis : Donald Trump reprend la parole, sans dire mot sur la présidentielle

Prise de parole de Donald Trump dans la roseraie de la Maison Blanche le 13 novembre 2020, Washington DC. (Etats-Unis)<br />
 
Prise de parole de Donald Trump dans la roseraie de la Maison Blanche le 13 novembre 2020, Washington DC. (Etats-Unis)
 
AP Photo/Evan Vucci

Donald Trump, qui n'a toujours pas reconnu sa défaite face à Joe Biden, se serait-il finalement résigné ? Pour sa première prise de parole publique depuis l'annonce des résultats, le président sortant qui s'exprimait dans la roseraie de la Maison Blanche a évoqué la possibilité d'un revers électoral au détour d'un commentaire sur la pandémie de Covid-19 qui atteint des niveaux record en ce moment aux Etats-Unis.

 

Lors de sa prise de parole, Donald Trump s'est félicité de la gestion de la crise de coronavirus par son administration, avant de faire une allusion à son avenir incertain.

Je pense que le temps nous dira quelle administration nous aurons, mais quoi qu'il se passe à l'avenir, qui sait, je peux vous dire que cette administration n'imposera pas de confinement.

Donald Trump n'a pas parlé de la présidentielle. Il a conclu son intervention, dans les jardins de la Maison Blanche, sans répondre aux questions des journalistes. Un exercice auquel il s'est pourtant prêté très régulièrement au cours de son mandat.

306 grands électeurs pour Joe Biden 

Ce vendredi 13 novembre, les derniers résultats du scrutin du 3 novembre sont enfin tombés après dix jours d'attente. Selon les projections des grands médias américains, la Géorgie est allée à Joe Biden et la Caroline du Nord à Donald Trump. Le démocrate Joe Biden a remporté au final 306 grands électeurs, contre 232 pour Donald Trump. Soit le score inversé de la victoire du milliardaire républicain, qui avait alors parlé d'un "raz-de-marée" face à Hillary Clinton en 2016. 

Un recomptage des votes doit avoir lieu en Géorgie, où l'écart est très faible entre les deux candidats, mais son issue ne changera rien au résultat final: Joe Biden dispose, quoi qu'il arrive dans cet Etat, des 270 grands électeurs nécessaires pour s'ouvrir les portes de la Maison Blanche. 

Manifestation pro-Trump à Washington 

Récemment, Donald Trump a encore affirmé  être le vainqueur de la présidentielle. "Une élection truquée!" a-il tweeté, poursuivant sa remise en cause des résultats.  Un fait sans précédent dans l'histoire politique américaine.

Les partisans de Trump ne baissent pas les bras. Les plus radicaux d'entre eux ont prévu de manifester ce samedi 14 novembre à Washington, même si le camp Trump est dans l'incapacité de produire un seul élément concret prouvant l'existence d'une fraude électorale à grande échelle.

Donald Trump a même écrit dans un tweet envisager de se rendre à cette manifestation:

Cela fait chaud au coeur de voir tout cet énorme soutien, surtout ces rassemblements spontanés qui fleurissent à travers le pays, dont un grand samedi à (Washington) DC. Je pourrais même essayer de passer dire bonjour.

Les ministres et conseillers les plus fidèles de Donald Trump assurent aussi préparer le terrain à "un second mandat Trump".

"Je pense que le président va participer à sa propre inauguration" en janvier, a assuré sur Fox News la porte-parole de la Maison Blanche Kayleigh McEnany.

Première en Géorgie depuis 1992 

Félicité par la Chine pour sa victoire, Joe Biden aura réussi, si les résultats se confirment à l'issue du recomptage, à faire basculer la Géorgie dans le camp démocrate pour la première fois depuis 1992. 

L'Arizona, où il a également été donné vainqueur à l'issue d'une longue attente, causée notamment par le recours massif au vote par correspondance, n'avait lui plus voté pour un candidat de gauche à la Maison Blanche depuis Bill Clinton en 1996.

Le président élu a fait de la pandémie la priorité numéro un de son futur mandat. Il a dévoilé cette semaine le nom des membres de la cellule de crise consacrée à oeuvrer sur le sujet, dès son entrée à la Maison Blanche, prévue le 20 janvier. 

L'urgence sanitaire, avec désormais plus de 100.000 nouvelles contaminations quotidiennes en moyenne, nécessite d'accélérer la procédure de transition présidentielle, affirment les démocrates.

"Plus tôt nous pourrons faire participer nos experts aux réunions de planification de la campagne de vaccination, plus la transition pourra se faire en douceur", a plaidé sur la chaîne MSNBC le futur chef de cabinet de la Maison Blanche Ron Klain.

Seule une poignée d'élus républicains du Congrès ont reconnu jusqu'ici la victoire de Joe Biden, alors que des agences fédérales en charge de la sécurité des élections ont assuré que celle du 3 novembre avait été "la plus sûre de l'histoire des Etats-Unis".