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États-Unis : les réactions pleuvent après la fusillade dans une école au Texas

Le drapeau est en berne sur le toit de la Maison blanche.
Le drapeau est en berne sur le toit de la Maison blanche.
AP Photo/Manuel Balce Ceneta

Une fusillade dans une école du Texas a fait 21 morts. 19 victimes n’avaient pas plus de 10 ans. Elle a replongé les États-Unis dans un cauchemar chronique. Joe Biden exhorte à un sursaut pour réguler les armes à feux. Des personnalités du monde du sport comme Steeve Kerr et Lebron James pour la NBA demandent aux politiques d'agir. Premières réactions.

Un adolescent de 18 ans a ouvert le feu dans une école primaire au Texas, tuant 19 jeunes élèves âgés d'une dizaine d'années tout au plus et deux enseignants, avant d'être lui-même tué.

Cette attaque a replongé le pays dans les affres des fusillades en milieu scolaire, qui se répètent fréquemment avec des images choquantes d'élèves traumatisés, obligés de se confiner dans leur classe avant d'être évacués par les forces de l'ordre et de parents paniqués cherchant désespérément à avoir des nouvelles de leurs enfants.

"Il est temps de transformer la douleur en action", a réagi le président américain, Joe Biden, visiblement ému, dans une allocution solennelle à la Maison Blanche.

"Quand, pour l'amour de Dieu, allons-nous affronter le lobby des armes ?", a lancé Joe. Biden, se disant "écoeuré et fatigué" face à la litanie des fusillades en milieu scolaire.
 
"Nous ne pouvons pas empêcher et n'empêcheront pas chaque tragédie de se produire, mais nous savons que ces lois fonctionnent et ont un impact positif. Lorsque nous avons adopté l'interdiction des armes d'assaut, les fusillades de masse ont diminué. Lorsque la loi a expiré, les fusillades de masse ont triplé", souligne le président américain.

"Trop, c'est trop", s'est emportée de son côté la vice-présidente Kamala Harris, appelant à "agir" face aux violences par armes à feu, un fléau national.
 

"Nos cœurs continuent d'être brisés", a-t-elle déclaré. "Nous devons trouver le courage d'agir", a-t-elle ajouté à l'adresse du Congrès, impuissant à légiférer malgré les tragédies.

L’ancien président des États-Unis Barack Obama a également exprimé toute sa « colère » après la fusillade : "Près de dix ans après Sandy Hook – et dix jours après Buffalo – notre pays est paralysé, non par la peur, mais par un lobby des armes à feu et un parti politique qui n’ont montré aucune volonté d’agir d’une manière qui pourrait aider à prévenir ces tragédies."
 

Un autre tireur avait massacré 26 personnes  le 14 décembre 2012, dont 20 élèves de première année à l'école primaire Sandy Hook dans le Connecticut.

Le sénateur démocrate Chris Murphy du Connecticut a quant à lui interpellé ses collègues au Sénat pour les supplier d’agir pour éviter ces tragédies : « Que faisons-nous ? Quelques jours seulement après qu’un tireur est entré dans une épicerie pour abattre des clients afro-américains, nous avons un autre Sandy Hook entre les mains », a-t-il déploré.
 

Ted Cruz, sénateur républicain du Texas, a condamné le fait que « certains ont appelé à en profiter pour s’en prendre au deuxième amendement de citoyens qui respectent la loi », en référence à l’amendement de la Constitution américaine qui garantit le droit de détenir des armes.

Le monde politique américain n'est pas le seul à avoir réagi. Les paroles de l'entraîneur des Golden State Warriors en NBA ont marqué l'opinion publique américaine.

"Je ne vais pas parler de basket", a déclaré Steeve Kerr, l'entraineur de Golden State aux journalistes lors d'une conférence de presse, juste avant le 4e match de la finale de conférence Ouest, entre les Warriors et les Mavericks, à Dallas.
 

 Quand allons-nous faire quelque chose ? 90% des Américains, quel que soit leur orientation politique, veulent une vérification des antécédents judiciaires ou psychologiques des acheteurs d'armes individuelles? Nous sommes pris en otage par 50 sénateurs à Washington qui refusent même de soumettre cette mesure à un vote.Steeve Kerr, entraineur des Golden State Warriors.

"Depuis que nous avons quitté la séance d'entraînement, 14 enfants ont été tués à 600 km d'ici, et un enseignant. Au cours des dix derniers jours, des personnes âgées noires ont été tuées dans un supermarché à Buffalo, des fidèles asiatiques ont été tués en Californie du Sud, et maintenant des enfants ont été tués à l'école", a énuméré Kerr, la gorge serrée et les yeux embués.

"Quand allons-nous faire quelque chose? Je suis fatigué. Fatigué de me présenter devant vous pour présenter mes condoléances aux familles anéanties. J'en ai assez. Nous allons jouer ce soir. Mais je veux que chaque personne qui écoute pense à son propre enfant ou son petit-enfant, sa mère ou son père, sa sœur ou son frère. Comment vous sentiriez-vous si cela vous arrivait aujourd'hui?", a demandé Kerr, dont le père a été assassiné par des terroristes islamistes, à Beyrouth en 1984.

"Vous rendez-vous compte que 90% des Américains, quel que soit leur orientation politique, veulent une vérification des antécédents judiciaires ou psychologiques des acheteurs d'armes individuelles? Nous sommes pris en otage par 50 sénateurs à Washington qui refusent même de soumettre cette mesure à un vote, malgré ce que nous, le peuple américain, voulons", a-t-il fustigé

La star des Los Angeles Lakers, LeBron James, a également exprimé son indignation et appelé au changement. "Ca suffit!!! Ce sont des enfants et nous continuons à les mettre en danger à l'école. Sérieusement! À L'ÉCOLE, là où c'est censé être le plus sûr! Il faut tout simplement que ça change. IL FAUT QUE ÇA CHANGE !", a-t-il tweeté. 
 

À l'étranger Le pape François a également dit mercredi avoir le "coeur brisé" par ce drame. "Il est temps de dire "ça suffit" au trafic incontrôlé des armes", a-t-il aussi déclaré.
 

De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a présenté ses condoléances aux victimes et déploré qu'il y ait "des victimes de tireurs en temps de paix". La Maison Blanche a ordonné la mise en berne des drapeaux dans tous les bâtiments publics pour "honorer les victimes" d'Uvalde.

Le président français Emmanuel Macron a également réagi à la fusillade d’Uvalde. « 19 victimes n’avaient pas plus de 10 ans », dénonce le président de la République dans un message posté sur Twitter ce mercredi. Il a par ailleurs dit partager « le choc et la peine du peuple américain, la colère de ceux qui luttent pour mettre fin aux violences ».

 
L'écrivain franco-congolais Alain Mabanckou est enseignant aux États-Unis. Il dénonce l'hypocrisie d'une partie de la classe politique américaine notamment dans le camp du parti républicain. Le gouverneur du Texas, Gregg Abott, venait d'autoriser le port des armes sans permis pour les plus de 21 ans.