Info

#ÉtudierEstImpérieux : “On peut venir en France, c’est une victoire collective”

Des étudiants font la queue pour entrer à l'université de la Sorbonne à Paris, en France, le jeudi 17 septembre 2020.
Des étudiants font la queue pour entrer à l'université de la Sorbonne à Paris, en France, le jeudi 17 septembre 2020.
AP Photo/Francois Mori

Pour contrôler la recrudescence des cas de covid-19, Paris avait retiré de la liste des déplacements impérieux, celui de venir étudier en France. Au printemps, depuis le Brésil, des chercheurs et des étudiants ont lancé le hashtag #étudierestimpérieux. Le mouvement repris dans le monde entier a permis de faire connaître leur combat. Aujourd’hui, ils sont de nouveau autorisés à venir en France. Une victoire.

Flavia, Leandro et Vanessa sont soulagés. Les trois étudiants brésiliens vont pouvoir venir en France, poursuivre leurs cursus. Depuis le mois d’avril 2021, leurs projets dans l’hexagone étaient en suspens car Paris a classé en zone rouge le Brésil. Les pays sont concernés par cette classification car la “circulation du virus est active et/ou” il existe la présence de variants préoccupants”.
 

Cela a été une période compliquée à gérer pour beaucoup d’entre nous. Nous n’avions pas de retour malgré nos demandes.

Leandro Souza, futur étudiant en génie industriel à l’université de Clermont-Ferrand.

D’autres pays comme la Tunisie, la République démocratique du Congo, la Russie ou encore le Chili sont concernés. Durant plusieurs semaines les étudiants et chercheurs n’avaient aucune nouvelle des autorités françaises. “Nous avons décidé de nous réunir pour obtenir des réponses. Dès le début, j’ai fait partie du mouvement qui a lancé #étudierestimpérieux. Nous avons envoyé des lettres à différents représentants politiques et de l’administration pour faire avancer les choses. Nous avons également beaucoup communiqué sur notre situation” explique Vanessa Alvarez. A la rentrée, la jeune femme sera étudiante en droit à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1).

Les derniers mois ont été difficiles. Sans visa, impossible de se projeter : “Cela a été une période compliquée à gérer pour beaucoup d’entre nous. Nous n’avions pas de retour malgré nos demandes. Il faut savoir que nous nous sommes beaucoup investis dans nos études. Il y a eu la joie d’apprendre que nous étions admis mais assez vite ce sentiment s’est mêlé à une certaine déception, voire une tristesse car nous n’avions pas de perspective.” confie Leandro Souza, futur étudiant en génie industriel à l’université de Clermont-Ferrand. 

Sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #étudierestimpérieux de nombreux étudiants ont fait part du stress provoqué par cette attente. Sur Twitter, ils ont apostrophé les ministres français de l’intérieur, de l’enseignement supérieur et des affaires étrangères. Le 6 août, Frédérique Vidal, la ministre française de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation s’est fendu d’un tweet pour expliquer l’ouverture des frontières : “Étudiants et chercheurs internationaux : la France vous accueille ! La vaccination complète est vivement recommandée avant l'arrivée en France. Si vous ne le pouvez pas, elle sera proposée dès que possible, y compris si vous venez d'un pays "rouge".

 

“Pour nous c’est une victoire collective. Nous avons beaucoup travailler pour obtenir cela. Le mouvement #étudierestimpérieux va bien au-delà du Brésil. Il a des groupes dans toute l’Amérique du sud, mais aussi par exemple au Congo. C’est la dynamique du groupe et les soutiens sur qui nous avons pu compter qui nous permettent d’en être là aujourd’hui” se félicite Flavia Barros Ornellas, future étudiante en droit à l’université catholique de Lyon.

Au fil des semaines, des liens se sont créés. “Au sein des administrateurs du groupe nous avons tissé des liens d’amitiés. Nous nous donnons régulièrement des nouvelles et partageons des instants importants de nos vies. Lutter ensemble pour ce même objectif d’obtenir les visas nous a soudés. Pour moi, c’est important de voir que même avant de partir nous réussissons à nous fédérer. En tant qu’administrateurs du groupe nous recevons des messages et nous avons un rôle de référent auprès des autres.” explique Leandro Souza.

Pour l’instant, Leandro, Vanessa et Flavia n’ont pas reçu leurs visas. “Nous devons attendre d’obtenir notre rendez-vous avec le consulat. Par exemple, mes cours commencent le 20 septembre donc je ne serai pas contactée tout de suite. Les visas sont délivrés en fonction de nos rentrées, les étudiants et les chercheurs qui sont attendus début septembre devraient bientôt avoir leurs papiers.” précise Flavia.
 

À l'arrivée en France, les étudiants non vaccinés devront observer 10 jours d’isolement mais les délais très courts entre la délivrance des visas et le début des formations risquent d’empêcher certains d’assister aux premiers modules


Leandro Souza, futur étudiant en génie industriel à l’université de Clermont-Ferrand.

Mais l’attente est longue. Les chercheurs et étudiants craignent de rater une partie de leur enseignement : "À l'arrivée en France, les étudiants non vaccinés devront observer 10 jours d’isolement mais les délais très courts entre la délivrance des visas et le début des formations risquent d’empêcher certains d’assister aux premiers modules” se désole Leandro.

Flavia, Leandro et Vanessa sont impatients de rejoindre la France. “J’ai envie de poursuivre mes études à Paris. Pour moi, cela sera un plus. L’université de la sorbonne est renommée et j’aime la France et sa culture” s’enthousiasme Vanessa.

Ces étudiants n’en n’oublient pas pour autant le combat qui concerne certains de leur camarade “Aujourd’hui des étudiants qui ont des enfants ne peuvent pas les prendre avec eux. Ils sont face à un choix qui n’a pas lieu d’être. Nous allons nous battre sur ce dossier” explique Leandro.