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Étude PISA : quels sont les résultats des pays francophones ?

© Capture d'écran TV5MONDE

L’OCDE publie ce 3 décembre une enquête sur les acquis des élèves, le PISA, un programme qui analyse le niveau scolaire des jeunes de 15 ans dans le monde. Cette année, plus de 600 000 élèves de 79 pays ont passé des tests mesurant leur niveau en lecture, écriture, mathématiques et sciences. Les performances des élèves canadiens en mathématiques et en sciences sont au-dessus de la moyenne de l’OCDE, la France est lègèrement au-dessus de la moyenne.

  • Les Canadiens, champions en mathématiques

Les Canadiens sont 6èmes  du classement. 84% des élèves du pays (76% des élèves de l’OCDE) atteignent le niveau 2 ou supérieur en mathématiques, soit le niveau de base du rendement en mathématiques requis, selon l’OCDE. Au Québec, le taux atteint 90%.

Les enseignants québécois participent cette année pour la première fois : ils avaient refusé de faire passer les tests à leurs élèves en 2015. Par ailleurs, de nombreux territoires n’ont pas été touchés par l’enquête, ce qui représente 22 000 élèves répartis dans 800 écoles de 10 provinces. Le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut ainsi que les élèves autochtones ne participent pas à cette étude. C'est une décision du ministère de l'Éducation canadien.

  • En Belgique, des lacunes en lecture

En Belgique, les résultats en lecture sont en baisse depuis les rapports de 2012 et 2015. Les Wallons réussissent moins bien que les Flamands sur tous les fronts :

PISA

En 2018, les résultats des élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles surpassent désormais de 6 points ceux de la moyenne des pays de l’OCDE, cette différence étant significative. Les mathématiques constituent ainsi le domaine qui compte le plus d’élèves belges "très performants", selon l'étude PISA.

  • La France, numéro un des inégalités

La France se situe dans la moyenne avec un score de 493 points en compréhension de l’écrit (OCDE 487).  6300 élèves ont été interrogés.  Ils ont obtenu des résultats légèrement supérieurs à la moyenne en mathématiques et en sciences.

Mais c’est le pays où les inégalités sont les plus fortes avec une différence de 107 points entre les élèves issus d’un milieu favorisé et ceux issus d’un milieu défavorisé. Cette différence est nettement supérieure à celle observée en moyenne dans les pays de l’OCDE (89 points).

  • Les jeunes Suisses, toujours bons en maths

En 2018, comme les années précédentes, de nombreux élèves en Suisse ont obtenu de "bons à très bons" résultats en mathématiques. La moyenne suisse est de 515 points, donc significativement supérieure à la moyenne de l'OCDE (489 points).

En lecture, la Suisse obtient 484 points, soit trois points sous la moyenne des pays de l’OCDE.  En 2015 déjà, la Suisse ne se distinguait pas de la moyenne des pays de l'OCDE en matière de résultats en lecture. 

Les tests ont évalué surtout les élèves germanophones, bien plus nombreux que les francophones ou ceux de langue italienne.

  • La notion de bien-être à l’école

Pour la première fois, le PISA interrogeait les élèves sur leur ressenti dans la vie et à l'école, plus précisement sur leur bien-être. Le harcèlement est une donnée importante car l'étude montre  que "les étudiants qui subissent du harcèlement ont plus de probabilités de sécher les cours et d'avoir de moins bons scores en lecture".

On découvre que moins d’un élève japonais sur dix souffre de harcèlement, alors qu’en France 20 % des élèves et 25% au Canada (23% en moyenne dans les pays de l’OCDE) déclarent avoir été victimes d’actes de harcèlement au moins quelque fois par mois. En Belgique et en Suisse ils ne sont que 17%.

Les élèves en France expriment aussi une plus grande peur de l’échec : 62% déclarent dans l'étude PISA que lorsqu'ils échouent, ils craignent de ne pas avoir suffisamment de talent (moyenne OCDE : 55 %), que cela les fait douter de leurs projets pour l'avenir (moyenne OCDE : 54 %).

La discipline compte. Le rapport montre que les élèves qui ont le plus de difficultés de lecture sont également ceux qui se plaignent d'un manque d'ordre. La classe française est une des plus bruyantes : un élève sur deux affirme qu'il y a « du bruit et du chahut dans la plupart ou la totalité des cours » - à comparer avec un élève sur trois dans les pays de l'OCDE. En Belgique, les Wallons sont 51,40 % à dire qu’il y a « du bruit et de l’agitation » contre 38,5 % des élèves flamands (contre 29.5 % OCDE). 

L’étude fait le constat alarmant que moins d’un élève sur dix est en mesure de faire la différence entre un fait et une opinion et qu’un élève sur quatre a des difficultés avec les « aspects élémentaires » de la compréhension de l’écrit.

Surprise du rapport : l’Estonie dont les dépenses d’éducation sont inférieures de 30% environ à la moyenne de l’OCDE, est 5ème au classement des pays de l’OCDE en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences.