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États-Unis : qui est Hadi Matar, l'agresseur présumé de Salman Rushdie ?

Hadi Matar, 24 ans, au centre, écoute son avocat, Nathaniel Barone, à gauche, le 13 août 2022.
Hadi Matar, 24 ans, au centre, écoute son avocat, Nathaniel Barone, à gauche, le 13 août 2022.
AP Photo/Gene J. Puskar

L'homme qui a poignardé Salman Rushdie au cou et à l'abdomen le vendredi 12 août lors d'une conférence a été présenté à un juge de l'État de New York devant lequel il a plaidé "non coupable" de "tentative de meurtre" de l'écrivain. Ce dernier est toujours hospitalisé dans un état grave mais a pu dire quelques mots samedi soir.

Lors d'une audience de procédure au tribunal de Chautauqua, Hadi Matar, 24 ans, poursuivi pour "tentative de meurtre et agression", a comparu en tenue rayée noire et blanche de détenu, menotté et masqué, et n'a pas dit un mot, d'après The New York Times et des photos de la presse locale.

Les procureurs ont estimé que l'attaque de vendredi dans un centre culturel de Chautauqua, où Salman Rushdie allait donner une conférence, était préméditée. À 75 ans, l'intellectuel a été poignardé au moins à dix reprises au cou et à l'abdomen.

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Samedi, les autorités et ses proches ont gardé le silence sur l'état de santé du Britannique naturalisé Américain. Il a été hospitalisé vendredi sous assistance respiratoire à Erié, en Pennsylvanie, au bord du lac qui sépare les Etats-Unis du Canada. Toutefois, son agent Andrew Wylie, alarmiste vendredi soir auprès du New York Times, a simplement confié au journal que son client avait recommencé à parler samedi soir, sans dire s'il restait ou pas sous assistance respiratoire.

Le suspect, qui vit dans le New Jersey, a plaidé "non coupable" par la voix de son avocat et comparaîtra une nouvelle fois le 19 août.

Un partisan du régime iranien 

Hadi Matar avait acheté un billet pour assister à la conférence de Salman Rushdie. Pour le moment, la police ne donne pas de précisions sur ses origines. Selon le consultant spécialiste des réseaux sociaux djihadistes Romain Caillet, Hadi Matar "est un chiite libanais d'obédience Khomeyniste." Sur son compte Twitter, il précise que ce dernier "met en avant les figures du régime iranien" comme l'Ayatollah Khomeyni, "auteur de la fatwa contre Salman Rushdie."

Le grand quotidien francophone libanais L'Orient-Le Jour rapporte que les parents d'Hadi Matar sont originaires du village de Yaroun, au Liban-Sud, selon le président du conseil municipal du village. Les parents d'Hadi Matar sont divorcés et résident toutefois aux États-Unis "depuis 30 ans".

Dans les rues village de Yaroun au Liban Sud d'où ont émigré les parents d'Hadi Matar pour les États-Unis, des portraits de l'ayatollah Khomenei -auteur de la fatwa contre Salman Rushdie- et du Guide Suprême iranien Ali Khamenei sont arborés fièrement.
Dans les rues village de Yaroun au Liban Sud d'où ont émigré les parents d'Hadi Matar pour les États-Unis, des portraits de l'ayatollah Khomenei -auteur de la fatwa contre Salman Rushdie- et du Guide Suprême iranien Ali Khamenei sont arborés fièrement.
(AP Photo/Mohammed Zaatari)

Le New York Post affirme que des sources policières ont constaté qu'Hadi Matar avait affiché son support à l'Iran et à sa Garde Révolutionnaire sur les réseaux sociaux. Le policier Eugene Staniszewski indique cependant que le motif de l'attaque demeure flou. "Nous n'avons aucun indice sur ses intentions pour l'instant", affirme-t-il aux journalistes. Il précise toutefois que la police pense que l'assaillant a agi seul. 

Le média américain CNN précise aussi que, le 12 août au soir la police de Fairview a bloqué la rue d'une maison qu'ils pensent être liée à Hadi Matar. Le secteur est totalement bloqué : même les résidents de la rue ne pouvaient sortir ou rentrer dans la zone. Les résidents ont ensuite été autorisés à circuler mais la police est restée près de la maison.

États-Unis : ce que l'on sait de l'assaillant de Salman Rushdie

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