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États-Unis : Trump accueille les trois Américains libérés par la Corée du Nord

© AP Images/ Susan Walsh

Donald Trump a accueilli jeudi 10 mai, en pleine nuit, les trois Américains libérés par Pyongyang, une image forte et chargée en symboles à l'approche de sa rencontre historique avec Kim Jong-un. 

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Peu avant trois heure du matin (07H00 GMT), le président américain et la Première dame, Melania Trump, sont montés à bord de l'avion dans lequel venaient d'arriver les trois hommes sur la base militaire d'Andrews, près de Washington, où un immense drapeau américain avait été déployé.

"C'est une nuit très spéciale pour ces trois hommes extraordinaires", a affirmé peu après Donald Trump lors d'un échange avec les journalistes sur le tarmac, les anciens détenus, visiblement très émus, à ses côtés. "Nous voulons remercier Kim Jong-un", a-t-il encore dit.

Interrogé sur sa rencontre à venir avec le leader nord-coréen, Donald Trump a une nouvelle fois affiché son optimisme. "Je pense que cela sera couronné de succès", a-t-il affirmé, rappelant que l'objectif central du processus diplomatique en cours restait la dénucléarisation de la péninsule coréenne. "Je pense vraiment qu'il veut faire quelque chose et entraîner son pays dans le monde réel", a-t-il ajouté en évoquant Kim Jong-un.

"Nous sommes très très heureux", a indiqué l'un des trois anciens détenus, qui s'exprimait en coréen et dont les propos étaient traduits par une interprète. Ces images et ces propos tranchent avec les vives tensions qui dominaient il y a encore quelques mois, lorsque les deux chefs d'État échangeaient insultes personnelles et menaces apocalyptiques.

L'avion du secrétaire d'État Mike Pompeo, qui a effectué son deuxième déplacement dans la capitale nord-coréenne en l'espace de quelques semaines, s'était posé peu avant. Donald Trump a assuré mercredi 9 mai que le lieu et la date de son sommet très attendu avec l'homme fort de Pyongyang seraient divulgués dans les jours à venir, et a précisé qu'il n'aurait pas lieu dans la Zone démilitarisée (DMZ) à la frontière entre les deux Corées.

Singapour, seule autre hypothèse évoquée publiquement par le président américain, apparaît désormais comme la piste la plus crédible pour cette rencontre historique. "Nous aimerions faire part de notre profonde gratitude envers le gouvernement des États-Unis, le président Trump, le secrétaire (d'État ndlr) Pompeo et le peuple des États-Unis pour nous ramener à la maison", avaient indiqué dans un communiqué transmis par le département d'Etat les trois anciens détenus en route vers Washington.

"Que Dieu bénisse l'Amérique, la meilleure nation au monde", avaient-ils ajouté. Deux d'entre eux, Kim Hak-Song et Kim Sang-Duk, qui travaillaient à l'Université des Sciences et de la Technologie de Pyongyang (USTP), avaient été arrêtés en 2017 sous l'accusation d'avoir commis des "actes hostiles" contre le gouvernement. Le troisième, Kim Dong-Chul, un homme d'affaires et pasteur âgé d'une soixantaine d'années, avait été condamné en avril 2016 à dix ans de travaux forcés après son arrestation pour "espionnage".

Travaux forcés

La Corée du Nord a, par le passé, arrêté des Américains dont la plupart ont été relâchés par le Nord après l'intervention de personnalités. L'ancien président Bill Clinton avait ainsi fait le voyage de Pyongyang en 2009 pour obtenir la libération de deux journalistes. De nombreux élus américains ont salué la libération des trois hommes, à l'instar du sénateur républicain Bob Corker, qui a cependant appelé à accueillir les récents gestes d'ouverture de la Corée du Nord sur une possible dénucléarisation "avec grande prudence".

Donald Trump a précisé que le chef de la diplomatie américaine, qui s'est entretenu avec Kim Jong-un pendant environ 90 minutes, avait eu "une bonne rencontre" avec ce dernier. Interrogé sur la durée du sommet Trump-Kim, Mike Pompeo n'a pas exclu qu'il dure plus d'un jour. "Nous tablons sur une journée mais si des discussions complémentaires sont nécessaires, il y aura la possibilité qu'il se poursuive sur une seconde", a-t-il affirmé.

Cité par l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, Kim Jong-un a qualifié le sommet à venir de chance "historique", estimant qu'il contribuerait à la construction d'un "bel avenir". Quelques heures plus tôt, Donald Trump avait une nouvelle fois fait part de son optimisme: "Je pense que nous avons une véritable occasion de parvenir à un bon accord pour le monde", avait-il lancé.

Kim Jong-un a rencontré mardi 8 mai le président chinois Xi Jinping, pour la seconde fois en six semaines, illustrant les efforts des deux alliés de la Guerre froide pour réchauffer des relations dégradées. D'après l'agence officielle Chine Nouvelle, il a déclaré au dirigeant chinois que le Nord n'avait pas besoin d'être un État nucléaire "si les parties prenantes abolissent leurs politiques hostiles et leurs menaces sur la sécurité" du pays.