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Euro féminin 2022 : l'Angleterre remporte la coupe !

Leah Williamson, au centre sur la gauche et Millie Bright portant la coupe après avoir remporté la finale de l'Euro féminin de football 2022 contre l'Allemagne 2 buts à 1, à Wembley, Londres le 31 juillet 2022.
Leah Williamson, au centre sur la gauche et Millie Bright portant la coupe après avoir remporté la finale de l'Euro féminin de football 2022 contre l'Allemagne 2 buts à 1, à Wembley, Londres le 31 juillet 2022.
© AP Photo/Alessandra Tarantino

Âpre, disputée, tactique, la finale de l'Euro de football, qui a offert à l'Angleterre son premier trophée féminin, contre l'Allemagne (2-1 a.p.), ce 31 juillet à Wembley a été l'apothéose d'une compétition qui a prouvé les progrès spectaculaires des dernières années.
 

L'Angleterre a enfin brisé sa longue attente, depuis le Mondial-1966 remporté par les hommes, et c'est à son équipe féminine qu'elle le doit: "Football's coming home" (Le football rentre à la maison), l'hymne officieux des sélections nationales peut enfin résonner sur un air qui ne soit pas ironique.

La reine Elizabeth II a félicité l'équipe d'Angleterre pour sa victoire à l'Euro de football féminin, saluant "une inspiration" pour les femmes et "les générations futures".
 

"Votre réussite va bien au-delà du trophée que vous avez si bien mérité. Vous avez toutes montré un exemple qui sera une source d'inspiration pour les filles et les femmes d'aujourd'hui et pour les générations futures", a déclaré dans un communiqué la souveraine de 96 ans, qui ne s'exprime désormais qu'en de très rares occasions.

"J'espère que vous serez aussi fières de l'impact que vous avez eu sur votre sport que du résultat obtenu aujourd'hui", a-t-elle ajouté.

Infligeant aux Allemandes leur première défaite en finale d'un Euro, les "Lionesses" ont achevé de conquérir le cœur d'un pays qui s'est progressivement pris au jeu.

Records pulvérisés

Trois ans après un Mondial-2019 en France qui avait déjà concrétisé la trajectoire ascendante des femmes dans le football, et malgré la pandémie de Covid-19 passée par là, l'Euro anglais se termine sur un succès incontestable.

Un succès populaire, d'abord, comme le prouvent les 87.192 spectateurs dans les tribunes. Lors de la finale de l'édition 1964 entre l'Espagne, pays-hôte, et l'URSS (2-1), on pensait avoir atteint le record avec 79.115. 

L'affluence totale de cet Euro, avec 574.875 supporters présents dans les stades, pulvérise aussi la meilleure marque pour la compétition continentale féminine, qui avait été réalisée il y a 5 ans aux Pays-Bas avec 247.041 spectateurs.

Un niveau de jeu très haut

"Les chiffres sont extraordinaires, mais la plus grande surprise, pour moi, ce sont ceux qui sont étonnés que le football féminin soit à un tel niveau", avait fanfaronné, dans la matinée, le président de l'UEFA Aleksander Ceferin, lors d'un forum à Londres.

Des chiffres en hausse, à l’image du niveau de jeu lui aussi en très net progrès, que ce soit techniquement, tactiquement, athlétiquement...

La finale en a été l'illustration avec une bataille acharnée entre les deux meilleures équipes du tournoi qui n'ont rien retenu dans l'engagement et les duels.

L’Allemagne privée de Büll et Popp

L'Allemagne pourra regretter d'avoir été privée dès les demi-finales de son ailière Klara Bühl, positive au Covid, et, quelques minutes avant le coup d'envoi, de sa capitaine et meilleure buteuse, Alexandra Popp, victime de "problèmes musculaires" à l'échauffement.

Sans Bühl et Popp, l'attaque allemande avait perdu beaucoup de son pétillant mais pas de son mordant, tentant d'étouffer l'Angleterre avec un gros pressing, mais parfois mal coordonné.

Contrairement au match d'ouverture contre l'Autriche, où à la demi-finale contre la Suède, l'Angleterre n'a cependant pas eu de retard à l'allumage.

Elle a trouvé les voies pour sortir proprement et s'approcher du but adverse mais surtout pour répondre au défi physique qui a donné beaucoup de travail à l'arbitre ukrainienne Kateryna Monzul.

Pendant une heure, les occasions ont été rares, Ellen White en ratant deux, d'une tête dans les six mètres (3e) sur la gardienne et d'une frappe trop enlevée sur un joli service de Beth Mead en retrait (38e).

Un but aussi vilain qu'historique

Il a fallu attendre que les deux coaches mettent un peu de sang frais avec les remplacements pour que le match s'emballe enfin.

Sur une lumineuse ouverture de Georgia Stanway, passée près d'un deuxième carton jaune en fin de première période, Ella Toone s'est présentée face à la gardienne allemande qu'elle a trompée d'une balle piquée. Un tir qui montrait un sang froid impressionnant étant donné l'enjeu, l'environnement et son jeune âge (22 ans), et exécuté six minutes seulement après son entrée en jeu (1-0, 62e).
 
La joie d'Ella Toone après avoir marqué le premier but de la rencontre, à la 62ème minute du match.
La joie d'Ella Toone après avoir marqué le premier but de la rencontre, à la 62ème minute du match.
© AP Photo/Leila Coker

Les Anglaises ont malheureusement ensuite trop reculé et l'ont payé cher.

Lina Magull, qui avait raté le cadre d'un pointu du droit (50e), au point de pénalty, et trouvé le poteau d'une superbe frappe (66e), a fini par régler la mire en coupant un centre à ras de terre de Tabea Wassmuth pour égaliser (1-1, 79e).
 
Lina Magull trompe la gardienne de but anglaise Mary Earps marquant le premier et seul but de l'Allemagne.
Lina Magull trompe la gardienne de but anglaise Mary Earps marquant le premier et seul but de l'Allemagne.
© AP Photo/Rui Vieira
Lors de la prolongation, le KO était dans l'air et on attendait le coup de génie qui allait faire basculer le titre d'un côté ou de l'autre.

Le pointu de Chloe Kelly, sur un corner cafouillé (2-1, 111e), ne restera pas dans les mémoires pour sa beauté, mais il appartient définitivement à l'histoire du sport anglais.
L'Anglaise Chloe Kelly après le but <em>"vilain"</em> qui a donné la coupe à son équipe.
L'Anglaise Chloe Kelly après le but "vilain" qui a donné la coupe à son équipe.
© AP Photo/Alessandra Tarantino

Ce but confirme aussi l'"invincibilité" de Sarina Wiegman, la manager néerlandaise, qui n'a perdu aucun de ses 20 matches à la tête des "Lionesses" et remporté ses 12 matches dans un Euro, après avoir déjà emmené les Pays-Bas au sacre chez eux, il y a cinq ans.